‹ Nouvelles recherches physiologiques sur les éléments de la parole qui composent la langue française, et sur leur application à une nouvelle dactylologie alphabétique et syllabique pour l'éducation des sourds muetsChapitre 4 sur 8 · DE LA PAROLE PHONIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PAROLE PHONIQUE

Pour entendre la parole phonique , il suffit, en prononçant les bruits que je viens d’examiner, de faire entrer le larynx en fonction, de lui faire rendre un son sur un ton quelconque. La parole à voix haute est donc le résultat de l’union des sons laryngés aux bruits formés dans les diverses parties de la bouche , et qui consti-

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juent, comme nous l’avons dit, les éléments de /a parole aplionique.

Cette loi sur la formation des éléments phoniques du langage souffre cependant une exception. Les bruits sifflants que j’ai cités, et qui sont au nombre de trois, ne prennent voix que pour subir les modifications qu’on leur reconnaît dans les mots v-ent , zé-phir, j aune.

Il en est de même des signes de mouvements d’organes qui modifient tous les éléments de la parole, et que Ton représente par/;, t , c, précédés d’un son laryngé très-faible. Ils se transforment en modificatifs avec voix, qui rendent les explosions et les interruptions de sons plus douces et plus agréables à l’oreille ; mais , si à ce changement la parole gagne en agrément, elle perd en force ; elle ne possède plus la faculté de se faire entendre d’aussi loin. C’est par les signes b , d , g, qu’on indique cette transmutation.

D’après ces explications, on comprend pourquoi les bruits aphoniques et les explosions du même ordre qui exigent, pour être formés, une expiration pleine, forcée, appartiennent à la parole des peuples demi- civilisés qui vivent loin les uns des autres, en plein air, et qui, par conséquent, crient plutôt qu’ils ne parlent. Au contraire, lorsque la voix se joint à ces éléments,

la colonne d’air qui agit sur le larynx et qui fait vibrer ses cordes vocales ne s’échappe que lentement; elle a peu de portée; elle vient, pour ainsi dire, mourir sur les lèvres.

Voilà les éléments de la parole des peuples qui se parlent dans des lieux étroits, qui réfléchissent et renforcent les sons ; c’est le langage des salons.

Enfin, il fut un temps ou on trouvait sûrement encore cette dernière parole trop rude ; on voulait supprimer les sons sifflants de la base de la langue, pour les remplacer par celui de la pointe du meme organe que l’on représente par le signe 2.

Ce changement n’a eu de succès que dans la bouche de ceux que l’on nommait les merveilleux ; c’était la parole des boudoirs.

Je vais terminer ce mémoire par un tableau offrant quelques expériences qui démontrent que les prétendues consonnes qui contribuent à la parole ordinaire, ne sont autre chose que des sons laryngés modifiés par les bruits de la parole phonique.

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