ET LE PALAIS DE L
puis Mr° la duchesse d'Uzès y précèdent M. Dufayel et les maisons à gros loyer, au goût américain, énormes et luxueuses bâtisses témoignant de plus de richesse que de goût... Le Cirque d’été disparaît, où triomphèrent le clown Auriol, le gymnaste Léotard et le mulel « Rigolo »; l’admirable avenue Alexandre-III, bordée par le Grand et Île Petit-Palais occupe l'emplacement que couvrait jadis l’immense bâtiment de l’ « Exposition de l'Industrie »; le Jardin de Paris s’est déplacé et les « Concerts Besselièvre » ont cessé depuis longtemps;
le restaurant Le Doyen — combien transformé — demeure seul témoin des avatars multiples des Champs- Élysées. |
Toutes nos gloires les ont traversés, comme aussi tous nos deuils; nos mères nous y ont conduits enfants et, nous revoyons aujourd’hui d’autres enfants, pâmés de joie, applaudir, comme nous autrefois, aux prouesses de Guignol rossant le commissaire.
Au carré Marigny, de modernes collégiens se pressent à la Bourse des timbres-poste, comme nous nous y rendions nous-mêmes en tuniques de lycéen; la voiture aux chèvres continue à promener lentement son immuable charretée de bébés roses aux cheveux bouclés. ; il nous souvient d’en avoir été le cocher !...
C’est le charme de Paris que d’y retrouver ces décors qui ont égayé notre enfance; des fantômes aimés
à jamais disparus S'y évoquent, des visions adorées
reparaissent qui, jadis, y guidaient notre faiblesse et
SALE l'on reste Des heures à causer tout seul avec l’absent (),
bercé par l’incessant grondement de la vie parisienne défilant aux grandes allures, dans cette merveilleuse avenue des Champs-Élysées, qu’encadrent les Chevaux de Marly, ces marbres splendides, se cabrant au coucher du soleil, hennissant dans un nuage d'or...
(1) Paul VERLAINE.