UNE COLLECTION
\® allons nous efforcer de répondre aujourd’hui à | ceux de nos lecteurs qui, souvent, nous ont posé ces questions : « Comment former soi-même une collection de vues de Paris, sans tomber dans les éternelles redites “encombrant les vitrines de tous les papetiers? — À quelles heures et dans quelles conditions est-il préférable de travailler ? »
La réponse paraît facile ; elle est en réalité fort compliquée. Depuis la multiplicité des cartes postales illustrées, nombre d’industriels ont su éditer de véritables merveilles; donc tout a été fait... ou à peu près, et cependant tout reste à faire puisque chaque vision se modifie totalement sous l'influence de l'éclairage, de la saison, voire même de l'heure.
Une photographie de l’admirable paysage qu’offrent le Pont-Neuf, la pointe verdoyante de la Cité et le quar-
tier Latin, dominé par la masse du Panthéon, prise en cette saison, l’après-midi, du quai du Louvre, un peu plus loin que le bureau des tramways, sera parfaite :
cette belle vision, pue par les rameaux feuillus des .
L'ANGLE DE L'ÉGLISE SAINT-MERRY Suz. Beaumé, phot.
ormes et des platanes du quai, rap-
pellera, par son
amusante présenta-
tion, certaines es
tampes d’Hokousaï
dans les «Cent Vues
du Fousiyama »…, Mais la même vue, prise du même endroit par un temps de neige, l'hiver,
alors que les arbres
dépouillés tordront aux premiers plans leurs branches
noires, ne sera ni
moins belle ni
moins originale... au contraire. — Ainsi du reste.
L'essentiel est donc de trouver le point de vue pittoresque, le premier plan coloré qui mettra en valeur les plans successifs fuyant à l'horizon, ledocument artistique imprévu qui fera sortir notre épreuve de la banalité courante. Les femmes, avec leur goût inné, ont des trou-
Fr.
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