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STRUCTURE DU LARYNX

Le larynx est formé de cartilages, de ligaments, de muscles , d'une membrane propre appelée membrane vocale, d'une membrane muqueuse, de glandes, veines, artères, vaisseaux lymphatiques et nerfs.

Pour les raisons exposées dans Pavant-propos, je négligerai complètement ici l'étude des glandes, artères, vaisseaux lymphatiques et nerfs.

Cartilages.

Les cartilages du larynx sont au nombre de quatre : Deux médians et symétriques, le thyroïde et le cricoïde ;

Deux latéraux, les cartilages arylénoïdes complétés par les cartilages de Sanlorini.

^ NOUVELLES RliClIEHCHES SUlt LA PHONATION.

A cette nomenclature il tant ajouter un iiiiio— cartilage médian et symétrique, Yépiglotte, et les petits noyaux fîbro- cartilagineux de Wrisberg.

Le cartilage thyroïde, dont les dimensions varienl suivant l'âge et le sexe, s'articule par arthrodie, à l'aide de ses petites cornes, avec le cartilage cricoïde, dont les dimensions sont proportionnelles à celles du thyroïde également, suivant l'âge et le sexe. Cette articulation ne permet que des mouvements de bascule d'avant en arrière, et d'arrière eu avant exécutés par le cricoïde.

Les cartilages aryténoïdes ont la forme d'une petite pyramide triangulaire qui doit être étudiée dans ses faces, sa base et son sommet. (Pl. II, fig, 1.)

La face postérieure, concave et unie, répond au muscle aryténoïdien postérieur, qui ne s'y iusère pas.

La face antéro-externe, convexe, est creusée de deux fossettes dont l'inférieure donne attache aux fibres obliques internes du thyro-aryténoïdien, et la supérieure aux ligaments thyro-aryténoïdiens supérieurs.

La face interne, recouverte par le tissu élastique de la membrane vocale qui y adhère fortement en arrière, moins fortement en avant, et par la muqueuse, est très légèrement convexe de haut en bas, surtout à la hauteur des apophyses antérieures. (Pl. II, fig. 1.)

La base s'articule avec le cartilage cricoïde.

De cette base naissent deux apophyses : l'une postérieure et externe, ayant l'apparence d'un tubercule; l'autre antérieure et interne, terminée par une extrémité mince, ténue, arrondie, très élastique, el pénétrant par la pointe dans l'épaisseur des ligaments vocaux.

ANATOMUi. 3

Le sommet est surmonté parles cartilages de Santorini inclinés en dedans.

Les cartilages aryténoïdes s'articulent avec le crieoïde par arthrodie, ou plutôt par une sorte d'emboîtement. (Pl. II, fig. 1.)

A cet effet, le cartilage cricoïde présente une facette oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dedans en dehors, oblongue et légèrement convexe en tous sens. De leur côté, les aryténoïdes offrent une facette elliptique, concave en tous sens, et croisant la première presque à angle droit. Cette disposition réciproque permet aux cartilages aryténoïdes d'exécuter trois sortes de mouvements : l'un d'arrière en avant et vice versâ, l'autre de rotation sur eux-mêmes, et un troisième de totalité, qui les rapproche.

Ce dernier peut avoir lieu de deux manières : ou bien les aryténoïdes s'affrontent énergiquement et d'un seul coup par toute la longueur de leurs apophyses, ainsi que l'a constaté M. Louget; ou bien leur rapprochement a lieu graduellement d'arrière en avant dans toute la longueur de leurs apophyses. De plus, grâce à la convexité de haut en bas de leurs faces internes, les aryténoïdes peuvent rouler l'un sur l'autre, et s'affronter, soit par les deux tiers supérieurs, soit par le tiers inférieur de leurs faces internes.

Ce mouvement, que je crois être le premier à signaler, est d'une importance très grande.

Ligaments*

Les articulations crico- thyroïdiennes sont assujetties chacune par deux ligaments : l'un supérieur et posté-

l\ NOUVELLES RECHERCHES SUR LA PHONATION.

rieur, l'autre inférieur et antérieur. — En avant, le thyroïde et le cricoïde sont unis par le ligament cricothyroïdien moyen, épais, plus large en haut qu'en bas, et formé par le tissu élastique répandu à profusion dans le larynx (Pl. HT, fig. 1). Les aryténoïdes sont unis au cricoïde par un ligament capsulaire très fort en dedans, très mince en dehors.

Mentionnons, en outre, les ligaments aryténo-épiglottiques.

Muscle».

Les muscles intrinsèques du larynx sont au nombre de neuf : quatre pairs et un impair.

Les muscles pairs sont : le crico- thyroïdien, le cricoaryténoïdien postérieur, le crico-aryténoïdien latéral, et le thyro-aryténoïdien .

L'impair est le muscle aryténoïdien postérieur.

Outre ces muscles signalés par les auteurs, j'ai constaté l'existence d'un faisceau musculaire, le plus souvent tics grêle, parfois très apparent, dont je dirai la disposition en parlant du muscle thyro-aryténoïdien.

Muscle crico-thyroïdien. — Ce muscle naît de presque toute la partie convexe du cartilage cricoïde. De là ses fibres se portent vers le thyroïde, en haut et en dehors, dans une direction d'autant plus oblique, qu'elles sont plus inférieures, et s'y attachent, partie sur son bord inférieur, partie sur sa face externe, la plupart sur sa face interne. Ce muscle est très puissant. (Pl. 111, fig. 1, el

pl. IV, fig- 2.)

Muscle crico-aryténoïdien postérieur. — Parti de la

dépression cricoïdienne postérieure, ce muscle dirige ses fibres en haut et eu dehors, les supérieures presque horizontalement, les moyennes obliquement, les inférieures presque verticalement. Toutes viennent aboutir au tubercule ou apophyse externe de l'aryténoïde, un peu audessus et en avant de l'insertion du crico-aryténoïdien latéral qu'elles recouvrent en partie. (Pl. III, fig. 2.)

Muscle crico-aryténoïdien latéral. — Situé dans l'angle rentrant formé par le cricoïde et l'aryténoïde, ce muscle s'insère, d'une part, sur le bord supérieur du cartilage cricoïde, entre la facette articulaire destinée à l'aryténoïde et le ligament thyro-cricoïdien moyen, ainsi qu'aux bords latéraux de ce ligament. De là ses fibres se dirigent, les externes, qui sont les plus longues, vers le tubercule ou apophyse externe de l'aryténoïde; les moyennes, plus courtes, vers la partie tout à fait inférieure de la cavité aryténoïdale, tout le long du bord antérieur delà facette articulaire, au-dessous de l'insertion des fibres obliques internes du muscle thyro-aryténoïdien ; les plus internes, enfin, vers la base de l'apophyse aryténoïde antérieure, près du ligament articulaire interne, où elles s'entrecroisent avec les fibres horizontales du muscle thyroaryténoïdien. Dans cette position, le muscle cricoaryténoïdien latéral est en rapport, dans son insertion aryténoïdale, en dehors avec les fibres obliques, en dedans avec les fibres horizontales du muscle thyroaryténoïdien. (Pl. IV, fig. \ et 2.J

Muscle thyro-aryténoïdien, — Ce muscle, dont la structure et les effets sont d'un haut intérêt dans l'étude de la phonation, demande une description minutieuse et

exception ti elle « — On m peut l'étudier complètement qu'à l aide de plusieurs pièces anatomiqucs.

Placé dans toute son étendue sous la membrane vocale, avec laquelle il a les rapports les plus intimes, il double les ventricules de Morgagni, et peut être poursuivi jusques au-dessus et en dehors des ligaments thvro-arvténoïdiens supérieurs. Les quatre cinquièmes de ses fibres s'étendent du thyroïde à Paryténoïde. Le reste, qui constitue ses fibres obliques les plus externes et antérieures, parti également du thyroïde, s'élève en dehors et en haut, formant les parois latérales du vestibule de la glotte. Ces fibres antérieures et externes rencontrent en chemin un petit faisceau musculaire qu'elles traversent obliquement; partie des fibres s'anastomosent avec ce faisceau, partie se prolongent en dedans de lui, jusque dans les replis aryténo-épiglottiques.

Le petit faisceau musculaire que je signale ici pour la seconde fois, et que j'appellerai thyro-aryténoïdien grêle, se rencontre en disséquant attentivement les fibres obliques externes du thyro-aryténoïdien, au moment où elles passent en dehors du ligament thyro-aryténoïdien supérieur, auquel le petit faisceau est adossé dans ses deux tiers postérieurs (Pl. IV, fig. 1). Né du bord externe de Paryténoïde, au-dessus du tubercule qui termine en bas ce bord, il va, en s' amincissant beaucoup, el en s'adi >ssant aux fibres obliques externes du thyro-aryténoïdien, se fixer à la face interne du thyroïde, vers les deux tiers supérieurs de cette face interne/ à peu de dislance de la ligne médiane. Cette Insertion, très difficile à constater au milieu d'un tissu graisseux très abondant. 96

l'ait au moyen d'une aponévrose extrêmement grêle.

D'après Santorini, on a considéré ce faisceau comme une prolongation des fibres de l'aryténoïdien oblique; ces fibres, il est vrai, recouvrent souvent le thyro-aryténoïdien grêle, mais, dans ce cas même, je l'ai toujours trouvé inséré au bord externe aryténoïdien, au-dessus de l'apophyse externe des aryténoïdes. en dehors de l'insertion des fibres obliques du thyro-aryténoïdien.

Revenons maintenant à ce dernier muscle.

Après avoir séparé le larynx en deux moitiés symétriques au moyen d'une coupe antéro-poslérieure ; après * avoir, sur l'une de ces moitiés, incisé, tout le long du bord supérieur du cricoïde, en dedans, la membrane vocale et la gaine fibreuse qui la double, si l'on relève cette membrane et sa gaine dans toute leur largeur, jusques et y compris le bord libre du ligament thyro-aryténoïdien inférieur ou ligament vocal, on aperçoit :

1* En avant, une partie de la face interne du muscle crico-thyroïdien.

2° Un peu plus en arrière, toute la face interne du muscle crico-aryténoïdien latéral.

3° Au-dessus, un troisième faisceau musculaire aplati, quadrilatère, concave dans sa longueur, et formé de fibres horizontales superposées. C'est la première des trois portions qui composent le thyro-aryténoïdien, et que j'appellerai faisceau plan, pour plus de clarté dans ce qui va suivre.

A. Faisceau plan. — Étendu de l'angle rentrant du thyroïde à toute la longueur du bord inférieur de l'apophyse aryténoïde, y compris l'extrémité ténue de cette

apophyse, ce faisceau présente une face interne, une face externe et quatre bords. (Pl. IV, fig. 2.)

La face interne, concave d'arrière en avant, regarde en bas et en dedans; elle est formée de fibres horizontales de plus en plus courtes à mesure qu'elles se superposent. En avant, elle est très peu adhérente à la membrane vocale, dont elle est quelquefois séparée par un tissu séreux ; mais elle s'y unit de plus en plus intimement, surtout en haut, à mesure qu'on approche de l'aryténoïde.

La face externe, convexe, tournée en haut et en dehors, est complètement cachée, sauf une petite partie de son extrémité postérieure, par les fibres obliques du muscle thyro-aryténoïdien (2e et 3e portions), qui s'anastomosent avec elle ou s'y accolent intimement. (Pl. V, fig. 3.)

Le bord antérieur ou thyroïdien, épais, vertical, est inséré à l'angle rentrant du thyroïde; il est composé de fibres pressées et superposées.

Le bord postérieur mince, oblique de bas en haut et

d'arrière eu avant, s'insère en dedans .du bord inférieur de l'apophyse aryténoïde, depuis le ligament articulaire interne, jusqu'à l'extrémité de la portion ténue de cette apophyse.

Ses insertions, enchevêtrées en bas seulement avec les insertions internes du crico-aryténoïdien latéral, ontlieupar faisceaux d'autant plus distincts qu'ils sont plus inférieurs, et quelquefois par des fibres aponévrotiques apparentes.

Le bord inférieur, horizontal, arrondi, épais en arrière, s'entrecroise près de l'aryténoïde avec les filtres internes du crico-aryténoïdien latéral, et forme avec ce dernier muscle un angle aigu en arrière, dans lequel on aperço'il

une partie de la face interne du crico-thyroïdien, et plus en avant l'épanouissement du ligament thyro-cricoïdien moyen. (Pl. IV, fîg. 2.) Ses deux tiers antérieurs sont intimement unis aux fibres oblicpies ; le tiers postérieur est libre, et c'est là que l'on peut apercevoir, en soulevant les fibres obliques, l'extrémité postérieure de la face interne du faisceau plan. (Pl. V, fîg. 3.)

Le bord supérieur est plus mince, légèrement arrondi. Dans le voisinage du thyroïde, il adhère peu ou pas à la membrane vocale ; à mesure qu'on le rapproche de l'extrémité ténue des aryténoïdes, l'adhérence devient plus étroite. Alors, en disséquant avec une extrême précaution, après une légère macération, et même sans cela, chez la plupart des sujets, on voit ce bord envoyer sur le ligament vocal des fibres de plus en plus courtes à mesure qu'elles sont plus supérieures, et disposées à la manière des barbes d'une plume. (Pl. IV, fîg. 2.)

Je dois dire que les fibres insérées à la membrane vocale ne sont pas également visibles chez tous les sujets; mais, sauf quelques exceptions rares, j'en ai toujours trouvé les traces.

Pour la dissection du bord supérieur du faisceau plan, et en général de tout le muscle thyro-aryténoïdien, il est indispensable d'avoir recours à la loupe.

J'arrive maintenant à la deuxième portion ou portion externe du muscle thyro-aryténoïdien.

Pour bien la voir, il faut détacher du cricoïde, en arrière, et renverser la moitié correspondante du cartilage thyroïde.

Cela fait, on aperçoit d'abord l'insertion au cricoïde

du erico-thyroïdien, qu'on a dû couper, puis la fftoe externe du crico-aryténoïdicn latéral, puis enfin une large surface musculaire trianguliforme , d'apparence fasciculée et très convexe en dehors. C'est la deuxième portion ou portion externe du thyro-arylénoïdien , que je désignerai, pour la clarté des études subséquentes, sous le nom de faisceau paraboloïde . (Pl. IV, fig. 1 et 2.)

B. Faisceau paraboloïde. — Les fibres de ce faisceau naissent toutes de l'angle rentrant du thyroïde, sur la hauteur de l'insertion du faisceau plan, et un peu sur le bord inférieur du même cartilage.

Parties de ce point, les inférieures ou internes, contournées en parabole irrégulière, marchent en dehors, côtoient en dedans les fibres inférieures du faisceau plan , avec lesquelles elles semblent se confondre dans leur quart antérieur, s'appliquent à la partie inférieure puis postérieure externe des ventricules de Morgagni, et vont se fixer au tubercule externe de l'aryténoïde, au-dessus du crico-aryténoïdien latéral, et au bord -externe du même cartilage, sous le Ihyro-aryténoïdien grêle, vis-à-vis de l'insertion des aryténoïdiens obliques, qui les recouvrent parfois d'un faisceau de prolongement. (Pl. IV, fig. J.)

Les fibres moyennes, issues de la môme origine, affectant la même forme, plus courtes, passant également sous les ventricules, viennent s'adosser aux fibres du thyroarylénoïdien grêle, se mêlent parfois très intimement avec elles, et se perdent dans les replis aryténo-épiglottiques. (Pl. IV, fig. i.)

Les fibres supérieures enfin, qui sont aussi les plus antérieures et les plus courtesj contournenl la partie auté-

rieure des ventricules , se fixent au thyronaryténoïdiei] grêlé } ou se pertlent vers l'épiglotte, eu formant une courbe soutenue quelquefois en avant par une petite lame fibreuse. (Pl. IV, fig. 1.)

La troisième portion du thyro-aryténoïdien, ou portion médiane, est située entre les deux autres. Je la désignerai sous le nom de faisceau médian ou arciforme. (Pl. V, fig, 4, 2 et 3.)

C. Faisceau médian ou arciforme. — Si l'on enlève avec un soin extrême, et la membrane vocale qui tapisse les ventricules de Morgagtii, et les tissus séro-graisseux sousjacents. on met à découvert une surface musculaire concave de dedans en dehors, triangulaire, qui regarde en dehorseten hautet dont labase occupe lacavité aryténoïde, depuis l'insertion du faisceau plan jusqu'au tubercule externe de l'aryténoïde exclusivement. (Pl. V, fig. \ et 2.)

D'un autre côté, si, après avoir coupé les insertions aryténoïdiennes des muscles crico-aryténoïdiens latéral et postérieur, et les ligaments articulaires crico-aryténoïdiens internes et externes, on renverse d'arrière en avant le cartilage aryténoïde, on aperçoit une deuxième surface musculaire convexe de dedans en dehors, triangulaire, et qui regarde en dehors et en bas. (Pl. V, fig. 3.)

Ces deux triangles plans, dont la base est fixée à la cavité aryténoïdale et dont le sommet est au thyroïde, forment les faces supérieure et inférieure d'une pyramide triangulaire, dont la face interne est adhérente, pour la plus grande partie, au faisceau plan.

Décrivons cette pyramide musculaire.

Li face supérieure ou ventriculaire, concave, regarde

on dehors et en haut, ayant sa base à la cavité aryténoïdale, son sommet au thyroïde. Parlant de Paryténoïde, ses fibres se comportent ainsi qu'il suit. Les plus internes viennent tomber à la manière des barbes d'une plume, un peu au-dessous et le long du bord supérieur du faisceau plan avec lequel elles s'anastomosent; les moyennes et les externes s'accolent intimement à ce bord supérieur qui les dépasse, de façon qu'on peut les suivre avec lui, mais non les enséparersans déchirure, jusqu'au thyroïde, où elles se fixent. Toutes sontconcaves en dehors et en haut; mais cette concavité, très sensible dans les fibres internes et surtout dans les moyennes, s'efface peu à peu dans les externes, qui sont à peu près rectilignes obliquement.

La face inférieure convexe regarde en bas et en dehors. Elle a même base et môme sommet que la précédente. Ses fibres plus grosses, fasciculées, laissent entre elles et le faisceau plan, près de l'aryténoïde, une séparation que j'ai toujours rencontrée, laquelle renferme du tissu adipeux, et quelquefois, chez les sujets vigoureux, constitue un petit espace triangulaire qui conduit en arrière jusque dans la cavité aryténoïdale. Plus loin, à peu près au niveau de la terminaison de l'apophyse aryténoïde, ces fibres s'accolent au faisceau plan, et môme s'anastomosent avec lui en arrière.

La face interne a même base et même sommet que les deux autres. Près de l'aryténoïde, elle est séparée plus ou moins de la face externe du faisceau plan, et laisse, quand on l'écarté, apercevoir une partie de cette face ex terne; ensuite elle adhère intimement à celte même face,

sur laquelle ses fibres tombent a la manière des barbes d'une plume.

La base remplit la cavité aryténoïdale, où elle est fixée au-dessus des insertions fasciculées du crico-aryténoïdien latéral, étendues, comme on le sait, tout le long de la facette articulaire. Le sommet est confondu avec les insertions au thyroïde du faisceau plan et du faisceau paraboloïde.

Le bord supérieur adhère au bord supérieur du faisceau plan, qui le dépasse dans toute sa longueur.

Le bord inférieur s'accole au bord inférieur du môme faisceau plan.

Le bord externe rectiligne, ou à peu près, est étendu depuis l'angle rentrant du thyroïde, jusqu'à la partie interne du tubercule externe de l'aryténoïde. 11 est souvent confondu avec les fibres paraboloides internes, et il faut une dissection très scrupuleuse pour le mettre en évidence. Cependant il ne saurait être considéré comme une fantaisie de scalpel, car je l'ai délimité très souvent, et une fois je l'ai trouvé incliqué par une ligne aponévrotique extrêmement ténue. (Pl. V, fig. 1.)

Tel est le muscle thyro-aryténoïdien, que l'on pourrait appeler triceps laryngien.

Il se compose, comme on le voit, de deux ordres de fibres : les unes sont horizontales et superposées ; les autres sont obliques, mais diffèrent entre elles par leur aspect, leurs rapports et leurs insertions ; ce qui m'a conduit à les diviser en deux portions séparables anatomiquement , et à attribuer trois portions distinctes au muscle thyro-aryténoïdien.

Quant aux appellations nouvelles dont je me suis servi, elles n'ont d'autre prétention que celle de jeter une plus

I f\ NOUVELLES RECHERCHES SUR LA PHONATION.

grande clarté sur mes énoneiationa anatomiques Ces énonciationssont pour moi d'une importance extrême, convaincu comme je le suis, que le thyro-arytéiwïdien joue le rôle le plus efficace clans la production des registres de poitrine et de fausset.

Muscle aryténoïdien postérieur. — Ce muscle, impair et symétrique, se compose de trois faisceaux : l'un profond, épais , transversal , connu sous le nom à' aryténoïdien transverse; et deux superficiels, croisés en sautoir, nommés par Eustachi, aryténoïdiens obliques. (Pl. III, fig. 2.)

Le transverse; épais, quadrilatère, s'étend du bord externe de l'un des aryténoïdes au bord externe de l'aryténoïde opposé. Ses fibres, d'autant plus longues qu'elles sont plus inférieures, se présentent sous l'aspect fasciculé commun aux muscles du larynx.

Les aryténoïdiens obliques sont parfois rudimentaires, et présentent de nombreuses variétés.

Une des plus importantes consiste dans la présence ou l'absence du faisceau de renforcement envoyé par eux au thyro-aryténoïdien grêle.

Souvent ils envoient des fibres aux ligaments aryténoépiglottiques; souvent aussi ces fibres manquent.

Quelquefois l'un d'eux est grêle et peu développé, tandis que l'autre possède son volume normal.

Cette dernière disposition existe chez moi.

Membrane vocale.

Ainsi (pie Tout constaté Lauth et Millier, le larynx es! pourvu en abondance d'un tissu élastique particulier qui forme la membrane vocale.

A.NATOMIE. 15

Lapins grande partie de ce tissu, dit Millier, naît de la moitié inférieure de l'angle du cartilage thyroïde, entre les insertions du thyro-aryténoïdien ; de là ses fibres rayonnent de haut en bas, obliquement d'avant en arrière, et même un peu de bas en haut, formant ainsi une membrane cohérente qui se fixe solidement à tout le bord supérieur du cartilage cricoïde, le point excepté où s'articulent les aryténoïdes. En cet endroit, les fibres élastiques s'insèrent à l'angle antérieur de la base des cartilages aryténoïdes et à leur bord antérieur.

La membrane radiante a trois faisceaux de renforcement, qui sont : le ligament crico-thyroïdien moyen, et les ligaments thyro-aryténoïdiens inférieurs; elle forme aussi les ligaments thyro -aryténoïdiens supérieurs. Ces ligaments supérieurs et inférieurs sont unis ensemble par une couche extrêmement mince de tissu élastique, qui tapisse le ventricule deMorgagni. (Pl. 11, fig. 2.)

Pour plus de clarté dans la description ultérieure des phénomènes laryngoscopiques, je diviserai la circonscription de la membrane vocale spécialement affectée à la génération du son, c'est-à-dire les ligaments vocaux ou thyro-aryténoïdiens inférieurs, en trois régions :

1° Une région profonde, ou sous-glottique , limitée en avant par l'angle rentrant du thyroïde , en arrière par une ligne qui continuerait en bas le bord antérieur des aryténoïdes , en haut par le bord des lèvres de la glotte, en bas par une ligne horizontale tendue entre l'articulation crico-aryténoïdienne et l'angle rentrant du thyroïde. (Pl. H, fig. 2 et 3.)

2° Une région ventriculaire, limitée en arrière par la

cavité aryténoïdale, en avant par un peu plus que l'étendue des insertions thyro-aryténoïdiennes, en dehors par une ligne oblique tendue entre la partie externe do la cavité aryténoïdale et un point du thyroïde situé à la hau • teur et un peu en dehors des insertions thyro-aryténoïdiennes, en dedans par les lèvres de la glotte. (Pl. Il, %. 2etZ|.) • ïjtfx

3° Un bord libre, placé à l'intersection des deux plans précédents, depuis l'apophyse arylénoïde jusqu'à l'angle rentrant du thyroïde, et formé par les lèvres de la glotte. (Pl. II, flg. 2.) .

Je constaterai ên outre que la région profonde ou sousglottique, concave, tournée en bas et en dedans, recouvrant le faisceau pian du thyro-aryténoïdieu, est la plus épaisse des trois ;

Que la région venlriculaire, concave, tournée en dehors et en haut, recouvrant le faisceau médian ou arciforme du thyro-aryténoïdien, est moins épaisse que la précédente, et s'amincit rapidement en dehors ;

Qu'enfin le bord libre, légèrement aplati vers l'apophyse aryténoïde, tourné en haut et en dedans, recouvrant le bord supérieur du faisceau plan thyro-aryténoïdien, tient, pour l'épaisseur, le milieu entre les deux autres régions.

A propos des ligaments vocaux, je dois signaler deux particularités anatomiques que j'ai constatées sur un très grand nombre de sujets. La première consiste dans la présence d'un petit noyau cartilagineux situé dans l'épaisseur du bord libre des ligaments au moment où ils vont se fixer au thyroïde. (Pl. IV, fig. 2.)

AN ATOMIi;. 17

La seconde, pks importante, consiste dans l'aplatissemeut très léger du bord libre, sur les extrémités ténues des apophyses. Cet aplatissement a la forme d'une petite facette triangulaire qui regarde en dedans et un peu eu haut, et s'accole pendant l'affrontement ligamenteux à une facette semblable du ligament oppose.

Muqueuse.

Adhérente par un tissu cellulaire très dense aux ligaments aryténoépiglottiques, et plus bas aux ligaments thyro -aryténoïd iens supérieurs, tapissant les ventricules, puis s'amincissant et adhérant fortement aux ligaments thyro^aryténoïdiens inférieurs, où elle se manifeste par sa transparence, la muqueuse est recouverte dans toute son étendue, sur les ligaments vocaux, par un épithélium vibratile.

uôsuiiu' «les obâervatious anatomlquet*.

De l'ensemble des recherches apatomiques qui précèdent, il résulte trois ordres de faits principaux.

A. Relativement aux cartilages, on constate :

1 Que le cricoïde et le thyroïde sont articulés de façon il déterminer de la part du cricoïde un mouvement de bascule qui tend ou relâche les ligaments vocaux ;

2° Que la facette articulaire commune au cricoïde et aux aryténoïdes permet a ces derniers des mouvements d'avant en arrière, et réciproquement, des mouvements d écartemenl ou de rapprochement, enfin des mouvements de rotation sur eux-mêmes ;

3° Que la face interne des aryténoïdes, très légèrement

convexe do haut eu bas, permet ïi ces cartilages de s'écarter ou de se rapprocher alternativement par leurs bases et par leurs sommets;

a0 Que les mouvements d'avant en arrière et de rotation des aryténoïdes, se combinent tour à tour avec ceux de rapprochement et d'écartement.

Grâce à cette combinaison, lorsque les aryténoïdes se rapprochent, ils peuvent entrer en contact graduellement depuis la base jusqu'au sommet de leurs apophyses; d'où il suit que pour ce contact gradué, le sommet des susdites apophyses exécute un mouvement oblique d'arrière en avant, de dehors en dedans et de haut en bas. De plus, grâce à la convexité de haut en bas des faces internes aryténoïdiennes, les aryténoïdes peuvent s'affronter graduellement en avant, soit par le tiers inférieur, soit par les deux tiers supérieurs de ces mômes faces internes.

Outre ce qui a rapport aux mouvements des cartilages, constatons :

Que les apophyses aryténoïdes, peu développées avant la mue, acquièrent pendant cette époque des proportions relativement très grandes, et continuent à se développer jusqu'à un âge variable, mais qui ne dépasse guère vingtdeux ans ;

Que ces apophyses, courtes et peu volumineuses chez la femme et l'enfant, sont plus développées et plus longues chez l'homme, surtout si la voix de ce dernier est étendue et puissante;

Qu'enfin leur extrémité antérieure, plus ou moins ténue, plus ou moins allongée chez les divers sujets, el enfoncée, comme par une gomphose incomplète, dans les

A.VVIOMII.. 19

ligaments vocaux, possède une élasticité très graode qui diminue avec l'âge.

B. Relativement aux muscles, on est frappe tout d'abord de leur aspect général.

Quatre sont disposés en éventail ; ce sont : le crico-thyroïdien, le crico-aryténoïdien postérieur, le crico-aryténoïdien latéral, et le tliyro-aryténoïdien dans sa portion oblique.

Tous sont plus ou moins d'apparence fasciculée, sinon dans leurs surfaces, au moins dans leurs insertions.

Cette disposition en faisceaux de longueur inégale et graduée est très apparente dans le crico-thyroïdien, le crico-aryténoïdien latéral, , le crico-aryténoïdien postérieur, l'aryténoïdien oblique et transverse, et la portion oblique du thyro-aryténoïdien; l'insertion du crico-aryténoïdien latéral depuis le tubercule externe, tout le long de la cavité aryténoïde, la possède manifestement. Quant à la portion interne ou horizontale du muscle tbyro-aryténoïdien que j'ai désigné sous le nom de faisceau plan, elle s'insère par faisceaux très distincts à la loupe, tout le long et en dedans du bord inférieur de l'apophyse aryténoïde et jusque sur la membrane vocale.

Eu égard au muscle thyro-aryténoïdien, on doit convenir que sa structure est une des plus singulières et des plus remarquables de la musculature humaine.

Moteur évident des aryténoïdes, il contracte en même temps d'intimes alliances avec les ligaments vocaux dans leurs régions glottique, sous-glottique et ventriculaire.

Sa division en fibres horizontales ou internes, et fibres obliques ou externes de deux ordres, lesquelles peuvent agir ensemble ou séparément, est d'un intérêt considérable

■sU NOUVELLES RECHERCHES SUR LA PHONATION.

et qui sont démontré par l'observation laryngoseopique.

Je dois dire ici que les variétés et les anomalies sont fréquentes dans l'armature musculaire du larynx, bien que les types décrits par moi soient ressortis identiques de nombreuses dissections. Mais cela n'étonnera personne, si l'on veut réfléchir aux étonnantes variétés que présente la voix humaine chez chaque individu, soit dans l'étendue, soit dans l'ampleur, soit dans la justesse, soit enfin dans la production des registres de poitrine et de fausset.

d Relativement a la membrane vocale, il résulte qu'elle présente sur toute l'étendue des ligaments thyro-aryténoïdiens inférieurs j une apparence et des propriétés qu'elle n'affecte nulle part; qu'elle y est douée d'une élasticité considérable, et revêtue d'un épithélium vibratile tellement apparent, qu'on peut dans certains cas l'apercevoir, presque isolé, dans l'angle rentrant formé par le bord supérieur de l'apophyse aryténoïde, et le bord antérieur du cartilage lui-même; qu'enfin, elle est peu adhérente jusqu'au tiers postérieur des apophyses aryténoïdes et très solidement fixée à ce tiers postérieur. Son adhérence, en général, est de plus en plus forte d'avant en arrière.

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