Martin Hylacomylus, p. 154 et
de Strasbourg, l'erreur de la fausse attribution à Vespucci de la découverte du Nouveau Monde n’a pas eu le temps de devenir une routine, suivant l'expression de d’Avezac '; qu'était-ce, en vérité, qu’un espace de deux années, à cette époque de communications difficiles, quand il n’y avait pas une seule carte imprimée qui porlât ce nom, et avec si peu d'exemplaires de la plaquette de Saint-Dié en circulation ? Parler de routine dans de telles conditions, c’est se payer de mots sans la moindre apparence de vraisemblance, Ce ne sont pas les savants qui ont imposé le nom d’Amerrique au vulgaire, car, avec les résistances de Schôner et d’autres, dès 1535, ce nom n'aurait été ni accepté, ni surtout maintenu; mais c'est que le nom était populaire et qu'il s’est imposé aux savants en venant du vulgaire.
Sur les bords du Rhin et dans l’Europe centrale en général, l'erreur de Basin a pu aider, dans de certaines limites, à propager le nom; mais en Espagne et en Portugal, à Gènes et à Venise®, le contraire a eu lieu. Dans tous les ports de mer on savait que Vespucci n’avait rien découvert du Nouveau Monde, où il n’était allé que dans la position subalterne de passager, de subrécargue ou de commissaire des vivres; et lorsqu'on en fut informé, — ce qui n’eut lieu que trente ans après, au moins, — l'opinion publique fut blessée de l'attribution qu’on lui faisait du nom vulgaire et généralement usité d'Amérique. Aussi dans tous les actes officiels, dans les Conseils des Indes, dans les Histoires