‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 10 sur 35 · Fusée à fourreau · texte numérisé non relu

Fusée à fourreau

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bande puisse faire trois ou quatre révolutions. On colle cette bande sur le cartouche; on met aussi de la colle sur le bord du papier dans toute la longueur de la gaine. Afin que cette espèce de tube soit fermé sur le côté, on colle en outre une bande étroite de papier mince sur la jonction, afin que le fourreau ne puisse pas se disjoindre ni se séparer de la fusée. Lorsque la colle est sèche f on met la garniture de la même manière, avec la même quantité de composition qu'on a mise dans le pot à chapiteau. On met sur la garniture un tampon de papier, afin de la maintenir; puis on lie le haut du fourreau avec du gros fil, de manière à ce que la composition ne puisse pas sortir.

Cette méthode de terminer les fusées est beaucoup plus simple et produit le même effet.

Fusées à plusieurs vols.

On pourrait faire des fusées à plusieurs vols et des fusées multipliées; ces pièces sont d'une exécution difficile , réussissent rarement , et ne produisent pas un effet en rapport avec l'embarras que donne leur confection. Les auteurs qui donnent la manière de faire ces sortes de fusées indiquent des proportions qui sont en désaccord avec les principes qu'ils ont posés eux-mêmes;

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par exemple, ils fixent le poids de la garniture d'une fusée ordinaire au tiers de sa pesanteur, et ils disent que les petites fusées, que doit enlever la grosse, ne doivent peser, garnitures et baguettes comprises, qu'une fois un quart le poids de la grosse. H y a probablement erreur ; car il s'ensuivrait que, si une grosse fusée peut porter une fois un quart son poids de petites, toutes les fusées pourraient enlever des garnitures d'une fois un quart leur poids , ce qui me parait exorbitant.

Fusées à parachute.1

Cette espèce de fusée ne produit réellement un bel effet que lorsqu'on en tire plusieurs à la fois. Si on n'en voit qu'une seule isolée, l'effet en est médiocre ; cela a l'air d'une étoile qui s'est égarée. La flamme ne paraît guère plus volumineuse que celle des autres étoiles ; la durée de sa combustion étonne peut-être plus qu'elle ne plaît. On en fait qui changent plusieurs fois de couleur; c'est le moyen de les rendre un peu plus remarquables ; maïs on éprouve cependant une sorte de déception en ne voyant sortir d'une grosse fusée qu'une seule étoile, au lieu que, si on en voit plusieurs à la fois de différentes couleurs, on est surpris et la vue est flattée agréablement. Un

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bouquet composé seulement de 24 ou 30 fusées à parachute produit un charmant effet. Il serait superflu de faire les flammes changeantes, puisque le bouquet est composé de flammes de diverses couleurs.

La confection des fusées à parachute est un peu plus compliquée que celle des fusées ordinaires à garnitures. Le cartouche de la fusée ne diffère en rien; il est chargé de la même manière et a les mêmes proportions ; il n'y a que le pot qui soit différent ; il est cylindrique et doit être un peu plus gros et un peu plus long que ceux des fusées ordinaires. Par exemple, pour une fusée de 27 millimètres de diamètre , il devrait avoir 64 millimètres de diamètre et de longueur, à peu près celle du cartouche de la fusée. On étranglerait ce pot dans le bas, afin que le haut de la fusée y entrât un peu serré; on collerait et on assujettirait solidement ce pot sur la fusée. La flamme colorée est produite par une grosse lance de 3 centimètres de diamètre et de 8 centimètres de longueur. Le tube doit avoir de la consistance, afin qu'on puisse le charger assez ferme ; on lui donne en épaisseur trois révolutions de papier collé. On le roule sur un mandrin de la grosseur voulue , c'est-à-dire de 3 centimètres de diamètre; on le culasse ou on le ferme d'un bout avec une rondelle en bois de 4 millimètres

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d'épaisseur et d'un diamètre à pouvoir entrer un peu serré dans le tube ; on le fixe en clouant sur le tube trois ou quatre petits clous qui doivent en même temps pénétrer dans la rondelle en bois. On charge ce tube, avec la composition qui produit la couleur qu'on désire, jnsqu'à une hauteur de 6 à 8 centimètres, suivant la vivacité de la composition ; on met à l'orifice du tube de la pâte d'amorce dans laquelle on fait entrer deux ou trois petits brins de mèches. Si la lance avait un excédant de longueur, on la couperait au niveau de la pâte d'amorce.

On fait une espèce de capsule en carton ayant la forme d'un couvercle de boîte ; cette capsule aurait 3 centimètres de hauteur, et sa grosseur serait d'un diamètre à pouvoir entrer juste dans le pot de la fusée. On fixe cette capsule sur le haut du tube (grosse lance) avec un petit piton à vis, ayant dans le haut un anneau qui traverse l'épaisseur du carton et qui doit aussi entrer au milieu de la petite rondelle en bois qui ferme le haut du tube. L'anneau du piton à vis est destiné à recevoir une petite ficelle qu'on attache à l'anneau, et sur laquelle sont réunis et attachés huit fils qui sont répartis et fixés sur la circonférence du parachute. Ce parachute est formé par un disque en jaconas ou de tout autre tissu flexible et léger d'un mètre de diamètre. Les huit fils doivent

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avoir à peu près 1 mètre 50 millimètres de longueur ; on les réunit et on les attache à la petite ficelle qui est attachée à l'anneau du piton. On fait au milieu du parachute (disque en jaconas) un petit trou de 1 centimètre au plus de diamètre. Ce trou donne une issue à l'air et empêche le parachute de chavirer. Je propose, afin d'éviter que le feu ne prenne aux fils et au parachute, de les tremper dans une dissolution concentrée de phosphate d'ammoniaque. Cet ingrédient est hygrométrique, mais en le prenant avec excès d'acide il Test très-peu. Lorsque le parachute serait sec, on attacherait la petite ficelle à l'anneau du piton; on mettrait au fond du pot, sur 4e massif de la fusée, 4 grammes de grosse mèche pour servir de chasse, ou 3 grammes de grosse poudre. On ferait entrer la capsule et le tube, dont le bout amorcé devrait porter sur la chasse; on plierait les fils et le parachute de manière à ce qu'ils pussent se développer facilement au moment de l'expulsion du pot. On tasse le parachute dans le pot et on le recouvre d'une rondelle en carton. Si le pot dépassait le parachute, on couperait cet excédant; on terminerait en mettant un cône en carton , comme on le fait pour les autres fusées. Pour lancer un bouquet de fusées à parachute , je conseille de se servir de fusées à baguettes minces et courtes-, au bas desquelles

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on met de petites ailes en carton. Ces baguettes n'augmentent presque pas le poids des fusées, ce qui permet de mettre beaucoup de garniture. Les tire-fusées qui leur sont appropriés sont trèssimples et conviennent pour tous les calibres. 11 ne serait pas très -embarrassant d'avoir le nombre suffisant de ces tire-fusées pour pouvoir lancer 24 ou 30 fusées à parachute à la fois.

Les fusées à parachute de 18 millimètres de diamètre seraient dans des proportions analogues ; la lance n'aurait que 2 centimètres de diamètre et S centimètres de longueur , la capsule 2 centimètres de hauteur et 4 centimètres et demi de diamètre , le parachute 60 centimètres de diamètre, huit attaches en fil de 68 centimètres de longueur, la chasse 2 grammes de grosse mèche.

On fait des fusées à parachute dont le pot, au lieu d'être cylindrique , est conique. J'ai examiné une de ces fusées qui était de 18 millimètres de diamètre. En voila les proportions.

Le pot est de forme conique et d'une hauteur totale de 14 centimètres; le diamètre intérieur du haut de ce pot a 4 centimètres 3 millimètres, et le bas de ce pot a un diamètre intérieur qui permet de pouvoir entrer, un peu serré, le haut de la fusée, qui doit y pénétrer d'à peu près 1 centimètre. On colle des bandes de papier sur la

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jooctîon , afin d'assujettir solidement ce pot sur la fusée. La lance qui contient la composition destinée à produire la flamme colorée a 3 centimètres S millimètres de longueur et 3 centimètres de diamètre. Cette lance a trois révolutions de papier collé ; elle est amorcée, par le bout qui doit prendre feu, avec de la pâte d'amorce dans laquelle sont entrés deux ou trois petits bouts de mèche. Le haut de la lance est fermé avec une petite rondelle en bois qu'on enduit de colle forte et qui entre serré dans le haut de la lance. Sur cette lance est fixée une rondelle en carton, dans le milieu de laquelle on entre un petit piton à vis et à anneau qui doit également pénétrer de 2 à 3 millimètres dans la rondelle en bois qui culasse le haut de la lance. Le parachute, qui est en jaconas, a 50 centimètres de diamètre; à la circonférence sont attachés huit fils qui ont une longueur de 60 centimètres. On réunit ces huit fils, qu'on entre dans l'anneau du piton et que Ton noue. La chasse se met à nu au fond du pot, sur le vide qui se trouve au-dessus du massif de la Aisée ; elle se compose de 2 centigrammes de poudre de guerre. On entre la lance dans le pot, dont le bout amorcé doit porter sur la chasse. La rondelle en carton qui est fixée sur le haut de la lance doit avoir un diamètre calculé de manière que, lorsque la lance touche au fond du pot,

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cette rondelle entre un peu serrée dans le pot, qui est cylindrique. Les ûls qui sont attachés au piton de cette rondelle, et qui tiennent au parachute, doivent être plies avec précaution, ainsi que le parachute, afin qu'il puisse se développer en sortant du pot On met sur la rondelle en carton un doigt de haut de gros son ou de sciure de bois ; on entre le parachute dans le pot et on le foule sur la rondelle. S'il y avait du vide dans le pot, on le remplirait avec du papier chiffonné; puis on collerait un cône en carton sur le haut du pot, et la Aisée serait terminée.

Fusées à ailes.

On a cherché pendant bien longtemps les moyens de diriger les fusées volantes sans baguettes. Les anciens auteurs ont proposé divers expédients, la plupart inexécutables , parmi lesquels cependant se trouve celui d'adapter aux fusées des ailes en carton, afin de les maintenir en équilibre pendant leur vol; mais ils ne donnaient pas les moyens d'application. Il est probable que leurs essais n'auront pas été heureux ; l'hésitation avec laquelle ils présentent ce système prouve qu'ils n'y avaient pas beaucoup de confiance euxmêmes. Toutefois , nous devons leur savoir gré de nous avoir transmis leurs idées, puisque, plus

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tard, elles devaient faire naître un mode réellement applicable, d'une exécution même assez facile. 11 était réservé à un amateur (M. Vaillant, de Boulogne-sur-Mer) de résoudre le problème. C'est une heureuse découverte; avec ce mode de diriger les fusées, on ne craindra plus la chute des baguettes, qui occasionnait beaucoup d'accidents.

On peut se servir de l'ancien système pour les petites fusées jusqu'au diamètre de 18 millimètres : les baguettes des fusées de cette grosseur ne sont pas assez lourdes pour que leur chute soit dangereuse. Le nouveau mode n'a d'utilité que pour les fusées d'intervalles, dites fusées dhonneur. Pour tirer les bouquets ou girandes qui terminent ordinairement les feux d'artifice, on est obligé de se servir de fusées à baguette. La quantité prodigieuse qu'il faudrait de conducteurs rend impraticable, dans cette circonstance, l'emploi des fusées à ailes.

Les cartouches des fusées à ailes se moulent et se chargent de la même manière que ceux des fusées a baguette; il n'y x de différence que dans la proportion du pot qui est destiné à contenir la garniture. Ce pot doit être en carton mince; son diamètre intérieur doit être de la grosseur du diamètre extérieur du cartouche, de manière a ce que le cartouche puisse entrer dedans. Ce pot est une espèce de second cartouche, mais plus mince. Le

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cartouche doit entrer d'à peu près 27 millimètres dans le pot. Le bout de ce pot doit être entaillé tout autour avec des ciseaux. Ces entailles peuvent avoir 14 millimètres de long; elles rendent plus flexible le bout du pot, qui, après avoir été enduit de colle en dedans, doit s'appliquer parfaitement sur le cartouche. On le fixe solidement en faisant plusieurs tours avec du gros fil sur la jonction ; on recouvre la ligature en collant dessus une bande de papier. La longueur du pot, sans comprendre la portion qui croise sur le cartouche, doit être égale à celle du cartouche; ce qui double sa longueur. Ainsi , une fusée dont le cartouche aurait 18 centimètres de longueur en aurait 30 avec son pot. Cette espèce de fusée peut enlever plus de garniture que les fusées ordinaires, puisqu'elle n'a pas à porter le poids de la baguette.

On peut mettre en garniture au moins la moitié ou les trois quarts du poids du cartouche (pesé sans le pot). On introduit dans le pot deux ou trois brins de mèche, qui doivent porter sur le massif de la fusée et aller jusqu'au haut du pot. On met la garniture en maintenant droit, au milieu, les brins de mèche, afin que le feu puisse prendre presque en même temps dans toute la longueur du pot. On verse sur la garniture, par le haut du pot, deux cuillerées de flamboyure (composition de fusée volante mêlée d'un huitième de poudre en

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grains), qui est destinée à enflammer la garniture et à la chasser du pot. On met sur la garniture, pour l'empêcher de ballotter, un tampon de papier chiffonné ; puis on colle un petit chapiteau, comme aux autres fusées. Il y a trois ailes à chaque fusée : ce sont des morceaux de carton coupés en triangle, dont la largeur, à la base, doit avoir un diamètre trois quarts de la grosseur totale de la fusée, c'est-à-dire que , si le diamètre extérieur de la fusée est de 27 millimètres, les ailes auront 47 millimètres dans la partie la plus large. La longueur de chaque aile égalera précisément la longueur totale du cartouche, sans y comprendre le pot. Les ailes ne doivent pas porter sur la partie du pot qui contient la garniture, mais seulement sur toute la longueur du cartouche de la fusée. Cependant , comme le cartouche entre d'à peu près 27 millimètres dans le pot, on conçoit que le bout des ailes devra aussi porter de 27 millimètres sur la partie du pot qui croise sur le cartouche, mais sans dépasser néanmoins la longueur du cartouche, y compris la portion qui se trouve placée sous le pot.

Pour faire ces ailes, on prend du carton de quatre feuilles; on coupe les triangles de la grandeur convenable, en donnant à chaque triangle une largeur en plus d'à peu près 7 millimètres. Cet excédant de largeur est destiné à coller l'aile sur la

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fusée. Il faut six triangles pour chaque fusée, chaque aile étant composée de deux bandes de carton collées Tune sur Vautre. Lorsqu'on a coupé la quantité de triangles dont on a besoin , on enduit décolle une des surfaces d'un triangle, moins les 7 millimètres d'excédant de largeur dont il est parlé plus haut. On pose un second triangle sur le premier, et on serre ces deux bandes de carton entre deux petites planchettes qui doivent être un peu plus larges et un peu plus longues que les triangles. On fait des coches à une des extrémités de chaque planchette, et on les lie fortement avec de la ficelle. Cette ligature fait charnière et permet aux planchettes de s'ouvrir d'un bout, sans se disjoindre de l'autre. Ce petit instrument est simple et très-commode ; il fait l'office d'une presse. On place les deux triangles entre les planchettes , de manière à ce que les 7 millimètres excédants, destinés à être collés sur le cartouche, saillissent et soient en dehors des planchettes. On serre avec la main l'extrémité des deux planchettes opposées à la ligature ; celte pression unit et colle les deux morceaux de carton, qui alors n'en forment plus qu'un seul ; on ouvre, en appuyant et en frottant ferme, la partie saillante des deux triangles, avec un rouleau en bois, de manière à ce qu'une partie saillante d'un triangle soit rabattue à droite, et que l'autre partie saillante du second triangle soit

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rabattue à gauche. C'est cette surface aplatie de l'aile qui sera collée sur le cartouche. L'aile, après cette opération, est terminée ; on la retire d'entre les planchettes, et on la met sécher. On procède de la même manière pour toutes les ailes. On peut employer un autre moyen pour faire les ailes ; on prend du carton de huit feuilles (au lieu de quatre); on coupe les triangles de la dimension convenable , en laissant toujours un excédant de largeur de 7 millimètres ; on dédouble cet excédant , que Ton relève à droite et à gauche, et qui est destiné à être collé sur le cartouche. Ce procédé est peut-être plus simple, mais les ailes sont un peu moins régulières.

II est essentiel que les ailes soient placées droites sur la fusée, et que l'intervalle entre chacune soit rigoureusement le même. En voilà la raison. Pour lancer une fusée, on la met dans un conducteur triangulaire; les ailes sortent, en dehors du conducteur, par des ouvertures qui se trouvent placées à chaque angle et qui régnent dans toute rétendue du conducteur. Si les ailes étaient irrégulièrement placées, elles seraient gênées dans les ouvertures et la fusée ne pourrait pas sortir du conducteur.

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Moyen de placer droit et à intervalles réguliers les ailes sur les Tusées.

Un amateur de mes amis, M. Mercier, d'Àlençon , a imaginé un moyen simple de placer avec précision les ailes sur la fusée. Ce moyen consiste à fixer sur une planche unie une broche en bois précisément de la même forme que la broche en fer sur laquelle on a chargé la fusée. Cette broche doit être un peu moins longue et un peu plus mince, afin qu'elle puisse entrer facilement dans le cartouche. Cette fausse broche sert à maintenir la fusée dans une position verticale. On trace sur la planche, en partant du point de centre sur lequel est posée la fausse broche , trois traits ou rayons qui ont entre eux une égale distance. Pour se faire une juste idée de ces trois lignes, on peut supposer un cercle dont on a divisé la circonférence en trois parties égales,. et sur lequel, en posant une règle sur le point de centre et successivement sur chacun des trois points de division de la circonférence, on aurait tiré trois lignes. (Voir la figure qui représente ce cercle ainsi divisé.)

Après avoir fixé la fausse broche sur la planche au milieu du cercle décrit ci-dessus et posé la fusée sur cette broche, on enduit de dextrine ou de

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colle de farine la partie de l'aile qui a été dédoublée et rabattue. On tient l'aile dans une position verticale et le plus droit possible, en posant le bas sur une des lignes tracées sur la planche ; c'est cette ligne qui sert de guide pour poser l'aile sur la fusée à la place qu'elle doit avoir. On la colle le plus droit possible, en observant que le bas de l'aile ne se dérange pas et pose toujours sur la ligne. On colle de la même manière les deux autres ailes en les posant sur les autres lignes; on colle dans chaque intervalle des ailes , sur toute la longueur du cartouche, des bandes de papier qui assujettissent les ailes et les empêchent de se déranger. (Voir le dessin d'une fusée à ailes avec son pot et le chapiteau, etc., page 165.)

Conducteur triangulaire pour lancer les fusées à ailes.

Cet instrument est la principale cause de l'ascension des Aisées à ailes. Les anciens artificiers n'ont échoué, dans les tentatives qu'ils ont faites pour lancer des Aisées avec des ailes, que parce qu'ils ne donnaient pas une dimension convenable aux conducteurs dont ils se servaient; ils les faisaient beaucoup trop courts ; les fusées, en sortant de ces tubes, serpentaient et ne s'élevaient pas, au lieu qu'en parcourant l'espace d'un long conducteur les fusées reçoivent une direction qu'elles

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conservent en sortant du tube, et arrivent, en suivant une ligne droite, au terme de leur course. Plus les tubes auront de longueur, et plus on sera certain que les fusées monteront droit. On est obligé cependant, pour que les conducteurs ne soient pas trop embarrassants dans le transport, de s'arrêter à certaines limites ; 2 mètres ou 2 mètres un quart , pour les plus grosses fusées , sont une longueur suffisante, et c'est celle dont on se sert généralement.

Trois planches d'égale largeur, de 2 mètres de long , composent le conducteur , qui , par conséquent, a une forme triangulaire. La largeur des planches détermine la capacité du vide intérieur. Ce vide doit être proportionné à la grosseur des fusées que l'on destine à être lancées dans le conducteur; elles doivent pouvoir glisser facilement, sans cependant balotter. Les planches ne doivent pas porter les unes sur les autres; il doit y avoir entre elles un intervalle qui règne dans toute la longueur de cette espèce de tuyau ; cela forme trois rainures qui sont destinées à servir de pas* sage aux ailes. Ces intervalles doivent avoir une ouverture un peu surabondante, afin que les ailes ne soient pas gênées et puissent glisser librement. Ces trois planches sont maintenues, en conservant entre elles l'intervalle utile pour le passage des ailes, par quatre traverses en bois, ou plutôt

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quatre enveloppes triangulaires. (Voir plus loin le dessin de ce triangle.)

Ces quatre triangles sont vissés de distance en dislance sur le conducteur et lui servent de liens. Les conducteurs pour les grosses fusées doivent être formés avec des planches plus épaisses que pour ceux destinés aux petites fusées, non parce qu'ils ont besoin de plus de solidité, mais parce que des planches plus épaisses nécessitent des liens triangulaires plus grands , ce qui laisse entre chaque pointe du lien triangulaire et la rainure un espace plus grand qui permet aux ailes, qui sont nécessairement plus larges, de pouvoir passer sans toucher au fond de la pointe du triangle. Il y aurait un moyen cependant d'obtenir un plus grand espace vide dans chaque angle du conducteur, sans être obligé de donner plus d'épaisseur aux planches: ce serait de visser sur chaque planche , à la place où doit poser le lien triangulaire, un petit bout de tringle en bois qui formerait., sous les quatre liens seulement (mais sur les trois faces, puisqu'il y a trois planches), l'épaisseur que Ton désirerait, sans augmenter sensiblement le poids du conducteur. On fixerait les liens triangulaires avec des vis qui entreraient alors dans l'épaisseur des petits bouts de tringles déjà vissés sur les

planches. Une des trois planches doit être plus

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longue que les deux autres d'environ 649 millimètres; cet excédant de longueur est destiné à placer le ressort qui soutient la fusée lorsqu'on Fa introduite dans le conducteur. Ce ressort, qui est à l'entrée du conducteur, cède lorsqu'on le pousse en arrière, et revient présenter un point d'appui a la fusée qu'on a introduite dans le conducteur. Le ressort est formé d'un seul morceau de fil de fer d'à peu près 2 mètres de long ; sa grosseur n'est pas déterminée ; on jugera facilement celle qui conviendra pour les différentes grosseurs de fusées; il suffît qu'il ait assez de force pour que l'effort de la fusée, lorsqu'elle s'enlève, ne le fesse pas plier ; il n'y a pas d'inconvénient, d'ailleurs, à le choisir un peu gros. On concevra plus facilement la forme et la manière dont est posé ce ressort, en se figurant le conducteur dressé perpendiculairement, la surface de la planche la plus longue appuyée contre un mur, et le bout le plus long de cette mémo planche posé à terre. On placerait horizontalement le fil de fer derrière la planche, le milieu du (il de fer Rappliquant sur cette surface de la planche k 2 ou 3 centimètres plus bas que l'entrée du conducteur. On ramènerait en avant les deux bouts de fil de fer qui se trouveraient plies sur l'épaisseur des deux côtés de la planche; on couderait ces deux bouts de fil de fer de ma-

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nière à laisser en saillies horizontales deux espèces de mentonnets sur lesquels doivent poser deux ailes de la fusée ; ces deux mentonnets auraient une longueur égale au diamètre de l'entrée du conducteur. Les deux bouts de ûl de fer, à partir des points où on a formé les coudes , c'est-à-dire des bouts des mentonnets, descendraient alors perpendiculairement. On tournerait en spirale leur extrémité, afin qu'ils fussent élastiques, et on fixerait les deux spirales sur chaque côté de l'épaisseur de la planche avec une vis qu'on placerait au milieu de chaque spirale. Pour placer la fusée, il s'agit simplement, comme je l'ai dit plus haut, de pousser les deux menton nets du ressort en arrière ; lorsque la fusée est introduite dans le conducteur, on cesse d'appuyer sur les mentonnets; ils reviennent alors en avant, servent de point d'appui à la fusée, dont deux ailes posent dessus. Les deux mentonnets ne peuvent pas venir en avant plus qu'il ne convient, étant arrêtés par la partie du fil de fer placée derrière la planche.

On visse aux trois quarts à peu près de la hauteur du conducteur, derrière la planche la plus longue, un piton qui est destiné à entrer dans un clou à crochet fixé à un poteau à une hauteur convenable pour que Ton puisse mettre le feu aux fusées sans être obligé de se baisser.

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(Voir les dessins de toutes les pièces qui concernent le conducteur triangulaire destiné à lancer les fusées à ailes.)

Dessins qui concernent Us fusées.

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