‹ Nouvelles recherches sur l'endosmose et l'exosmose suivies de l'application expérimentale de cesChapitre 2 sur 14 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Xai ptiftrfié, éti ï8!a4, tin Oâinrage întitiâé : Èeéhèfchès ctfiaiùmiques etphysiologiqUêss^r ta Ètrtietufé inihàè des àninumûé èi des végétaux, éî surleitr moUliiéi en 1826, j'aî ptiblîë un nôtiveî ouvrage întitiilë : Î/A^èiit irrifhédiat au mouç'ement vttal dévoilé dàtii sa nature éi dans son mode d'action chez tés végétaux et chet les ûnîmaùXi^ depuis éé temps, j'aî fait dé noiiTÔlJe^ rechetches: qui ônft confirmé, eii les modifiant, fesr rëéultats auxquels y ëïâîs* paï*veïîu dans, ces deux ouvraijges. Jér réùniâ ît\ ces nouveaux travaux, dont quelques-uns ôiit déjà été publiés dans les Annales de physique et de chimie. Par ces nouvelles recherches , le phénomène del' endosmose et del' exosmose , que j' ai découvert, se trouve décidément appartenir à un nouvel ordre de phénomènes physiques ; et soninterven-

Ij AVANT-PROPOS.

tion puissante dans les phénomènes vî-taux, n est plus à mettre en doute.

Les recherches de physiologie végétale que contient cette publication , ne sont qu'une partie détachée de travaux plus étendus que j'ai commencés sur cette matière. Mon projet était d'attendre, pour les publier, que la réunion de ces travaux eut fait une masse plus considérable. Je crains avec raison^, eu publiant prématurément mes moyens d'investigation , de mçttre ceux qui courent la même carrière que moi, à même de m' enlever les découvertes commencées que j'ai en portefeuille, et que je ne suis point encore en mesure de publier ; mais les circonstances dans lesquelles je me trouve m ont déterminé à faire cette pur blicatiopi hâtive.

rféUTELLES REGHERGHEë

Et L'EXOSMOSE.

Lorsque deiix liquides de densité ou de nature chimique difieretites, sont séparés par une cloison membraneuse, il s'établit au travers de cette cloison deux courans dirigés en sens inverse , et inégaux en force. Il en résulte que la masse du liquidé s'acciimulé de plus en plus dans la partie vers laquelle est dirigé le courant le plus fort. Ces deux courans existent/ dans les oi^anes creux qui composent les tissus organiques : c'esc là que je les ai désignés sous les noms d^endosmose pour le courant d'introduction , et i^ea^asmose pour le courant d'expulsion. Un célèbre mathématicien a cru pouvoir expliquer ces phé-^ nomènes par la simple attraction capillaire jointe à Vaffinité des deux liquides hétérogènes. Je vais ici retracer sommairement sa théorie (i).

(i) Note sur des effets qui peuvent être produits par la capillarité et r affinité des substances hétérogènes y par M. Poisson. — Journal de physiologie expérimentale , tome 6, p. 36 1 , et Annales de physique et de chimie j tome 35, p. 98.

à ElfDdBMÔSË

Lorsque deux liquides de densités diffërentès, êl don% la hauteur e^ en raôson inverse de la densité^ sont sépàtés par une cloison dont les canaux capillaire» sont perméables à ces liquides , la pression exercée ^ur les orifices de ces canai^x est égale de chaque côté ; mais la force Capillaire étant inégale aux deux bouts du canal , il en résulte que le liquide soumis à la plus forte action capillaire^ remplira le canal entier. Alors, ce filet de liquide se trouve sollicité par deux forces opposées : i"" Tattraction du liquida auquel il appartient, 2"" Pattraé^ion du liquide dîâ($rent situé du côté opposé. Or, cette dertiière attradion étant iMipérieure à la première , il en résultera que le file% de liquide contenu dans le canal capillaire s^écoulera^ sans 4i^ontiiiuité , dans lé senS: oh il est sollicité par la plus forte attraction , et augmentera ainsi continuel-^ lement la ma^se du liquide vers lequel il se trouve attir^^ Get effet coritiiHierâ (î*a Voir lieu jusqu'à ce qoer la différence des pressions que les d^ux- liquides exercent , en raison de leur hftiitéur , soit égale à celle des attractions exeroées par ees deux liquides strr le fiiet de liquide contenu dans le canal oa^nllaire.

Il résulte de cette théorie , qu'il ne doit exister qu'un seul courant au travers dé la- cloison qui sépare lesdeux fluides hétérogènes, et que ce courant unique doit être dirigé vers celui des deux liquides qui est doué de la plus grande force d'attraction. Or, l'observation prouve qu'il existe au travers de la cloison deux courans opposés et inégaux en force. Ce fait, à

kir BXOSMfOSE. â

lUY ^ùi, sujffit'pour ihBrhiier la théorie de M. Poisson. D^autres faits encore plUi» concluans , qui vont être rapportés 9 prouvei^ont inVitioiblement que ce n^est point Inaction capillaire l^onnue ju^u'à ce jour qm produit Tendosmosé et Pexostnose. Cependant je dois (convenir qu*il existe iin certaih rapport entre ces der^ niers phénomènes et Taltraction capillaire. Aina y en iconsidérant le pouvoir ascendant des liquides dans les tubes capillaires, oii trouve que toutes les fois qaé deux liquides aqueux d*ascension5 difTérehtes sont séparés par une cloiëon organique, telle qu'un mor* ceau de vessie , il s*étahlit au travers dé cette cloison un courant fort, qui porte le liquide le plus ascendant Vers le Uquide le moins ascendant, et un courani faible, qui porte le liquide le moins ascendant vers, lé liquide le plus ascendant. Il résulté de là que la massé* du liquide le moins ascendant s'augmente sans: cessé aux dépens de la massé du liquide opposée On pour* rait expliquer ce doublé phénomène par Tattractioi^ réciproqpe des deux liquides, qui se porteraient ruir vers Tauire au travers des conduits capillaii^es de \k cloison , chacun avec sa possibilité^ de perméatiott proportionnelle à soh pouvoir ascendamdans les tiibes^ capillaires; mais cette théorie, séduisante au premiei* coup-d'œil, s'évanouira devant les expériences qui se^ront rapportées plus bas.

Avant d'entrer dans le détail des expériences nouvelles que j'ai faites sUr l'endosmose et Texosmose j je dois donner la description de l'instrument avec lé*

quel j'ai fait ces expériences , el au(|uel je donné )è nom diendosmomctre.

Cet appareil consiste en un tube de verre de (fig. i ), muni inférieuremem d'une partie ëvasée mobile , laquelle oflFre en bas une ouverture abj qui est fermée avec un morceau de vessie fixé par une forte ligature dans la gorge circidaire ii. Cette partie évasée est ce que je nomme le réservoir de Tendosmomètre. C'est dans ce réservoir (jue je place le liquide dont je veux éprouver la propriété d'endosmose. Ce réservoir se détacbe à volonté du tube j et Ton réunit ces deux pièces au moyen d'un bouchon de liège c^ traversé par l'extrémité inférieure du tube ; bouchon qui s'adapte au réservoir conmie à une bouteille.

Après avoir rempli le réservoir avec le liquide que je veux éprouver, je le fixe au tube , lequel est attaché sur une planchette graduée pp. Il ne reste plu^* alors qu'à plonger le réservoir de l'endosmonnètre daiis l'eau , au-dessus de laquelle le tube s'élève verticalement. Lorsque le réservoir de l'endosmomètxe est fermé avec une membrane organique , tel qu*un niorceau de vessie , je fixe au-dessous de cette membrane une plaque métallique percée d'une multitude de trous. Cette plaque soutient la membrane , et Pempêche de se déprimer sous le poids du liquide contenu dans l'endosmomètre. On sent que si l'on ne prenait pas cette précaution , la dépression de la membrane s'accroissant avec la hauteur du liquide contenu dans l'endosmomètre , cette dépression logerait une grande

BT EXOSMOSE. 5^

j^rtie du liquide introduit par Tendosmose; en sorte

' que le mouvement ascensionnel du liquide dans le

tube n^iudiquerait ]x>int du tout la quantité de Teu-

Lorsqu'on met dans le réservoir de Tendosmomètre un liquide dense , tel qu'une solution de gonime , de sucre , ou d'un sel quelconque , et que le réservoir de cet instrument est plongé dans l'eau, il se manifeste <Je l'endosmose, et le liquide intérieur s'élève graduellement dans le tube vertical de Tendosmomètre , jusqu'à se déverser par son extrémité supérieure. On obtient le même effet en mettant dans le réservoir de Tendosmomètre des liquides alkooliques , qui sont cependant moins denses que l'eau , mais qui se comportent comme des liquider denses, en s'élevant peu, comme eux, dans les tubes capillaires. En même temps que l'effet d'endosmose a lieu, il se manifeste un effet d'exosmose. Le • liquide contenu dans le réservoir de Tendosmomètre descend en filtrant au travers de la cloison, et se mêle à l'eau, qui est ordinairement le liquide extérieur. Ce mouvement de transport du liquide supérieur le plus dense vers le liquide inférieur \^ moins dense, pourrait être attribué à une simple filtration, qui serait l'effet de la pesanteur du liquide ^supérieur. Cette filtration a lieu effectivement, mais le mouvement d'exosmose a lieu d'une manière concomitante. Il érait essentiel de prouver l'existence i^léei du mouvement d'exosmose , ou plutôt du mou- Xeipent qui porte le liquide le plus dense vers le IL-

6 EUDOSMOSE

qùide le moind jense. Cesx ce que j'ai &it par Texpirience suivante. J'ai mis de Teau distillée dans le réservoir .d'un endosmomètre fermé avec un morceau de vessie. J'ai suspendu cet endosmomètre au-dessus d\in vase qui contenait de Teau tenant en solution du ' sulfate de fer. La membrane de Tendosmomètre touchait la sur&ce de la solution de sulfate de fer^ sans s'enfoncer dedans. Ce dernier liquide étant plus dense ^ue Teau distillée contenue dans Tendosmomètre , il devait y avoic^ au travers de la membrane, un courant fort qui portait Teau en descendant vers la solution saline , et en même temps un courant plus faible qui portait en n^ontant la solution saline vers Veau. Ge dernier courant était ici contrarié ps^r ^effet d^ Fëcoulement, par l'action de la pesanteur; il ne laissa Ciependant pas d'avoir lieu ; car au bout de deux heures ayant essayé l'eau de l'endosmomètre par le nitrate de baryte et par le pnissiate de i>otasse, j'y constauri l'existenGe du sulfate de fer. Ainsi , l'existence des deux courans antagonistes et inégaux d'endosmose et d'exosmose, est démontrée d^une manière irréfragable: l'écoulement par l'effet de la pesanteur est un fAàéaçH mène accessoire dont les résultats modifient |Aus ou moins ceux de ces deux courans antagonistes. ;

La membrane de l'encfesmomètre ^ en opérant l'en- 4osmose, produit l'impulsion du liquide ascendant dans le tube de l'instrument; cette action d'impulsion sur le liquide supérieur atteste l'existence concomitante d'une action d'attraction ou (Tadfluxion sur l$i

£T EXOSMOSE. J

|iq«ûde infiérieur. Cette action àLadfluxion est mise $n évidence par Texpérience suivante : Je prends un ^ndosmomètre ad ( fig. 3 ) fermé avec un morceau de vessie. Je fais correspondra son évasement à celui d'^un autre endosmomètre renversé cd^ privé de vessie. Je lute solidement ces deux instrumens Tun à. Tautre dans Ci^tte position : de cette manière, les deux cavités des endo^ptiomètres sont séparées Tune de Fautre par jine seule cloison membralieuse. Je remplis le réservoir, et non le tube de Tendosmomètre abj avec une solution aqueuse de sucr^; je remplis entièrement le réservoir et le tube de Tendosmomètre cd avec de Teàu pure , et je le renverse dans un vase g rempli d'eaiu colorée. L'endosmose produit Tascension du liquide sucré dans le tube bj et en même temps le liquide coloré du vase g monte dans le tube //> et wrive daim la eavité c. Ainsi , il y a impulsion du liquide dans Vendosmomètre supérieur, et adfUuJcion^ du liquide 4ans Féndo^nomètre inférieur.

Lorsqur^on met de Teau dans' le réservoir juscpi'àu sommet du tube d'un endo^au)isètre , et qu'on plonge cet appareil tout entier dans un liquide dense^ de manièce à oe^fue l'extrémité supérieure du tube soit peu au-dessuB du niveau de ce liquide dense , l'eau inté^ rieure s'abaisse continueUement dans le tube au^ies* sous du niveau du liquide dense extérieur. Le mouvement de descente de l'eau auniessous du niveau du liquide dense extérieur est dû à la même cause qui produit le mouvement ascensionnel du liquide dense ,

3 ENDOSWOSB

' lor^qù^l est placé dans le réservoir de rendosmomèira^ et qoè r^au eîsi le liquide extérieur. Ces deux mouye-

. mens d'ascension et de descente qui dépendent de la position inverse des deux liquides ^ sont soumis aui mêmes lois. •

J'ai posé en principe que tous les liquides plus denses que l'eau produisent Tendosinose, lorsqu'ils sont mis dans le réservoir d'un endosmomètre dont l'eau baigne la partie extérieure. L'acide saliiirique offre une exception remarquable à cet ^rd.

Si l'on met dans le réservoir de l'endosmomètre de l'eau cbargée d'acide sulfurique , ce liquide , plus dense que l'eau, ne produit cependant point d'endosmose; au contraire , ce liquide s'abaisse graduellement dans le tube de l'endosmomètre, lorsque, par une addition de liquide , on l'a élevé au-dessus du niveau de. l'eau dans laquelle plonge le réservoir de l'instrument. Dans mon ouvrage (i), j'ai attribué cet abaissement de l'acide sulfurique à ce que cet acide, au lieu de produire l'endosmose , aurait produit Texosmose. Mais A n'en est rien; l'acide sulfurique s'écoule ici en filtrant au travers de la membrane , par le seul efl^t de sa pesanteur et de son élévation au-dessus du niveau de l'eau extérieure. On peut s'en assurer en fiôsant la contre-épreuve de l'expérience précédente. J'ai, mis de l'eau pure dans le réservoir de Tendosmomèire , et f ai plongé ce réservoir dans de l'eau mêlée d'acida

(i) U Agent immédiat^ etc.

ET EXOSMOSE. 9

wlftiriqae. L'eau s'est abaissée dans le tiibe de Yendosmomèire, comme avait fait Tacide sulfiirique dans ' rexperiënce prëcëdente. Ceci prouve que cette des- ' cënte dtt rhquide est due , dans Tun comme dans l'autre casî/à la filtration de ce liquide, par le seul effet de sa pesanteur. Il n'y a aucun courant d'endosmose ni d'esosmose dirigé de 1 eau vers l'acide sulfliricpie , ni de l'acide sulfurique vers l'eau. Ainsi , je dois relever une erreur dans laquelle je suis tombé précédemment. L'observation de la manière dont se comporte l'acide siilfurique m'avait fait penser que les acides sont des agens producteurs d'exosmose ; mais il n'en est rien. Le vinaigre, l'acide nitrique, l'acide -hydrochlorique, placés dans le réservoir de l'endosmomètre, environné d'eau pure, produisent l'endosmose ; l'acide hydrochlorique surtout produit une endosmose très-énergique. Il se trouve que Tacide sulfurique est incapable de produire cette action physique j mis en rapport avec l'eau pure, il ne produit ni endosmose ni exosmose ; bien plus , on trouve qu'il est ennemi de cette double action , car il tend à l'anéantir lorsqu'elle existe. Ainsi , si l'on mêle une petite quantité décide sulfurique à une solution de gomme arabique que l'on introduit dans l'endosmomètre , ce liquide ne produit point d'endosmose , quotque la solution de gomme arabique , employée seule , produise énergiquement cet effet. Le liquide gommeux mêlé d'acide sulfurique , s'abaisse graduellement dans le tube ^ l'endosmomètre. Si la quanliié d'acide sulRirique

jesi exirêmement petite, il reste encore un peu de force d'endosmose à la solution gommeuse ; aussi voiton quelquefois cette solution acide , iqui s'est abaissée d'abord dans le tube de Tendosmomètre , reprendre un peu de mouvement ascendant lorsque Timmersion -prolongée de la vessie dans Teau a dépouillé cette solution gommeuse d'une partie de Tacide qu'elle possédait primitivement. Ce fait, très^important , prouve qu'il y a des liquides inactifsj par rapport à la propriété de produire l'endosmose, et que ces liquides peuvent communiquer leur état mactifaux liquides €}ui ont, à cet égard, des qualités contraires , c'est-àdire qui sont des liquides actifs. Les liquides ani- ^maux putréfiés sont inactifs j comme l'est l'acide sulfiirique. J'ai fait voir en effet que les liquides animaux qui, à YétcUsain^ produisaient énergiquement l'endosmose , cessaient de produiire cet effet lorsqu'ils étaient puuréfiés. Alors j'ai vu ces liquides , au lieu de produire l'endosmose ou l'entrée de l'eau extérieure dans les organes creux qui les ooxuenaient , prodiûfe au Qont.raire un courant dirigé du dehors au dedans, courant qui évacuait «n partie l'organe creux , et qm paraissait devoir être auribué à l'exosmose ; mais il n'en est point ainsi. Celte ûltration du dedans au dehors est un effet purement mécanique produit par la pesanteur du liquide que sa putré&ction a rendu inactif j et qui, dans cet état, ne produisant plus d'endosmose , n'obéit plus , dans sa filtration , à d'autres forces qu'à celles de la capillarité et de la pesanteur.

ET EXQSMOSE. II

Il 6$t ûnporUiii^ de savoir quel est Tagent chimique fiuqoel est due Vinp-çtis^Ué des fluides animaux putré- ^és 9 o^esit47dirte Tinfiptiuide de ces liquides pour produire Teodosmose. La putréfaction développpe dans les Jl^fuides animaux une grande quantité de combinaisons Ac^yejiles , et il était difficile de savoir auquel de c^ fif^veaùx composés chimiques était due Vinaethué 4u liquidét Ce n^est donc que d'une manière indirecte que je suis parvenu à cette connaissance. En faisant mes expériences sur TelTet d'endosmose produit par 1^; différens liquides organiques ^ je ne négligeai pas d*essayer, dans cette vue ^ les liquides excrémentiels. Je trouvai que Turine mise dans Tendosmomètre ^ en-^ vîffoiuâfcé d'eau , produisait l'endosmese. Je voulus essayer, dans la même vue , la matière licpide fécale. Je pm èm& les gros intestûpis d'une poule une matière fiieale liquide, de couleur jaune, ayant fortement Vodeur propiie aux excrémens; j'y ajoutai un égal volume d'eau , et je l'introduisis dans un endosmonoiètre fermé avec un mcN:ceau de vessie. Le liquide fécal ^'lâevait à une certaine hauteur dans le tube. Ce li- <piide ne tarda pas à s'abaisser dans le tube de l'endosniomètre, ce qui me prouva que le liquide fécal', malgré sa supériorité de densité âur l'eau dans laquelle le réservoir de l'endosmomètre était plongé, ne produisait point d'endosmose, et par conséquent était inactif. Pour constater ce fait d'une manière positive , il s'agissait dé savoir si l'adjonction de ce ïi-^ quide fécal inactif k un liquide actif j enlèverait à ce

12 ENDOSMOSB

dernier sa qualité A^ activité. J'ajoutai au liquide fëcal' de la poule cinq fois son poids d'eau ; et après l'avoir laissé reposer pour laisser précipiter toute la matière -solide 9 }e le décantai. J'obtins de cette manière un . liquide légèrement jaunâtre, ayant fortement l'odeur d'hydrc^ène sulfuré propre aux matières fécales. Je mêlai ensemble parties égales de ce liquide et d'une solution aqueuse de gomme arabique, qui contenait o,o4 de son poids de gomme. La densité de ce mélange était i,oo5 , la densité de l'eau étant i; Ce liquide, mis dans l'endosmomètre, s'abaissa rapidement dans le tube , ce qui n(\e prouva qu'il était inactif: . cependant , une solution de gomme pure de pareille densité produit très-bien l'endosmose. Je méki ensemble parties égales du même liquide fécal étendu d'eau et d'une solution aqueuse de gomme arabique qui contenait o, i de son poids de gomme. La densité de ce mélange était (,017; ce mélange, mis dans un endosmomètre , n'y produisit point d'endosmose : le liquide s'abaissa rapidement dans le tube. Je mêlai ensemble parties égales du liquide fécal étendu d'eau et d'une solution de gomme arabique , qui contenait o^a de son poids de gonune. La densité de ce mélange était 1,027 ; ce mélange étant introduit dans un endosmomètre , il y eut une endosmose très-faible durant une heure ; au bout de ce temps , le liquide commença à s'abaisser lentement dans le tube, et cel abaissement ne discontinua point. Ces expériences {trouvent que l'addition d'une petite quantité de li-

ET EXOSMOSE. l3

'quide fécal à de Teau chargée de gomme, suffit pour anéantir Veffet d'endosmose propre à cette substance en solution, c'est-à-dire pour la rendre inacthe. On ■ voit aussi par ces expériences , qu'en augmentant là dose de la gomme , on parvient à contrebalancer un , peu la tendance que manifeste le liquide fécal à lui : communiquer son inactisfité. A quoi tient cette inactUfité bien démontrée du liquide fécal ? Il me parut probable que cela dépendait de l'hydrogène suUîiré quil contient abondamment. Pour m'en assurer, je mis dans un endosmomètre de l'eau chargée de 0,0^5 ■ de gomme arabique , et j'y ajoutai o,oo5 de son poids d'hydrosulfure d'ammoniaque sulfuré. Il n'y eut point d'endosmose ; le liquide s'abaissa graduellement dans le tube. Je recommençai la même expérience , en employant de l'eau chargée de o,o5 de son poids degomme : il n'y eut point non plus d'endosmose, quoique ces solutions gommeuses fussent par elles-mêmes Xxes-actis^es ou très-aptes à l'exercice de l'endosmose. L'adjonction à ces solutions d'une très -petite quan* tité de liquide hydrosulfuré suffisait pour leur enlever toute leur actà^itéj pour les rendre incapables d'opérer l'endosmose. Si j'ajoutais à ces solutions gommeuses une quantité plus considérable d'hydro-sulfured'ammoniaque, leur endosmose, loin d'être anéantie, semblait, au contraire, être augmentée d'énergie. Ce phénomène provient de ce que l'hydro-sulfure d'ammoniaque est, par lui-même, pourvu à^actinté; il produit Teudosmose. Ce n'est que par l'hydrogène sul-.

ii ENDOSMOSE

furé libt^ que développe 9on addition à Teau chargée d\me substance actipCj cpie VacUvité de cette substance se trouve abolie. Or, il ne faut qu^ane quantité extrêmement petite d^hydro^sulfure d^asnmomifaque pour développer une très -^grande quantité cfhydro^gèiie sulfuré.

Ces expériences prouvent que o^est à Tfaydrc^ène sulfuré qu'il contient y que le liquide steroorâtl doit son inactivité ou âcin inaptitude à prodmre TelKlosmose ; et Ton peut présàmer de là que c'est à la même cause que Ton doit' attribuer Y inactivité que Ton ob^ serve dans certains liquides animanxx putréfiés, car toute putréracâouf animale dégage . de- Thyérogène sul&ré.

. Il résulte de ces reehercbes^ que nous ne connaissons encore que deux liquidés meré?^^/ liquides- non seulemeni incapables d'exercer ou de provoquer Pendosmose, mais véritablement ennemie de cette action physique* Ces- deux Uquides sont Tacide sulfurique et TaçÂde hydro-sulfurique* ou hydrogène sulfiiré, c'est-* à-dire, d'une part^ lé soufre uni à l'oxigène, et Aff l'autre part, le soufre uni à Phydrôgène^ Probable^ ment Pexpérien ce- découvrira , pai^mi les nombreux agens chinliquesy d^'aiitres liquides m/ici^^.

J'ai voulu' voir quel serait l'eflFet de l'addidon de l'hydrogène sulfuré à l'eau dans laquelle est plongé le réservoir de l'endosmomètre. Ayant donc introduit dans ce réservoir de l'eau chargée de OjoS de son poids de gomme , sans addition d'hydro-sulftire d'am-

El* EXOSMOSE. l5

hioniaqiie, jemisdan^reau enTironiiante un miUièttiè de son ipoids de cet hydro-sulfbre , ce qui suffit pow diarger cette eau d'hydrogène sulfuré. Uendosméses se manifesta, et continua pendant quatre hernies 2 ai% bout de ce temps , elle s^arréta , et le liquide devint descendant dans le tube. Ainsi , Tendosmose est éga^ lement abolie par Thydrogène sulfuré,, lorsque c^éife^ substance est mêlée au liquide intérieur, éi lorsquWks est mêlée au liquide extérieur. «Tai fait, à cet ê^ai&y la même observation par ra[^Knt à Facide sulfurrquei L'observation prouve que> dan» ces deux circonstai>-^ ces, Tendosmose n'est pas toujours abolie subît<îment. Dans la dernière expérience , nous avons vu , crv effet, l'endosmose s'effectuer pendant quatre heures r ce n'est qu'au bout de ce temps que cettfe action physique s'est trouvée abolie. Gela me fit penser epè ce n'était point le simple contact du liquide hydro^sul-" iuré sur la vessie qui faisait cesser l'endosmôsé, mais qu'il fallait, pour produire cet effet, que le tiesU' ca-* pîllaire de la vessie fût pénétré complètement par le liquide hydro-sulfuré. Pour juger de la validité de û^ soupçon , je pris l'endosmomètre qui avait servi à la( dernière expéricfnce ; je l'éVacuai et le nettoyai soi^ gneusement par des injections d'eau pure ; ensuite ,- je remplis son réservoir avec de l'eau chargée de o,o5 de son poids de gomme arabique, et je le plongeai dans l'eau pure. Il ne se manifesta aucune endosmose ; le liquide s'abaissa graduellement dans le tubie de Tendosmomètre : ainsi la ve^ie, pénétrée d'bydrô-

i6 ENDOSMOSE.

gèiié sulfuré 9 éiail devenue incapable d'endosniose f elle était devenue inactive. J^évacuai rendosmomètre^ je remplis son r^ervoir d*eau, et je le laissai tremper pendant vingt-quatre heures dans Teau pure ; au bout de ce temps , je recommençai Texpérience. Alors, il se manifesta de Tendosmose ; ce qui me prouva que le tissu de la vessie avait perdu, en totalité où en grande partie , l'hydrogène sulfuré qu'il contenait* Ce résultat , que nous allons voir bientôt confirme par une autre expérience, prouve que c'est dans les conduits capillaires de la membrane organique qu'^existe la force qui produit l'endosmose. C'est lorsque ces con<duits capillaires sont envahis par un liquide inactif^ que l'endosmose se trouve abolie.

L'existence bien démontrée de liquides act^^ eX de liquides inactifs j de liquides agens d'endosmose et de liquides erinetrUs de l'endosmose, devait faire présumer qu'il existait aussi des solides actifs et de» solides inactifs j c'est-à-dire des solides capables d'exercer l'endosmose , et des solides privés d'aptitude par rapport à l'exercice de cette action physique. C'est effectivement ce que l'expérience m'a démontré. Tous les solides membraneux organiques sont actifs; tous, étant placés dans des conditions convenables, exercent l'endosmose ; mais il n'en est pas de même des solides inorganiques perméables aux liquides, comme nous allons le voir.

Je n'avais d'abord employé que des membranes organiques ppur fermer l'évasement terminal du réser-

ET BXOSMOSE. jn

voir de rendosmomètre : il s'agissait de savoir si des lames poreuses minérales étant substituées, dans les expériences faites avec cet instrument, à la membrane organique, on verrait de même Tendosmose s'opérer. J'ai donc luté , à l'ouverture évasée d'un réservoir d'endosmomètre , une lame de grès tendre, de six millimètres d'épaisseur ; j'ai rempli son réservoir avec de l'eau chargée de OyH de son poids de gomme arabique, et je l'ai plongé dans l'eau pure, au-dessu3 de laquelle le tube vide de liquide s'élevait verticalement : il ne s'est manifesté aucune endosmose y le liquide gommeux intérieur ne s'est point élevé dans le tube au-dessus du niveau de l'eau extérieure. J'ai -remplacé cette lame de grès par une autre lame de •même substance , de quatre millimètres d'épaisseur ; je n'ai encore obtenu aucune endosmose : ces deux lames étaient faites avec du grès très-pur, c'est-à-dire -exclusivement siliceux. J'ai employé à la même expérience une lame faite avec un grès dur et très-ferrugineux; elle avait trois millimètres d'épaisseur : j'ai obtenu alors une endosmose très-feible, ou d'une lenteur telle que le liquide intérieur ne fut élevé que de trois millimètres dans l'espace de deux jours, quoique le tube dans lequel s'opérait cette ascension du liquide gommeux n'eût que quatre millimètres de diamètre intérieur. J'adaptai à un endosmomètre une lame de carbonate calcaire poreux (pierre tendre à bâtir), de huit millimètres d'épaisseur : je n'obiins, |)ar ce moyen, aucune endosmose. Pensant que l'ab-

l8 ENDOSMOSE

sence de cet effet d^endosmose pouvait provenir de la trop grande épaisseur de cette laine, je la remplaçai par une lame de carbonate calcaire plus dur, mais cependant perméable à Teau, et de trois niillimèlres d^épaisseur : \e n*ai encore obtenu, par ce moyen, aucune endosmose. J*ai essayé, dans le même but, plusieurs lames faites avec des variétés différentes de carbonate calcaire; je n'ai point eu plus de succès poiu* obtenir Tendosmose par leur moyen. Entin, j'ai adapté à un endosmomètre une lame de marbre blanc, de deux millimètres d'épaisseur. Celte substance, quoique très-dense , n'est cependant pas impermâi)le à l'eau; et j'espérais qu'à raison de son peu d'épaisseur, j'obtiendrais ici de l'endosmose ; mais mon attente fut trompée : il ne se manifesta aucune ascension da liquide gonuneux dans le tube de l'endosmomètre. Ainsi , il me fut démontré que le carbonate calcaire est un solide inactif ^ ou dépourvu d^aptitude à exei'cer l'endosmose.

J'ai adapté à un endosmomètre une lame de plâtre (chaux sulfatée calcarifère), de quatre millimètres d'épaisseur : je n'ai obtenu , par ce moyeta , aucune endosmose. J'ai employé pour la même expérience, et sans plus de succès, la chaux sulfatée cristallisée, qui , comme on sait, se divise en lames extrêmement minces. Mais ici le défaut d'endosmose pouvait être attribué à ce que ces lames de substance cristallisée ne seraient pas perméables à l'eau : ainsi , je ne tiens compte ici que de la première expérience , qui semble

ET EXOSMOSE. Tg

prouver que la chaux sulfatée est inacti^ej ou privée d'aptitude à produire Tendosmose.

Les solides siliceux et calcaires étant étudiés sous ce point de vue , il me restait à examiner l'effet des solides alumineux. Je commençai par Tardoise. Au moyen d'une légère calcination, on rend ce minéral Êicile à diviser en lames extrêmement minces. J'obtins de cette manière une lame d'ardoise cpii n'avait guère qu'un demi-millimètre d'épaisseur ; je l'adaptai à un réservoir d'endosmomètre, que je remplis d'une solution fortement chargée de gomme : j'obtins un effet d'endosmose très-évident, quoique très-faible. Je pensais alors que l'effet d'endosmose produit par les cloisons perméables qui séparaient les liquides hétérogènes, pouvait dépendre de la très-petite épaisseur de ces cloisons , et cette dernière expérience semblait confirmer cetle fausse manière de voir. Après avoir essayé dans l'ardoise l'effet d'endosmose produit par un solide alumineux , il était naturel d'essayer, dans la même vue, des lames d'argile cuite« J'adaptai donc à un endosmomètre une lame d'argile blanche cuite, d'un millimètre d'épaisseur : j^obtins une endosmose assez énergique , et peu différente de celle que j'aurais obtenue, dans le même cas, avec une membrane organique : le réservoir de l'endosmomètre était rempli, comme à l'ordinaire, avec une solution de gomme arabique. Une lame de la même argile, de deux millimètres d'épaisseur, et une autre de cinq millimètres d'épaisseur, ayant été adaptées à des endosmomètres

remplis ensuite de gomme arabique en solution, j'obtins également de Tendosmose. Enfin, d(es lames d'argile blanche, d*un centimètre et d'un, centimètre et demi d'épaisseur , adaptées à des endos^ momètres, produisirent encore de l'endosmose : cependant, la plus épaisse de ces lames n'opéra qu'ime endosmose très-lente ; ce qui provenait de ce que sa grande épaisseur avait diminué sa perméabilité. Ces faits, qui me prouvaient que le peu d'épaisseur .des cloisons perméables n'était point la condition nécessaire de l'effet d'endosmose, comme je l'avais d'abord pensé , me prouvaient en outre que les solides alumineux sont éminemment actifsj c'est-à-dire jouissent éminemment de l'aptitude à produire Tendosmose. J'ai voulu voir si Faddition d'un liquide inactif \ \a solution de gomme dont je remplissais les endosmomètres, dans ces dernières expériences , anéantirait l'effet d'endosmose , comme cela arrive lorsque l'endosmomètre est fermé avec une membrane organique. Je pris donc un endosmomètre fermé avec une lame d'argile blanche de deux millimètres d'épaisseur, et je mis dans son réservoir de l'eau tenanjl en solution 0,1 de son poids de gomme arabique, et je le plongeai dans l'eau : l'endosmose se manifesta. Ce premier essai était fait pour constater l'aptitude de mon appareil \ exercer l'endosmose. Alors, j'ajoutai à la solution gommeuse une goutte d'hydrosulfure d'ammoniaque. Dans le premier moment, l'endosmose; eut lieu; mais au bout d'un demi -quart d'heqre, elle

ET EXOSMOSE. 21

commença à sWréter , et bientôt il y eut suspension complète de Tèndosmose : ainsi , Thydrogène sulfure agissait ici en sa qualité de liquide inactif j et paralysait Taction delà solution gommeuse^ de la même manière que cela avait eu lieu lorsque rèndosmomètre était ferme avec une membrane oi^nique. J'évacuai Tendosmomètre ; et après Tavoir soigneusement lavé intérieiirement et extérieurement, je remplis son réservoir avec la même solution gommeuse que ci-dessus, mais pûre.^ et je le plongeai dans Teau. Pendant cinq heures que je le laissai en expérience, il ne se manifesta aucune endosmose. J'évacuai de nouveau Fendosmomètre ; et après l'avoir bien lavé , je le remplis d'eau pure , et je le mis tremper dans l'eau pure pe»^ dant deux jours. Je renouvelai plusieurs fois l'eau pendant cet espace de temps : alors, je remplis de nouveau son réservoir avec une solution gommeuse pure, pareille à< celle employée ci-dessus, et, l'ayant mis en expérience, j'obtins de l'endosmose, mais elle était nnoins énergique que dans le principe. Ces expériences prouvent que les liquides inactyi n'exercent leur action pour abolir l'endosmose que lorsqu'ils ont pénétré dans les conduits capillaires de la cloison perméable qui sépare les deux liquides hétérogènes, et que cette action reste abolie ou diminuée, tant qu'il reste dans ces conduits capillaires une certaine quantité de ces liquides inactifs. Nous avons observé plus haut le même phénomène avec les membranes Organiques ; ainsi , il est général. '

Qn, ppurrfiit. penser que rmaptitude des solides à produire Tendosniose proviendrait de ce que , n'étant point assez capillaires, ils seraient trop facilement perméables pour lo liquide contenu dans Tendosmomètre y liquide qui , ea vertu de sa pesanteur, s'écoulerait ainsi par d^ canaux trop peu capillaires pour opposer HU obstacle k Q€^ écoulement* C'est ea effet ce qui a lieu quelquefois. Ainsi, par exemple, si Ton met exK expérience uu endosmomètre fermé avec un 9iorc^u de parchemin trè$-^mince , on obtiendra dV bord de Tendosmose , mais bientôt le tissu du parchemin, amolli et dilaté par Peau qui le gonfle, devient trop facilement perméable , et dès lors il cesse d'<^rer Pendosmose. Le liquide intérieur de Tendosmomètre s'écoule au travers delà membrane, en vertu de sa pesanteur. Or, ce dernier effet est peut-être la cause qui produit Tabsence de l'endosmose, lorsqu'un endosmomètre est fermé avec une plaque minérale ^rèft-facilement perméable aux liquides; Ainsi , je n'affirmerai point ici positivement que les solides siliceux soient irèactifs^ car je n'ai essayé que des lames de grès tendre très-facilement perméables aux liquides. Quant à la lame de grès dur qui a produit mi peu d'endosmose , j'ign(»:e si l'on doit attribuer cet effet à sa capillarité plus considérable, ou à sa nature particulière [ car j'ai constaté par l'analyse chimique, que C^était un grès très-ferrugineux. N'ayant essayé que des lames diversement épaisses de la même chaux sulfatée assez perméable aux liquides, je n'ai point

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des données suffisantes pour affirmer que cette substance soit inactive^ quoique cela me paraisse fort probable.

Qumlt à la chaux carbonatée, ayant e^ayé des lames de cette substance pourvues de tous les degrés possibles de capillarité , et avec toutes sortes d^épais* seurs , sans obtenir le moindre «ffet d^endosmose , je nliésite point à affirmer que cette substance est complètement înactive. Il n*y a donc , parmi les solides minéraux , que les solides alumineux qui jouissent émi^ nenmient de la cpalité que je nomme Yaf^fjtfitëj et qui consiste dans l'aptitude à produire Tendosmose. Je n^ai point expérimenté , à cet égard , la propriété des solides magnésiens, ni celle des solides de baryte ou de strontiane. L'argile cuite perd complètement la âcolté d'opérer Tendosmose, lorsqu'elle est imprégnée d'hydrogène sulfuré; elle devient alors inactii^éj mais elle peut reprendre son acthité en perdant l'hydrogène sulfuré qui la pénètre. On peut en dire autant des membranes organiques hydro-suHurées. La chaux carbonatée est par elle-même ce qu'est l'argile par l'adjonction de l'hydrogène sulfuré ; elle est inactive ou incapable de l'endosmose, quoique poiurue de toutes les conditions de la simple capillarité , ce qui prouve bien évidemment que l'attraction capillaire n'est pas la cailse de l'endosmose ; car cette at< traction existe dans toute son intégrité dans l'argile hydro-sulfurée , dont la capillarité n'a point été altérée ptT l'hydrogène sulfuré. Les seuls liquides rfont Vinac-

twité soit démon trëe, sont Facicte sulfiirique et Tacide hydrorsulfurique ou hydrogène sulfuré. Ces deux liquides sont non seulement incapables d'exercer- ou de provoquer Tendosmose, mais ils sont véritablenotent ennemis de cette action physique. Nous ignorons entièremient comment agissent, dans cette circonstance^ ces deux liquides. JiiK/a^^ de l'endosmose.

Quelquefois , lorsqu'on emploie des endosmomètres fermés avec des lames d'argile cuite , l'endosmose s'arrête subitement, et le liquide intérieur s*abais8e dan^ Icjliilbe. Cela ne tieat point, comme on pourrait le penser, à ce qu'il y jurait dans l'appareil quelque élément A^inactivité, Cette suspension de l'endosmose tient à une autre cause qu^il importe de cooiuÂtce» Lorsque Ja lame d'argile est mince et assez facilement perméable , il arrive que le liquide gommeux intérieur filtrant au travers de cette lame , se trouve en-p duire toute la surface inférieure de la lame qui baigne dajos l'eau. On s'en aperçoit à ce que cette surface, au lieu d'être vude au toucher, est glissante et onctueusew Dès lors, tout accès est interdit à l'eau pour pénétrer dans les conduits capillaires de la lame d'argile, et par conséquent l'endosmose est suspendue^ mais on la voit renaître sur le champ, en essuyant ou en lavant la face inférieure de tetie lame d'argile.

Il résulte de ces expériences que, par rapport à l'endosmose, il y a des solides actifs et des solides inactifsj et que les solides actifs peuvent posséder cette qualité d^ activité à un degré plus ou moins émi-

ET EXOSMOSE. 2S

nent.C^ expériences prouvent de même qu*il y a des liquides actifs et des liquides inactifs^ et que les liqiiides actifs peuvent posséder la qualité d^actUfité à un degré plus ou moins éminent. Ainsi , Tendosmose résulte de Finfluence réciproque des liquides acti& sur Jes solidesactifi , et des solides acti& sur les liquides actifs» U suffît qu^un. seul de ces élémens d'action sok inad^j pour que Tendosmosè n'ait point lieu. Ainsi , par exemple, tout étant convenablement disposé pour Vendoonose y cette action sera suspendue par l'addition d'un peu d'acide sulfurique ou d'acide hydifti-sulfurique aux liquides, parce que ces deux acides sont inactifs. Ce sera de même en vain que deux liquides hétérogènes jseront actifs; si la cloison perméable qui les sépare est inactive^ il n'y aura point d'endosmose. Ainsi , il demeure démontré que ce phénomène résulte de deux influences combinées : i ° de l'influence des liquides sur le solide, influence qui détermine l'action- de ce dernier; 2"" de l'influence du solide sur les liquides , influence de laquelle résulte l'impulsion que reçoivent ces derniers.

Les liquides que l'on peut désigner sous le nom de Uquides organiques j opèrent l'endosmose sans discontinuité tant qu'ils ne subisse ut aucune altération dans leur composition chimique, tant qu'ils restent dans \état sain. Ces liquides sont , par exemple , les soin- . tions de gomme, de sucre, de gélatine , d'albumine, d'extractif , toutes les émulsious , etc. Il n'en est pas de même des liquides que je désigne sous le nom de

ti& ENDOSMOSE

chimiques j tels que les solutions salines et alkalines , Içis acides autres que Tacide sulfurique et l'acide hydro-^ulfurique , Talchool, etc. Ces liquides opèrent tous Tendosmose^ mais ce n'est pas sans discontinuité j <X)mme cela a lieu pour les liquides organiques. Les liquides chimiques ont deux actions distinctes: Tune, qui est primitiy^k directe , par laquelle ils produisent l'endosmose; l'autre , qui est consécutive et indirecte, par laquelle ils diminuent ou abolissent cette action physique. Les expériences suivantes mettront cette •vérité dans tout son jour.

Une solution de gonm[ie arabique ou dé sucre étant anise dans un endosmomèire fermé avec un morceau de vessie, l'endosmose aura lieu pendant plusieurs jours, eine s'arrêtera que loi^sque ces liquides auront été altérés par la putréfaction commençante de la membrane organique. Si l'on ajoute à ces' solutions MXkZ^nl chimique j leur action d'endosmose sera augmentée ^ mais elle ue durera pas très-long-temps, surtout si la dose de l'agent excitateur chimique est assez considérable ; il y aura bientôt abolition de l'endosmose. Je pris une solution de sucre dans l'eau, dont Ja densité était i ,095 ; je notai le nombre de degrés 4|ue le mouvement ascensionnel de l'endosmose faisait parcourir à ce liquide pendant une heure dans le tube de Fendosmomètre fermé avec un morceau de vessie. Alors j'ajoutai au liquide sucré une certaine quantité d'hydrochlorate de soude , en sorte que , par cette addition, sa densité fut portée à 1,211. Le mouvement

ET Exosmosfi. ^J

ascensionnel du liquide daps le tube de rendosmoitiètre iîit environ quatre fois plus rapide dans la pre* lYiièrQ hieure ; mais dans les heuressuivantes , il diminua gradiieUement de vitesse; et enfin, au bout de cinq heures, Tendosmose cessa complètement, et le liquide donmtenca à descendre dans le tube <te Tendosmomètre. Cet abaissement du liquide 7ntërieur continua }usqtt*à ce quUlfùt descendu au niveau de Teau dans laquelle était plongé le réservoir dé Tendosmomètre. Alors je retirai le liquide sucré et salé du réservoir, et je trouvai sa densité réduite à i,i i5. Il s'agissait de savoir si Tabolition de l'endosmose était due à Taltération de ce liquide intérieur, ou à Taltération de la membrane de rendosmomètre. J'introdui^s donc ce liquide, extrait de Tendosmomètre ci-dessus, dans un autre endosmomètre dont la membrane de vessie était friucbe/ Ce liquide opéra de Tendosmose pendant quatre heures et demie; alors Tendosmose cessa en^ core , et le liquide s'abaissa dans le tube. En même temps, j'introduisis dans le premier endosmomètre qui àvail cessé d'agir, une solution d'hydrochlorate de soude , dont la densité était- î, 08 , c'est-à-dire qui contenait environ une partie de sel sur huit parties d'eau. Il n*y eut point d'endosmose. Je remplaçai cette solu-^ tion saline par une solution d'une partie de sucre dans trois parties d'eau, dont la densité était 1,11,0. L'endosmose eut lieu, mais aVec environ quatre fois moins de vitesse que cçlle qu'elle avait manifestée au commencement de l'expérience avec le liquide sucr^ y dont

la densilë n^était que de lyOgS. Ainsi , il est démontré^ que la membrane organique de rendosmomètre avait subi, par raction de rhydrochlorate de soude, une allëration particulière qui la rendait moins prc^nre i opérer Tendosmose. C'est de là que provenait Tabolition de cette action dans les expériences qui viennem d'être exposées. Mais la membrane altérée possédait encore la faculté de produire l'endosmose, en méUant dans l'endosmomètre un liquide nouveau plus vcê^ que celui dent l'action était devenue impuîssanïe. Quant au liquide sucré et salé qui avait servi à ces expériences , il conservait toujours sa propriété de. produire l'endosmose , et cela en vertu de sa d^ié ou de ses qualités chimiques particulières. Si bL'soliir'»^ tion d'hydrochlorate de soucie , dont la densité étak 1, 08, n'a point produit d'endosmose avec un endosmomètre dont la membrane avait déjà été alta^r^e par l'action de cette substance saline, cela ne provient point de ce que cette solution n'aurait point élé apte par elle-même à opérer l'endosmose. Cette solution, en efiet, contenait une partie de sel sur huit parties d'eau. Or, j'ai expérimenté qu'il suffit d'ajouter à l'eau deux millièmes de son poids d'hydrochlorate de soude pour la rendre apte à opérer Tendosmose avec un endosmomètre fermé par un morceau de vessie non altérée. J'ai obtenu des résultats analogues à ceux qui viennent d'être exposés , en associant l'eau sucrée au sulfate de soude , à l'acide hydrochlorique , à la potasse caustique (hydrate de potasse) , et à l'alchool. Toujours

BIV fiXOSMOSE. 39

il y eut d^abord accroissement de Tendosmose, et ensuite abolition de cette, action au bout de quelques -heures. Cepends^nt, cette abolition n^avait point lieu lorsque^ la quantité du liquide chimique associe au liquide oi^anique, était peu considérable; il n^y.avait alors que diminution de rendo^nose;. J^ai obtenu des résultats analogues, en associant des .liquides chimiques, k la gomme arabique. Ainsi , les liquides. chimiques qui y par. eux-mêmes, sont aptes à opérer Teudosmose, augmentent à cet égard Faction des. liquides organiques, lorsqu'ils leur sont associés; mais ils exercent consécutivement une action d'abolition ou de diminution de Tendosmose , action qui dépend de Taltération particulière qu'ils produisent dans la cloiaon membraneuse de Tendosmomètre. Il est bien remarquable qtie cette action d'abolition consécutive soit exeMBj^par des liquides aussi dififérens entre eux que le sont , par exemple , les acides et les alkalis , les solutions salines et l'alchool , etc.

Il était important de rechercher si les liquides chimiques exerceraient également une action consécutive d'abolition de l'endosmose sur une lame d'argile dont serait fermé un endosmomètre. J'ai donc mis dans le réservoir d'un de ces endosmomètres une solution aqueuse de sucre, dont la densité était 1,326, et j'ai noté la vîtesse de l'endosmose opérée par ce liquide; alors j'ai ajouté à ce dernier une quantité d'hydrochlorate de sdude, qui a porté sa densité à 1,27 1- La vîtesse de l'endosmose a été augmentée dans la pro-

âo ENDOSIVIOSe

•portion de 12 à i3, et cette action a continue sans .'ëprouver beaucoup de diminution pendant vingt heures; alors j*ai augmenté la dose de sri) ce qui a porte la densité du liquide à I^SS^. La vitesse de rendosmose a été augmentée, et j^ai observé cette action pendani; trois jours , sans en voir la fin% Ainâ , le liquide chimique introduit dans Tendosmomètre n'a produit, <ians la lame dWgile qui le fermait ^ aucune altération capable d'abolir ou de diminuer Pendosmose^ Cette action d^abolition consécutive n'a donc lieu que par rapport aux membranes organiques. Or, il est très^ Temarquable que l'abolition directe de Tendosmose par l'hydrogène sulfuré, a également lieu avec les membranes organiques et avec *lei lames d'argile. Ces deux phénomènes d'abolition dé Fendosmose i^'oiit xlonc véritablement rien de semblable dans leur caose; l'une est une abolition directe^ Tautre estime abùK*^ tion indirecte.

Il résulte de ces expériences ^ que les liquides qui ont une action ou une influence quelconque sur l'endosmose, peuvent être divisés en trois classes :

i"" Les liquides qui ne possèdent d^une manière sensible que la seule action de production constante de l'endosmose. Ce sont ceux que je désigne sous le nom de liquides organiques;

2^ Les liquides qui ne possèdent d'une manière sensible que la seule action ai abolition de Tendosmose. Je ne connais que deux liquides de ce genre , savoir : l'acide sulfurique et l'acide hydro-sulfuriquc

ET EXOSMOSE. St

OU hydrogène sulfure. Ce sont en quelque sorte des sédatifs de Tendosmose ;

3** Les liquides qui possèdent à la fois les deux actions de production et d^ abolition de Tendosmose. On peut designer ces liquides par le nom èi excitons chimiques de V endosmose.. Leur action primitive ou directe est la production ou Y augmentation de Tendosmose ; leur action consécutive ou indirecte est Vabo^ Uthn ou la diminution de cette action physique. Ces excitans chimiques n^agissent qu'en détruisant ou en diminuant dans le solide organique qu'ils traversent, les conditions en vertu desquelles leur action existe.

Les expériences qui viennent d'être exposées prouvent d'une manière incontestable que la force impulsive à laquelle est due l'endosmose , a son siège dans les condnits capillaires de la cloison perméable acti^^e qui sépare les deux liquides hétérogènes ; il s'agit actuellement de rechercher quelle est la nature de cette forqe capillaire inconnue.

L'endosmose est le résultat immédiat de la différence de densité , ou plus généralement de l'hétérogénéité des deux liquides que sépare une cloison perméable active. Ce résultat de la différence de densité de deux liquides doit d'abord faire penser qu'il est dû à une action électrique ; mais l'expérience physique prouve, ou du moins semble prouver qu'il ne résulte point d'électricité du contact des liquides de densité différente. M. Becquerel a prouvé que le con-

tact des liquides sur les solides produit de Télectricit^; mais cet effet n^est prouve que pour les liquides qm ont une action chimique sur les solides: or, le concact de Teau et des liquides organiques sur les dem £icesd*une membrane organique, ne produit aucune électricité appréciable au galvanomètre , ainsi que je m'en suis assuré par Texpérience. La cause de Tendosmose reste donc enveloppée de beaucoup d'obscurité. J'avais admis précédemment que cette cause était Télectricité. Je penche encore à le croire, mais cela n^est point suffisamment démontré ; il n'existe , en Viveur de cette opinion, que des probabilités qiie je vais exposer. J'ai cité dans un précédent ouvrage (i}, l'expérience de M. Porret, qui prouve que lescourans électriques de la pile voltaïque impriment à reauune impulsion qui lui donne un mouvement ascensionnel, lorsque ces courans sont dirigés au travers d^cine membrane organique que Peau baigne des deux côtés. Ainsi , Ton peut , par ce moyen purement électrique, produire de Tendosmose sans hétérogénéité des liquides. Je mis de Teau distillée dans le réservoir d'un ^adosmomètre, qui plongeait lui-même dans Peaudis^ tillée. Je mis le 'fil conjonctif négatif d'une pile vol^ laïque en contact avec Teau intérieure, en &isant plonger ce fil dans Tintérieur du tube. Je mis le fil conjonctif positif en contact avec Teau extérieure. Bientôt je vis Teau monter dans le tube , et parvenir

(i) Vjégient immédiat j elc.

ET EXOSMOSE. 33

k son ouverture supérieure. Ueau s*écoula au-dehors , et cet écoulement ne celssa que lorsque Faction de la pile se fut affaiblie. Il résulte de ces expériences^ qu^il existe deux causes d^endosmose : i* Thétérogénéité des liquides ; 2^ Télectricité de la pile voltaîque.

Nùos avons vu plus haut que Tendosmose par hétérogénéité des liquides n'a lieu qu^avec des solides aC' tifs* Il s*agit de savoir si cette niéme condition est nécessaire pour Fendosmose par électricité de la pile. Je pris un eludosmoniètre fermé avec une lame de grès tendre. Je mis de Feau distillée dans son réservoir, que je plongeai dans ce même liquide. Je mis le fil négatif de la pile en contact avec Feau intérieure , et le fil positif en contact avec Feau extérieure. Je n*oblins aucune endosmose, et par conséquent aucune ascension de Feau dans le tube de Fendosmomètre. Je substituai à la lame de grès tendre la lame de grès dor ferrugineux , avec laquelle j^avais obtenu un peu d'endosmose par hétérogénéité des liquides; je n'obtins avec cette lame de grès dur aucune endosmose senôble par V électricité de la pile; Feau s'abaissa au contraire dans le tube. Mais ici il y a une cause d'erreur qu^il &ut signaler. Le fil conjonctif négatif, en contact avec l'eau intérieure de Fendosmomètre , décoBipose cette eau, et par conséquent diminue son volume j en sorte que ce liquide s'abaissera dans le tube de Fendosmomètre , si la quantité de Feau introdiûte par l'endosmose est inférieure à la quantité de Feau décmnposée^ C'est ce qui pouvait avoir lieu avec

cette lame de grès dur, qui était difficilement perméable à Teau : ainsi , cette expérience ne prouve rien. Cette même expérience , faite avec un endosmoftiètre fermé avec une lame de pierre à plâtre ( chaux sulfatée calcârifere ) , ne donna aucun indicé d'endos^ moàe. Nous avons vu plus haut qiie cette même substance né produisait point non plus (^'«ndosïnose par le moyen de Thétërogénéité des liquides^ Mais ici il y à une cause possible d'erreur qui existe également dans Texpérience &ite avec une lame de grès tendre. Cette cause d'erreur consiste dans la possibilité t[ii'il y a que ces lames poreuses soient trop fàcilem^ilt perméables à Teau. On sent , en effet, que Tascensièn de Teaù dans le tube de l'endostoomètre ne peut s^opérér lorsque la filt ration descendante de Teau intérieure ^ ptar^reffet die là pésauteury e$t plus considérable que ne Test son ascension ou son rntrbdtfetioiÈi par YëSet de Tendosmose. Ainsi , ces expériences sont sans tésultats bien positif. Il n'en est pas de même dés ex-^ périences semblables que j'ai faites avec des endosmomètres fermés avec des lames dé chaux carbonatéé , pourvues de tous les degrés possifkles de la ca|ùlk^ rite y depiûs la pierre tendre à bâtir jusqu'au marbre blanc. Je n'ai obtenu dans ces expériences aucun signe d'endosmose par le moyen d^ l'électricité de la pile. On se rappelle que je n'ai de même obtenu aucune endosmc^e avec ces lames de carbonate calcaire, par le moyen dé l'hélérogénéité des liquides : ainsi > cette substance est biei;! décidément imu^e par rap^

ET EXOSMOSE. 3S

port aux deux moyens que nous connaissons de pro dmré Tendosmoisè» Cependant, j*ai expérimenté que rim^ulsîon électrique de la pile n'est pas tout à fait sans influence sur Teau qui traverse les conduits ca« piUmires de cette substance, quoique cette . impulsion ne puisse élever. -l?eau au-dessus de son niveau. Je. lutaiy à un tube de^ir ente - cinq milliinètres de dia*mètre y une lame de-&^ou pierre tendre à bâtir ; elle avait un centimètre d'épaisseur. Je plongeai 'vertica^^ lemeat ce tube dans un vase plein d'eau , en mainte-* nant Fouvertufè libre du tube au-dessus de la surface de ce liquide : au bout d'une heiire , je trouvai 5 1 grains d*eau qui avaient été introduits dans ce tube par fil^ tration au travers de 'ta. lame de chaux carbonatée, et sous une pression de huit centimètres d'eau. Je vidai lé tube, et je le replaçai dans l'eau du vase, en fid» sant correspondre le fil conjônctif négatif, dé la pile avec la £ice iiitécieure de la lame de chaux carbona^ tée; l'eau du vase correspondait avec le fil conjonctif positif : au bout d'une heure, je trouvai 54 grains d^eaa dans le tube. Ainsi, Timpubion électrique s'était maxri&stée ici par l'introduction de 3 grains d'eau dé pliii' que ce que pouvait faire la seule porosité. Je m'assurai de nouveau de la quantité d'eau que mon appareil pouvait intrdduîce , dans l'espace d'une heure , sans le secoure de Télectricité.: je trouvai cette quanûtë im peu augmentée; l'eau introduite is'élevait à 53 grains. Alors, je recommençai l'expérience avec le courant électrique, et j'eus pour rÀultatrintroduc<r

tion dans le tube de 60 grains d^eau : ainsi , le courant électrique dirige du pôle positif au pôle négatif de la pile, exerce une légère impulsion sur Teau, pour la déterminer- à passer au travers du carbonate calcaire poreux ; mais cette impulsion est trop faible pour déterminer Teau négative intérieure à prendre un niveau supérieur h celui de Peau positive extérieure. C'est cette faiblesse de l'impulsion électrique qui fait que 9 dans cette circonstance , il n'y a point d'ascension de l'eau. Ainsi , le carbonate calcaire n'est pas complètement inactif par rapport à l'endosmose au moyen de l'électricité de la pile ; il est seulement trop peu actif ipous produire l'ascension de l'eau. Il n'en est pas de même du grès. En effet, ayant répété l'expérience précédente avec un tube muni d'une lame de grès , je ne trouvai aucune différence dans la quantité de l'eau introduite par simple fîltration , en vertu de la porosité, et la quantité de l'eau introduite s6us l'influence ajoutée du courant électrique de la pile. Ceci prouve que ce courant électrique est ici d'une influence tout à fait nulle , et que par conséquent le solide siliceux est complètement inactif.

Il nous reste à examiner, dans ce genre d'expériences, l'effet des lames d'argile cuite, que nous sa-: vons être très - pourvues d'actfi'ôe pour la production de l'endosmose par le moyen de l'hétérogénéité des liquides. J'ai donc pris un endosmomètre fermé avec une lame d'argile de de|ix millimètres d'épaisseur 9 le réservoir de cet endosmomètre a été plongé in fé-

ET EXOSMOSE. 3^

rieuvement dass, l'eau , «t sa cavité a étë remplie d*eau jusqu^au niveau de Peau exiërieure : alors, j'ai intro^ duit le fil conjonctif négatif dans' le tube, jusqu'au contact de Teau intérieure, et j'ai mis le fil conjonctif positif en contact avec Teau extérieure. A Tinstant , j'ai vu l'eau s'élever dan& le tube de l'endosmomètre , et elle ne tarda pas h arriver au sommet et h s'écouler au-dehors. J'ai répété la. même expérience, et avec le même succès, avec une lame d^argile de cinq millimètres d'épaisseur, et avec une autre lame d'argile d'un centimètre d'épaisseur. Dans cette dernière expérience , l'ascension de l'eau dans le tube fiit trèslente. Il résulte de ces expériences, que l'argile cuite est XTes-active pour la production de l'endosmose, par le moyen de l'électricité de la pile.

. J'ai voulu, enfitt , expérimenter si les liquides inactifs ou ennemis de l'endosmose , par le moyen de l'hétérogénéité , étaient également ennemis de l'endosmose , par le moyen de l'électricité de la pile. J'ai donc répété l'expérience précédente en mettant, au lieu d'eau pure , dans l'endosmomètre , de l'eau avec addition d'hydro-sulfiire d'ammoniaque. Le courant (électrique de la pile étant appliqué, comme à Tordinaire , à l'endosmomètre pourvu de sa lame d'argile , l'endosmose a eu lieu sans diminution appréciable. Ainsi, les liquides ennemis de l'endosmose par hétérc^énéité des liquides, ne sont point du tout enne^ mis de l'endosmose par électricité de la pile.

L'endosmose par hétérogénéité des liquides offre

38 ENDOSntOSB

deux qualités qu^il est important d*éuidier dans les variations qiï'ellès peuvent présenter. Ges deux qualités sont : 1" sa vîtesse, 2^ sa force.

DE LA vItESSE DE L^ENDOSMOSE.

J^entends par vitesse de V endosmose la quantité dont un liquide s'élève dans le tube d'un endosmo» mètre dans un temps donné. En général ^ -plusldli* quide que contient Teçdosmomètre est dense, plus 3 y a : de vîtesse d'endosmose« Il était impottant de dé* terminer quel est le rapport qui existe entre/a ilensilé des liquides et la vîfiesse de lîendosmnse (^'i^ sont susceptibles de produire. Pour- faire 1 des 'expériences comparatives à cet égard *, il &ut d'abord qu'elles soient faites avec le même endosnniQinètre} B faut, eh second lieu, ne comparer entre elles ^ue des /expériences qui se suivent immédiatement-; çai: Teodosmomèire S^rmé avec une membrane bromique, avec un morceau de vessie par exemple^ offre 'desrësultats très-vairiablesi; en sorte que. deux expériehces fa(it«iâ: Tufie: après l'autre^ et avec les mêmes liquides^ '. n>'dffipent point toujours exactement les mêmes résina tats^ Si ces deux expériences sont faites long. -temps TuXieapffès Fautre^ on obtient quelquefois dés lats qui difiKèrent de la moitié. Ces ysuriaûohÀ nent de& cbangemens apportés dans ' lai <deâsitë /. . 00 dans larperméabilitéde la medibrane par sa longue

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