‹ Nouvelles recherches sur l'endosmose et l'exosmose suivies de l'application expérimentale de cesChapitre 14 sur 14 · I04 DIRECTION · texte numérisé non relu

I04 DIRECTION

mener la partie supérieure de ta tige à la positioa verticale ; mais il lui fallut toute une période annuelle de végétation pour opérer cette inflexion.

Lorsque des graines en germination sont fixées à la circonférence d^une roue, soit verticale, soit horizontale , qui tourne avec une certaine rapidité , les tiges se dirigent vers le centre de la rotation^ et les racines vers la circonférence. On doit la découverte de ce phénomène à M. Knight , et j*en ai confirmé la réalité par mes expériences. J^ai fait voir en même temps qne cette douhle direction des caudex v^étaux n'a point lieu lorsque la rotation trop lente ne produit point de force centrifuge appréciable. La caïae de cette double direction est facile à déterminer. Les deux caudex opposés d'une graine en germination A ( fig. 6 ) j sont disposés tangentiellement à la circoa* férence d'une roue qui tourne rapidement sur son axe ; la force centrifuge projette la sève la plus deose vers le côté extérieur bb de la tige et de la racine; de là résulte Tafiaiblissement de la force d'inciirvation de ce côté, et la prédominance de force du côté opposé aa; dès lors le côté a de la tige, dont la £»>ce est prédominante, et qui tend à se courber en dehors^ dirige le sommet de la tige vers le centre de la rolition; comme on le voit en B , le côté a de la racine, dont la force est également prédominante , et qui tend à se courber en dedans, dirige la pointe de la racine dans une direction opposée à celle de la tige.

Ces observations, comme on le voit, dévoilent

BCS TIGES ET DES RACINES. ïbS

Complètement le phénomène jusqu'ici si mystérieux tle Tascension des tiges et de la descente des racines. Ce phénomène est beaucoup plus simple qu'on liè paraissait le supposer. Certains esprits ont pu être tentés de croire qu'il existait là une sorte de polarité analogue à celle qui dirige les deux pôles opposés de l'aiguille aimantée vers les deux pôles de la terre, mais toutes les expériences portent à rejeter bien loin cette hypothèse. La double tendance qui résulte. de la polarité appartient à toutes les parties dans lesquelles un aimant peut être divisé. Or, dans une tige séparée de sa racine , il n'existe plus de double tendance. C'est toujours sa paitie demeurée libre et mo^bile qui se dirige vers le ciel. Ainsi , en supposant cette tige suffisamment entretenue de sève lymphatique et placée dans . une position horizontale , on veiTa sa partie inférieure se diriger vers le ciel lorsque sa partie supérieure sera fixée invariablement. Si cette tige horizontale est fixée par son milieu, ses deux moitiés se dresseront également vers le ciel ; si cette tige horizontale et ployée en arc est fixée par ses deux extrémités, cet arc horizontal se dressera, et deviendra vôtical; il est donc bien prouvé qu'il n'existe dans la tige aucune polarité j aucune tendance à diriger spécialement son sommet vers le ciel; il n'y a point chez cette tige une disposition ou une organisation spéciale qui exige que son sommet soit en haut et que la base soit en bas. C'est simplement en sa qualité de partie libre et mobile^ que le sommet de la tige est dirigé vers le ciel. La base de cette tige peut être ar-

Iù6 DIHEGTIOIf DES TIGE$ Et tlE8 A'ACmEJJ.

iificielleiBeni placée dans oette direction , sams qai en résulte aucun incoiiyénient pour le végëuL C" ce qui arrive lorsqu'on plante des arbres la tête bas. Ainsi, il n'y a point à douter que le phénomè de la direction spéciale qu'affecte la tige et la racine n'ait sa cause touie entière dans le mode partîcuL'er d'incuryation qui est prc^re à cette tige et à cette racine.

Il y a des tiges qui dirigent leur sommet vers h terre comme des racines. Cela provient indubitablement de ce que, par anomalie, elles pessèdenth même organisation que les racines. Je n'ai point encore assez étudié ce phénomène^

Il y a des parties des végétaux qui se dirigeiit vers la lumière , il y en a d'autres qui la fuient. Je possède déjà plusieurs faits pour l'établissement de h théorie de ces deux directions spéciales opposée^, mais ce travail est encore trop incomplet pour (mm* voir être publié. Je puis dire seulement ici que je regarde comme certain que tous les phénomènes de (firection spéciale que présentent les végétaux, soit dans leur action de rechercher ou de fuir la lumière , soH dans leur sommeil ou dans leur nutation , dépendes des diverses manières dont l'équilibre Ordinaire^ leurs forces d'incurvation peut être altéré par k ^ sence ou par l'absence de la lumière. Ici s'ouvre nki champ très-vaste de recherches extrêmement cd-

rieuses.

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