‹ Nouvelles recherches physiologiques sur les éléments de la parole qui composent la langue française, et sur leur application à une nouvelle dactylologie alphabétique et syllabique pour l'éducation des sourds muetsChapitre 3 sur 8 · BRUITS · texte numérisé non relu

BRUITS

Par explosion

Par interruption.

{Labial p.

Lingual antér. t.

Lingual postér. c.

I Les mêmes signes ^ placés après le i bruit.

Du prétendu son représenté par V e muet : il résulte du repos de l’organe mobile qui quitte une position indispensable pour faire entendre un bruit ou un son élémentaire de la parole.

Les connaissances que je viens de développer sur la parole aphonique, et que j’ai démontrées d’une manière péremptoire par l’emploi d’un courant d’air porté dans l’arrière-bouche , se trouvent confirmées par l’histoire du nommé Leblanc, rapportée parles docteurs Renauld (i), et Dubreuil (2). On n’a pas oublié sans doute que ce forçat parlait, malgré l’obstruction complète de sa glotte. C’est de cette époque que datent mes premières idées sur la parole aphonique; M. Renauld n’avait rien avancé sur ce langage et sur le lieu de la formation des voyelles : une lettre , lue à l’Académie des sciences le i4 octobre 1828, est une preuve que je suis le premier qui aie émis ces opinions.

Il est à regretter que les médecins qui ont observé cet homme n’aient pas eu l’idée de substituer aux poumons et à l’air qui s’en échappe , avec plus ou moins de vitesse , ma

(1) Académie des sciences, séance du 7 octobre 1828.

(a) Journal de Physiologie expérimentale , par M. Magendie, avril 1829 , page 119,

PHYSIOLOGIE

sonde et mon courant d’air artificiel ; au lieu d’une pompe foulante, Leblanc eût pu employer une vessie ou une cornemuse placée sous le bras.

Après un exercice plus ou moins long , qui l’aurait conduit infailliblement à l’acquisition d’une parole aphonique très-distincte et surtout peu fatigante , il lui eût été facile d’ajouter à son tuyau conducteur de l’air des anches composées de matières différentes et de formes va^ riées. Par ces accessoires , il eût acquis une sorte de parole phonique qui aurait certainement fourni l’occasion de se livrer à des recherches d’un haut intérêt ; il lui eût été aussi très-facile de faire entendre les bruits a et o qu’il n’a jamais pu former d une manière assez distincte pour les faire parvenir a l’oreille de ses observateurs , qui se sont abstenus de rendre compte de la cause de cette particularité. Aujourd’hui , d’après les explications que je viens de donner, on conçoit très-bien qu’une petite quantité d’air, amassée dans le pharynx et seulement poussée par les muscles de cette cavité membraneuse dans un canal large et presque droit, ne peut donner naissance à des bruits tels que a eto, qui exigent, pour être entendus, une colonne d’air deux et trois fois plus volumineuse que pour produire les bruits e, i, etc.

Il n’est pas probable qu’on rencontre jamais un pareil fait , unique dans les annales de la science. Mes conseils ne pourront donc être d aucune utilité ; mais il est une application à faire de ma méthode pour parler à voix basse , chez les individus muets par paralysie du larynx. Il est certain que ces infirmes possédèrent en peu de temps la faculté d’émettre les éléments aphoniques du langage. C’est une expérience à tenter, et ce serait rendre un grand service aux personnes qui vivent avec les muets de ce genre.

J’en saisirai l’occasion avec empressement,

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