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facultés philosophiques que le bonheur d'un quadrupède ou même d'un quadrumane primate pourrait s'édifler. Quelles seront les facultés sur le déploiement desquelles un renard devra tabler pour s'assurer le bonheur sans mécompte? Ces facultés-là ne seront-elles pas essentiellement celles par lesquelles cette espèce se distingue et excelle, c'est-à-dire la vitesse de ses jambes, la finesse de son odorat, et principalement sa ruse proverbiale, qui lui procurent le repas de chaque jour et le préservent des pièges de l'ennemi ? Et maintenant, quelles sont les facultés maltresses de notre espèce ? Telle est la question que doivent avant tout s'appliquer à résoudre ceux qui ont formé le généreux dessein de nous rendre heureux.
151. La prédominance plus ou moins marquée de la vie végétative sur la vie animale est le caractère commun de toutes les espèces au-dessous de l'homme. Les organismes de cette graiïde catégorie semblent exclusivement destinés à se nourrir et à se reproduire. Notre espèce se distingue au contraire de toutes les autres (sauf peut-être certaines espèces où existe l'association et unej manière d'industrie coopérative) par la subordination de la vie végétative à la vie de relation. La première, ici, n'est plus à elle-même sa raison suffisante et finale ; sa raison d'être est cette fois dans la seconde, et celle-ci devient'le grand objet de Texistence.
L'homme a la suprématie du globe, et c'est incontestablement à la supériorité de ses facultés intellectuelles et morales qu'il le doit ; celles-ci sont donc les facultés caractéristiques de sa nature. De là je conclus que c'est à l'exercice et à la culture de cette haute partie de lui-