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CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Si l'on examine d'un coup d'œil et dans leur ensemble les phénomènes de loute sorte exposés clans ce mémoire, on les voit se grouper autour de trois d'entré eux, capitaux, corrélatifs, et directement essentiels à la génération des sons de la voix humaine.

Ces trois phénomènes, qui constituent ce qu'on pourrait appeler le trépied vocal,, sont :

La tension des ligaments vocaux, X occlusion de la glotte en arrière, et le courant d'air phonateur.

Ils sont essentiels et corrélatifs à ce point que, l'un d'eux venant à faire défaut, la phonation est impossible.

Je sais, et j'ai dit, que l'on peut obtenir des sons à l'aide de la tension et du courant d'air seulement, la glotte étant légèrement ouverte dans toute sa longueur ; mais je rappellerai que le résultat ainsi obtenu est presque de l'aphonie, et se borne à une série très limitée de sons tellement pénibles, qu'on les doit considérer comme en dehors de la phonation.

Je diviserai donc mes conclusions générales en trois paragraphes, affectés successivement à la tension des ligaments vocaux, à Y occlusion de la glotte en arrière, et au courant d'air phonateur, et je résumerai chacun de ces trois phénomènes au double point de vue du mécanisme qui les engendre, et des résultats issus de ce mécanisme.

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§ A. — Tension des ligaments vocaux, a. — Mécanisme générateur.

La tension des ligaments vocaux est à la fois antéropostérieure et latérale.

Les causes de la tension antéro-postérieure résident dans les cartilages cricoïde, thyroïde, aryténoïdes, dans les articulations de ces cartilages entre eux, et dans les muscles crico-thyroïdiens, et aryténoïdiens postérieurs.

En effet, les ligaments vocaux sont étendus entre le thyroïde et les aryténoïdes; mais comme les aryténoïdes sont fixés au cricoïde, qui les entraîne clansses mouve ments, c'est en réalité à l'aide du thyroïde et du cricoïde que s'opèrent les neuf dixièmes de la tension longitudinale.

L'articulation crico-thyroïdienne permet un mouvement de bascule par lequel le cricoïde se meut antérieurement de bas en haut vers le thyroïde, tandis qu'il entraîne en arrière par sa partie postérieure les aryténoïdes et les ligaments vocaux qui s'y attachent. De son côté, l'articulation crico-aryténoïdienne permet aux aryténoïdes des mouvements obliques d'avant en arrière et de dehors en dedans, qui déterminent également une traction antéropostérieure. "

Le muscle crico-thyroïdien, agissant de bas en haut, disposé en faisceaux d'inégale longueur, détermine, soit d'un seul coup, soit graduellement, le mouvement basculai rc du cricoïde.

De leur côté, les muscles aryténoïdiens postérieurs

attirent légèrement en arrière les aryténoïdes et l'attache postérieure des ligaments vocaux. Néanmoins il faut dire que, dans cette circonstance , ces muscles ont pour but principal de maintenir les aryténoïdes.

Les causes de la tension latérale diffèrent dans la région sous-glottique et dans la région ventriculaire des ligaments vocaux.

Relativement à la région sous-glottique, si l'on se rappelle que la membrane vocale est très solidement fixée au bord supérieur du cricoïde, que la traction longitudinale donne au bord libre des ligaments une certaine fixité, on comprendra comment la région intermédiaire à ces deux points, devenant convexe par la rigidité du faisceau plan thyro-aryténoïdien, subit une tension démontrée du reste par l'observation laryngoscopique.

La région ventriculaire est tendue de la manière suivante :

Les libres arciformes ou obliques internes du thyroaryténoïdien deviennent rectilignes de courbes qu'elles étaient, développent à la manière d'un éventail, et entraînent en dehors la membrane, fixée en dedans au bord libre des ligaments par le bord supérieur du faisceau plan, qui est tendu en longueur.

b. — Résultats.

1 " Les ligaments vocaux sont tendus en longueur et en largeur.

2° La tension en longueur et la tension latérale externe ou ventriculaire ont toujours lieu; la tension latérale in-

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terne ou sous-glottigue p6u\ disparaître, ét disparaîl en effel dans le registre de fausset.

3° La tension totale ou partielle met les ligaments en état de vibrer.

4° Comme elle peut être augmentée ou diminuée par gradations insensibles, elle permet aux ligaments d'engendrer tous les sons de la voix humaine . du grave à l'aigu, et réciproquement.

5° Elle peut, en augmentant et en diminuant, compenser pour sa part les effets de l'intensité ou de la faiblesse du courant d'air, et permettre l'accroissement ou la diminution de la force du son sur chaque degré de l'échelle vocale .

§ B. — Occlusion de la glotte en arrière, a. — Mécanisme générateur.

La glotte se ferme en arrière clans sa portion intercartilagineuse, et dans une certaine étendue de sa portion interligamenteuse.

L'occlusion de la glotte intercartilagineuse résulte à la fois de l'articulation des aryténoïdes avec le cricoïde, de la conformation des faces internes des aryténoïdes, el de l'action des muscles thyro-aryténoïdiens, cricô-aryténoïdiens latéraux et aryténoïdiens postérieurs.

L'articulation crico-aryténoïdienne permet aux aryténoïdes un mouvement oblique de dehors en dedans et d'avant en arrière, qui rapproche leurs bases, et un mouvement de rotation sur eux-mêmes, qui affronte graduellement leurs apophyses d'arrière en avant.

Les faces internes des aryténoïdes, légèrement convexes

de baut en bas, permettent à ces cartilages de s'affronter très intimement et graduellement, soit par le tiers inférieur, soit par les deux tiers supérieurs de ces mômes faces internes.

Les muscles thyro-aryténoïdiens et crico-aryténoïdiens latéraux produisent l'affrontement progressif.

Les muscles aryténoïdiens transverse et obliques déterminent l'affrontement tout à fait postérieur des aryténoïdes.

Si cet affrontement a lieu par le tiers inférieur des faces aryténoïdiennes internes, il est dû aux fibres horizontales inférieures du thyro-aryténoïdien, aux fibres internes et moyennes du crico-aryténoïdien latéral, et aux fibres inférieures de l'aryténoïdien transverse.

S'il a lieu par les deux tiers supérieurs des faces susnommées, il est produit par les fibres obliques internes et externes du thyro-aryténoïdien, par les fibres moyennes et externes du crico-aryténoïdien latéral , par les fibres moyennes et supérieures de l'aryténoïdien trausverse, par les aryténoïdiens obliques, et par le thyro-aryténoïdien grêle.

L'occlusion partielle de la glotte interligamenteuse est due aux fibres supérieures horizontales du muscle thyroaryténoïdien insérées sur le bord libre des ligaments vocaux.

b. — Résultais.

1° La glotte peut se fermer en arrière dans toute sa portion intercartilagineuse , et dans une certaine étendue de sa portion interligamenteuse.

2° Cette occlusion peut augmenter ou diminuer graduellement.

o° Elle augmente ou diminue l'étendue de la surface vibrante, et concourt ainsi à la production des sons graves ou aigus.

Il0 Elle peut, en augmentant ou en diminuant, compenser, pour sa part , les effets de l'intensité ou de la faiblesse du courant d'air, et permettre l'accroissement ou la diminution de la force du son sur chaque degré de l'échelle vocale.

5° L'affrontement progressif des aryténoïdes peut s'opérer tantôt par le tiers inférieur des faces aryténoïdiennes internes, ce qui a lieu dans le registre de poitrine, tantôt par les deux tiers supérieurs de ces faces, ce qui a lieu dans le registre de fausset.

c. — Courant d'air phonateur.

L'air attiré par l'inspiration clans la poitrine, et pousse avec une certaine force par l'expiration contre les ligaments vocaux, préalablement tendus, détermine le son vocal.

Je ne décrirai point ici le mécanisme respiratoire destiné à la phonation, attendu qu'il demande une étude actuellement étrangère à mon but.

Je me. contenterai d'en exposer les résultats :

1° Le passage d'un courant d'air ayant une énergie voulue, à travers les ligaments vocaux affrontés et tendusj es détermine à entrer en vibration.

2° L'accroissement d'intensité du courant d'air peut

concourir à l'élévation du son, en augmentant la tension des ligaments.

3° Pour un môme son, l'accroissement d'intensité du courant d'air détermine une tension moins forte des ligaments et une plus grande ouverture de la glotte en arrière.

k° Tendus en tous sens, les ligaments vibrent à la manière des membranes tendues en tous sens.

5° L'intensité du son et l'amplitude des vibrations sont pu raison directe de l'intensité du courant d'air.

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