‹ Nouvelles recherches sur l'origine du nom d'Amérique [microforme]Chapitre 16 sur 24 · Martin Hylacomylus, p · texte numérisé non relu

Martin Hylacomylus, p

2. Examen critique, vol. IV, p. 142. Humboldt regardait à tort Waltzemüller comme l’auteur du nom America; il n’a rien su de Jean Basin,

Il y à fort à présumer que c’est Jean Basin, dont la modestie est bien connue et qui aimait à ne se pas nommer, ainsi que le prouve sa traduction latine des Quatuor Navigationes, qui aura écrit et publié cette plaquette. Ce qui donne encore plus de probabilité à cette version, c’est qu’il rappelle les noms d’Americus et d’America, mais en y touthant d’une main légère et avec la discrétion d’un homme du monde, qui n’aime pas à se répéter, renvoyant à son autre écrit, évidemment la célèbre plaquette du Gymnase vosgien.

D'après de Humboldt et Harrisse, cette brochure est très rare actuellement, d’où l’on peut conclure que, lors de son apparition, elle ne fut tirée qu’à un nombre très limité d’exemplaires —, mettons une centaine —, ce qui, avec la Cosmographiæ Introductio, fait un tolal de trois cents plaquettes contenant les noms d’Americus et d’America. Eh bien, en 1515, c’est-à-dire seulement huit ans après ces publications, Jean Schôner, de Bamberg, assure dans son ouvrage : Luculentissima quædam terræ-totius descriptio, cum multis utilissimis cosmographiæ iniciis, etc., imprimé à Nüremberg, que le nom d’America était généralement adopté et employé.

Santarem n'a rien trouvé de mieux que d’y voir une méprise de Schüner!. M. B-F. de Cotas, dans son explication du globe Lenox de 1511°, à répété la même opinion, la supposition que Schôüner se serait trompé. Schôüner ayant été contemporain des membres du Gymnase vosgien et des géographes de Strasbourg des quinze premières années du xvI° siècle, cette supposition est entièrement gratuite et n’a aucune valeur. On se trouve en présence d'un fait gênant; on l’écarte en le niant. Toute dénégation n’est qu’une vaine allégation sans consistance.

1, Vespucius and his voyages, Boston, 1850, p. 155.

2. Le globe Lenox de 1511, traduit de l'anglais par Gabriel Gravier, Rouen, 1880, p. 23,

Comment adniettre que le nom d'Amérique ait été généralement adopté, étant donné une circulation limitée de deux à trois cents exemplaires de plaquettes ou opuscules, et cela à une époque où les communications étaient si difficiles? Ces plaquettes ne sont presque pas sorties des bords du Rhin et d’une région s'étendant du Jac de Conslance à Mayence. D'ailleurs c’est là que. presque tous les exemplaires conservés ont été retrouvés.

Gelte assertion de Schôner est la première indication imprimée de l’existence du nom d'Amérique, comme fait bien reconnu et d’un emploi général, Or, pour qu’un homme relégué dans le centre du continent et dans une petite ville ait pu, en 1515, s’exprimer avec autant d’assurance, il a fallu que ce nom, passant de bouche en bouche, ait acquis une célébrité populaire.

Ce qui frappe surtout les populations, lorsqu'on parle d’un pays nouveau, c’est sa richesse, son abondance en or. Les aventuriers el les matelots prononcèrent le nom d'Amérique pour exprimer leurs notions très vagues d’1n des pays les plus riches en or du Nouveau Monde. its n'en fixaient point la position, pas plus qu’on n’a fixé, chez les anciens, celle du Chrysé (pays doré), qui exprimait les notions très vagues d'une région de l'extrême Orient; de même qu’on n’a jamais localisé l’El Dorado, pays légendaire, royaume, disait-on, d’une richesse fabuleuse !.

1. Dans un mémoire intitulé : « The Origin of the name of America » (Bulletin of the American geographical Society, p. 45, n° 1, 1883, New- York); T.-H. Lambert, se plaçant au point de vue philologique, pense que le nom primitif de la plus grande partie du nouveau monde était Amarca, qui veut dire la grande terre du Soleil, et qui serait le nom national des Péruviens, d’après leur livre sacré. Il cite les noms des villes : Cundin- Amarca (plus tard « la cité de l'or » ou « El-Dorado » des Espagnols) Caj-Amarca, Pult-Amarca, Yan-Amarca, Ang-Amarca, Chenpi-Amarca ? Vin-Amarca et le capitole Amarca. Alvarado détruisit ce capitole Patinamit Amarca en 1524. L'auteur regarde la forme America comme une

Jusqu'à présent, malgré toutes les recherches, la première carte avec une date inscrite et certaine, contenant le nom d’America, est celle d'Apianus (Pierre Bienewitz), parue dans le Polyhistor de Solinus, en 1520. Plusieurs globes ou cartes manuscrites ou imprimées portent inscrit le nom d'America; seulement tous ces documents sont sans date. On a essayé d’y suppléer en les étudiant avec la plus grande attention, mais on reste forcément dans le vague, à trois, quatre ou six ans près.

Le globe imprimé en fuseau, dit du général von Hauslab, de Vienne, qui porte inscrit le nom d’America, est rapporté par les uns à 1509, par d'autres à 1515. On pourrait tout aussi bien et avec autant de raison le rapporter à 1505 ou 1506. Seulement, dans ce cas, il porterait le nom d’America, venu alors d’une autre source que celle de Saint-Dié, ce qui prouverait l’usage du nom d'Amérique pour désigner une partie du Nouveau Monde, avant le baptème de Jean Basin.

Schôüner a un globe imprimé, portant le nom d’America, que le D' Franz Wieser ! rapporte avec certitude à l’année 1515, quoique la date n’y soit pas inscrite.

La carte manuscrite, dite de Leonardo de Vinci, que quelques-uns regardent comme ayant été construite de 1512 à 1514 et que d’autres pensent n’être que de 1515 ou 1516, a le nom d’America inscrit sur la région la plus méridionale du Nouveau Monde.

Une carte française, dite de Ludovicus Boulengier, trouvée dans une édition de la Cosmographiæ Tntroductio, Lyon 1514, donne l'inscription : America noviter reperta,

seconde manière du nom Amarca; il dit que les Espagnols ont entendu ce nom, dès leur arrivée à l'embouchure de l’Orénoque, en 1499. Évidemment Amarca a dù aider à la propagation du nom d'Amérique, et fournit une raison de plus en faveur de son origine aborigène.

1. Magalhäes-Strasse und Austrai-Continent auf den Globen des Johannes Schôner. Innsbruck, 1881, p. 27.

pour une partie de Ja région méridionale du Nouveau Monde. Toutefois il n’est pas sûr que cette carte soit de la même date que le petit livre, et il est possible qu’elle y ait été placée postérieurement.

Enfin il y a la carte de la fameuse édition de la Géographie de Ptolémée, Strasbourg, imprimerie de Jean Grüniger, 1522, sur laquelle le nom d’America a été inscrit. Comme la carte d'Apianus de 1520, elle porte l’inscription : America provincia, en même temps que, tout à côté, l’on déclare que le Nouveau Monde a été découvert par Colombo et non par Vespucci. Preuve nouvelle que le nom d’America était employé comme désignant seulement une simple région de ces nouvelles terres, sans aucune intention d’en attribuer quoique ce soit à Vespucci.

Maintenant je ferai une remarque que je n’ai vue énoncée nulle part et qui a sa valeur dans l'étude difficile que nous poursuivons pour arriver à la vérité. C’est que tous les cartographes ont inscrit sur les globes ou cartes le nom d’America sans variation aucune, sauf les Français, qui écrivirent Amérique lorsqu’en France on cessa de faire des cartes à inscriptions latines. Ainsi, uniformité et correction parfaite ne varietur du mot America comme nom de lieu ou nom géogräphique, tandis que ce même nom appliqué à un homme, Vespucci, a beaucoup varié, offrant presque toutes les combinaisons possibles de sons un peu similaires, tels que: Amerigo, Amerrigo, Almerigo, Amergio, Morigo, Emeric, Aimeric, etc.; c’est une véritable cacophonie de prénoms ou de surnoms, sans égale dans l’histoire, car si les noms propres sont souvent épelés de différentes manières, il n’en est pas de même des prénoms : Cristoforo, Alberico, Jean, Joseph, Sébastien, Ferdinand, elc., qui ne varient pas en dehors des traductions d’une langue dans une autre.

Le nom de lieu Amerrique s'est maintenu dans son intégrité chaque fois qu'il a été employé géographiquement

sur les cartes ou dans les livres!, tandis que, lorsqu'on a voulu en affubler un homme, comme Jean Basin l’a fait pour Vespucci, l’on est ärrivé à une confusion complète, vraie tour de Babel où l’on semble avoir essayé toutes les combinaisons possibles pour faire harmoniser ce beau nom indigène d’Amerrique avec le prénom Alberic.

Nous avons là une nouvelle preuve que c’est le nom de lieu qui a été imposé à l’homme, et non le prénom de l'homme au nouveau continent. L’un est un nom de lieu connu de tout le monde, tandis que l’autre est un surnom fantaisiste que chacun épelle à sa manière. |

D'ailleurs cette erreur est naturelle et se comprend facilement.

Elle n’est pas isolée; elle s’est renouvelée dans le Nouveau Monde, seulement avec moins de succès. Ainsi, je citerai le nom indigène de Canada. Deux historiens jouissant d’une certaineréputation, bien méritée pour l’un d'eux, déclarent en 1637? et en 16723, que le Canada a été ainsi nommé en l’honneur de M. de Cane ou Cane, seigneur français qui le premierest venu planter une colonie en Amérique, appelée alors la Nouvelle-France. Il y a eu effectivement les deux frères de Caen (non M. de Cane ou Cane), venus au Canada en 1621, un siècle après Jacques Cartier. Ce dernier nous à heureusement dit, dans son récit de voyage, que Canada était un mot des Indiens sur les bords du Saint-Laurent, mot qui veut dire village ou réunion de huites indiennes.

1. Grynœus en 1532, à Bäle, dans son Novus Orbis, cite un petit traité géographique de Sébastien Münster, où dans le même passage il appelle Vespucci Alberico, puis, parlant des nouvelles terres trouvées, il emploie Americo et le nom America; exemple bien remarquable de la confusion amenée par l'attribution du nom indigène à Vespuceci.

2. The New English Canaan or New Canaan containing an abstract of New England, by Thomas Morton, reprinted in Boston, by the Prince Society, 1883, p. 235. L'édition originale est d'Amsterdam, 1637.

3. New England Rarities, by John Josselin, London, 1672, p. 5. — Dans ces deux livres les auteurs croient que le nom a été appliqué d’abord au fleuve Saint-Laurent, qu’ils nomment River Canada.

Mais supposons que Jacques Cartier eût négligé de donner

ce nom, avec son explication, et que les deux frères de Caen fussent venus dans cette région du Saint-Laurent cinq ou six années après Cartier, nous aurions eu un cas semblable à celui de Colombo versus Vespucci, sur la question du nom Amerrique.

Pour le Labrador, la confusion arrive jusqu’au chaos, Ce beau nom Brador ou Bradaur, sonore et admirablement approprié, est un mot des Indiens des bords du golfe Saint- Laurent; il signifie « baie étroite et profonde », s’avançant dans les terres et il correspond exactement au nom norvégien de ford. Toute la côte du Labrador n’est en effet qu'une série de fiords qui sont la contrepartie de ceux de la côte norvégienne.

Voici en peu de mots les origines imaginées. D'abord : terre des Esclaves, où l’on venait enlever des Indiens pour en faire des esclaves laboureurs. Or le pays est tellement pauvre et rude qu’il n’y eut jamais qu’une population peu nombreuse et des plus clairsemées. Puis, terre des Labours et terre du Laboureur pour indiquer des terres fertiles, là où il n’y a que des rochers : étymologie dérisoire‘! Enfin l’inévitable navigateur, un baleinier basque appelé le capitaine Labrador, qui aurait pénétré à travers le détroit de Belle-Isle, jusqu’à une baie qu’il nomma de son nom Labrador, et cela au milieu du xv* siècle, quarante années environ avant la découverte du Nouveau Monde par Christoforo Colombo. De cette baie le nom se serait étendu à toute la côte.

Ce beau nom indien de Brador est resté attaché en outre

1. Voici ce que Jacques Cartier, dans son premier voyage au golfe Saint- Laurent dit, pour toute la côte à partir de Blanc-Sablon et Brest (Brador), s'étendant à l’ouest : « En toute la terre vers le nord, je n’y vis pas tant de terre qu’il en pourrait (entrer) dans un benneau (panier placé sur un chariot) » [Voyage de Jacques Cartier au Canada en 1534, par Michelant. Paris, 1865, p. 27].

à une baie spéciale où se trouve le village ou établissement principal de pêcheurs, appelé Brador, l’ancien Brest des Français. Enfin, les deux baies très profondes qui coupent presque en deux parties la grande île du cap Breton, portent les noms de Grand et de Petit Brador, que les Français et, à leur exemple, les Anglais écrivent Bras-d’or.

Incertitudes sur la position à donner à la province ou à la région America, ainsi qu'au Brésil, à Cuba, à la Floride et à Terre-Neuve (Terra Nova). — En 1541, Mercator et, en 1570, Ortelius appellent America tout le Nouveau Monde. — Opinions de Humboldt, de Varnhagen et de d’Avezac sur la propagation et l'adoption du nom d'Amérique. — L'erreur de Jean Basin a-t-elle aidé ou retardé l'adoption de ce nom?

Sur les premières cartes l’inscription du nom d’America montre qu’on n’adoptait pas du tout la proposition de Jean Basin et du Gymnase vosgien, d'appeler America toute la quatrième partie du monde, mais qu’on n’appliquait ce nom qu’à une seule région du Nouveau Monde. On était incertain de l’endroit où il fallait le placer; de là les positions changeantes et vagues où on l’inscrivit, le plaçant de çà, de là, sans trop savoir où le fixer définitivement. La même chose est arrivée d’ailleurs pour bien d’autres noms de régions du Nouveau Monde : le Brésil, Cuba, la Floride, Terre-Neuve, etc.

Ainsi l’on trouve Brésil (Brazil qui veut dire : bois rouge de teinture) pour l’île de Terceira (Açores) dès 1385, puis on le place dans l’Amérique centrale, là où sont aujourd'hui le Guatémala et le Honduras; au Mexique (Yucatan et Campêche); puis aussi dans la région actuelle de la Colombie; enfin il fut limité et placé là où il est actuellement. Cuba comprenait le Mexique et même les États-Unis avec le Canada, avant d’être réduit aux limites plus modestes d’une île,

Pour la Floride, on a nommé ainsi toute la côte de

l'Atlantique depuis Las Tortugas jusqu’au cap Cod dans le Massachusetts, et ce n’est que petit à petit que la Floride a pris les modestes proportions actuelles de la péninsule floridienne et de l’État qui porte ce nom. Quant à l'ile de Terre-Neuve Terra Nova, on la trouve d'abord dans le nord de l’Amérique du Sud (Venezuela et Colombia), et ce n’est que plus d’un siècle après qu'on a fini par la fixer à l'entrée du golfe Saint-Laurent,

Le nom d’America, après avoir été inscrit à la partie nord de l'Amérique méridionale (Guyane), est descendu vers l'équateur et le tropique du Capricorne, à la pointe la plus au sud du côté du pôle austral, paraissant désigner tout ce qui se trouve au-dessous du Brésil; puis il remonte jusqu’à l’Équateur, embrassant la Bolivie actuelle, entre le Chili et le Pérou, et finalement il va en envahissant, en couvrant de plus en plus le terrain, jusqu'à ce qu’enfin, avec Mercator en 1541, sur un fuseau de son globe terrestre, et surtout avec Ortelius en 1570, dans sa mappemonde Typus Orbis Terrarum, il embrasse tout l'hémisphère occidental, sous les titres de America sive India nova, et de Ame Rica a multis hodie Nova India dicta. Faisons remarquer que, sur ce premier globe de Mercator, le nom America est divisé en deux parties, séparées l’une de l’autre par presque tout le nouveau continent. Ainsi Ame est inscrit dans la partie nord vis-à-vis d'Anuromega (Nerembega) et de la Baccalearum regio, à peu près à la place occupée aujourd'hui par le Manitoba; tandis que Rica se trouve à l’autre extrémité du fuseau, dans la région la plus méridionale, entre la Plata et le Chili.

On voit par là que ce n’est que trente-quatre ans et que soixante-trois ans après la proposition de Jean Basin et de ses associés du Gymnase vosgien, que ce vœù a été réalisé.

Hâtons-nous d’ajouter que c'est seulement la solution théorique, car dans la pratique il faut beaucoup plus de

temps, et aujourd’hui encore il y a des locutions qui ont persisté parmi certaines populations, et qui montrent que le nom d'Amérique désignait seulement les régions centrales du continent. Ainsi, même à présent, pour les descendants des vieux colons français des bords du Saint- Laurent, Amérique signifie tous les pays au sud du Canada; lorsqu'ils partent pour les États-Unis ou le Mexique, on entend ces Canadiens dire constamment qu'ils vont en Amérique !

Cette variation dans la position du mot America, comme province du nouveau monde, et son envahissement progressif de tout le continent, démontrent jusqu'à l'évidence que les cartographes ne se conformaient nullement à la proposition de Jean Basin, qui a passé inaperçue de la grande majorité de ses contemporains. Son importance n’a été relevée que plusieurs siècles après, grâce aux recherches et au grand nom d'Alexandre de Humboldt. Car si le baptême de Jean Basin avait été accepté et reconnu, on aurait dès l’'abord, ainsi que l'avait dit la plaquette du Gymnase vosgien, inscrit le nom d’America sur toute celte quatrième partie du monde, comme on faisait pour l'Europe, l’Asie et l’Afrique. Mais rien de pareil n’a eu lieu. Et quand les difficultés d'attribution de la découverte du nouveau monde ont été soulevées, ce n’est pas au Gymnase vosgien ni à Hylacomylus qu’on s’en est pris, mais à Vespucci lui-même, qui a été accusé d’avoir placé son nom sur les cartes, et d’avoir voulu ravir à Colombo la gloire de la découverte et l'appellation du Nouveau Monde,

Schôüner, en 1535, est le premier qui ait accusé Vespucci d'avoir placé son nom sur les cartes, accusation dont toutes les recherches ultérieures ont prouvé la fausseté. La seule explication valable est que le nom était devenu populaire, mais non par suite de la publication de quelques rares brochures et cartes; et c’est à cela qu’on est toujours obligé de revenir.

Humboldt pense que la propagation du nom d'Amérique! est due aux quatre éditions (1507, 1509, 1535 et 1554) de la Cosmographiæ Introductio, et au manque de publications sur les voyages de Colombo.

Varnhagen attribue l'adoption et le succès du nom d'Amérique à l'imprimerie du xvi° siècle, et « à l'opinion publique, juge suprême de ces questions de baptême, que l’on ne fait que par elle et pour elle?, »

Enfin d’Avezac dit : « Entre l’erreur hâtive et la vérité tard-venue (faisant allusion à l'ignorance où étaient les membres du Gymnase vosgien de la découverte du Nouveau Monde par Colombo, découverte qu’ils avaient attribuée à Vespucci), le choix du vulgaire ne pouvait être douteux : l'erreur, comme toujours, demeura consacrée. Quelques esprits d'élite purent s'élever contre elle; mais l’impulsion était donnée, et comme toujours les moutons de Dindenault sautèrent après celui de Panurge, bêlant comme lui le nom d'Amérique, et ce nom répété par toute la gent moutonnière, devint général, exclusif et désormais indélébile#. »

Singulières raisons, bien faibles et insuffisantes, données par les trois savants qui ont le plus et le mieux étudié la question !

D'après ce qui précède, on peut dire que le nom d’Amerrique a été accepté, non à cause de Vespucci, mais malgré l’attribution que lui en a été faite par Jean Basin et ses associés du Gymnase vosgien.

Rectifiée moins de deux années après dans la contrefaçon

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