Bout d'un conducteur triangulaire vu de lace
5. Mentonnet ou partie du ressort placé au-dessous du vide du conducteur triangulaire. (Voyez page suivante.)
Digiti
zedby G00gle
Fusées à baguette très-mince et courte, avec trois petites ailes en carton au bas de la baguette.
Ces fusées portent presque autant de garniture
Digiti
iW DES FEUX
que les fusées à ailes que l'on place dans les conducteurs triangulaires; elles montent verticalement, et on n'a besoin que d'un seul tire-fusée pour presque tous les calibres. On fait les petites baguettes très-minces ; on leur donne seulement la consistance nécessaire pour qu'elles ne fouettent ou ne vibrent pas trop lorsque la fusée s'enlève. Leur longueur doit être trois fois celle de la fusée, en la mesurant sans le pot. Les ailes doivent être a peu près moitié moins grandes que celles des fusées qu'on place dans les conducteurs triangulaires. On peut mettre dans le pot de ces fusées une garniture d'un poids égal à celui de la fusée. Le tire-fusée, sur lequel on peut placer plusieurs fusées a la fois , est fait de la manière suivante. On prend une planche de sapin de 27 millimètres d'épaisseur, de 1 mètre de longueur, et aussi large qu'on pourra se la procurer. On pratique dans le haut de la planche, sur son épaisseur, un biseau qui forme un angle aigu ; on garnit ce biseau avec du cuivre mince, afin que le dégorgement de la fusée ne brûle pas le bois; on cloue derrière la planche épaisse, en laissant un petit intervalle, qu'on établit en clouant 4e petites bandas de carton épais du double de l'épates®*** des ailes, une planche mince , qui doit avoir la même largeur et la même longoeui? qge la ptaache épaisse. Avant de clouer la
Digiti
zedby G00gle
planche mince, on pratique, dans toute sa longueur, des rainures qui sont destinées à faciliter le passage des baguettes. Derrière et vis-a-vis ces rainures on pratique une fente qui permet à une des ailes de passer. Cette fente doit être de toute la longueur de la baguette, y compris la longueur des ailes, et être assez large pour ne pas gêner l'aile qui entre dedans ; elle doit servir, au contraire, à diriger verticalement la fusée lors de son ascension.
On place les fusées en faisant entrer par le haut du tire-fusée une aile dans la fente; on fait descendre la baguette jusqu'à ce que la gorge de la fusée porte sur l'angle ou arête du biseau. Placée de cette manière, la fusée se maintient sans se déranger. Si la planche a 33 centimètres de largeur, on peut placer deux fusées en même temps. Afin de pouvoir fixer solidement et droit le tire- fusée, on pratique dans l'épaisseur et dans le bas de la planche deux trous à 25 à 28 centimètres de dislance et de 50 à 60 millimètres de profondeur. On aurait deux tiges de fer de 12 à 15 millimètres de diamètre, longues de 18 centimètres, pointues d'un bout, qu'on entrerait dans la terre, et on placerait le tire-fusée de manière à ce que les tiges de fer entrassent dans les trous pratiqués dans le bas de la planche, ce qui le maintiendrait dans une position verticale. Ce
Digiti
zedby G00gle
tire-fusée est supérieur à tous ceux que j'ai vus jusqu'à présent, et je pense qu'avant peu de temps on en adoptera l'usage généralement.
Tourbillon ou fusée de table, nommé vulgairement artichaut.
Cette pièce, d'une conception étrange, est plus étonnante que belle; ainsi que la fusée volante, elle s'élève par sa force intrinsèque; c'est la seule ressemblance qu'elle ait avec cette dernière. Elle a dû être difficile à imaginer, car elle est compliquée ; sa confection exige beaucoup de soins et une grande précision; son effet est de tourner horizontalement d'abord, et, au bout de quelques secondes, de s'élever, en continuant a décrire un cercle horizontal, jusqu'à ce qu'elle soit entièrement consumée. Peut-être que, si on n'avait pas connu la fusée volante, cette pièce eût été plus estimée; mais c'est parce qu'elle lui ressemble trop que l'on trouve qu'elle est d'un effet médiocre. Une fusée de table qui termine son ascension, vue d'un peu loin, ressemble absolument à une fusée volante qui défonce ou qui crève au quart de sa course. On peut lui faire porter une garniture de petites étoiles qu'elle lancerait en terminant son vol ; mais alors elle aurait encore l'air d'une fusée qui a manqué son
Digiti
zedby G00gle
effet, et qui s'est arrêtée en chemin. En définitive, cette pièce, quoique ingénieuse, ne peut être considérée que comme un objet de curiosité ; elle ne sera jamais d'une grande ressource dans les feux d'artifice ; on lui préférera avec raison la fusée volante , qui est moins difficile à faire et infiniment plus belle. Un effet assez extraordinaire qui se produit lors de l'ascension d'une fusée de table, c'est que , si on charge le cartouche en composition de feu chinois, les étincelles que lance la fusée en s'élevant ressemblent à celles que donne le feu commun ; mais , lorsqu'elle est arrivée au terme de sa course, elle forme une couronne brillante, volumineuse, d'un très-bel effet.
Je vais indiquer les proportions et la manière de faire cette fusée. On moule les cartouches comme ceux des jets ordinaires ; on leur donne la même épaisseur (les deux tiers du diamètre intérieur) ; on les colle entièrement. Ils doivent avoir en longueur à peu près 12 diamètres intérieurs, ce qui, après qu'on a étranglé les deux bouts, réduit la longueur à 9 diamètres intérieurs. On les étrangle à un des bouts; on lie l'étranglement avec une ficelle, afin qu'il ne s'ouvre pas; on ferme entièrement l'ouverture de ce bout en le culassant avec un tampon de papier que Ton comprime en frappant dix ou douze
Digiti
zedby G00gle
coups; on mesure à quelle hauteur s'élève dans l'intérieur du cartouche le tampon de papier comprimé, et on le marque, sur l'extérieur du cartouche, par un trait circulaire. On charge ce cartouche, en se servant de baguettes pleines, avec de la composition de fusée de table, dont on trouve les formules au chapitre des Compositions. On comprime chaque charge de composition en frappant le même nombre de coups que pour les fusées volantes du même diamètre. La composition comprimée, sans comprendre le tampon de papier, doit s'élever à la hauteur de 9 diamètres intérieurs. On marque par un trait circulaire, sur l'extérieur du cartouche, le point correspondant où est arrivée la composition comprimée dans l'intérieur; on met dans le cartouche un second tampon de papier que l'on comprime de la même manière que le premier, qui est l'autre extrémité; on tache que ces deux tampons de papier aient le même poids , afin que les bouts de cartouche ne soient pas plus lourds l'un que l'autre et puissent garder l'équilibre. On étrangle le second bout précisément au point où est arrivé le tampon de papier comprimé ; on lie la gorge de l'étranglement avec une ficelle ; puis on coiïpe les bavures et même un peu du cartouche dans un bout, à partir de la ligature. S'il y en a un qui excède, on aplatit ces deux extrémi-
Digiti
zedby G00gle
tés, afin qu'elles aient le plus possible le même aspect.
Cette fusée doit être percée de six trous ; deux servent à lui imprimer un mouvement de rotation, et sont placés à chaque extrémité un peu en deçà de la ligne circulaire, qui indique la fin de l'espace occupé par les tampons; le premier trou est placé à une extrémité , sur le côté à droite, et le second trou à l'autre extrémité à gauche; quatre autres trous, dits d'ascension y sont placés en dessous du cartouche, et doivent être es* pacés de manière à partager en trots parties égales Tintervalle compris entre les deux traits circulaires.
Il y a d'ailleurs un moyen facile de trouver les points précis où doivent être percés les trous : c'est de tirer quatre traits en long, qui divisent la circonférence du cartouche en quatre parties égales; on marque avec nn compas, sur une des lignes, quatre points qui doivent avoir entre eux une distance égale; c'est sur ces points que sont percés les quatre trous d'ascension. Il ne faut pas poser la pointe du compas sur les lignes circulaires, mais un peu en dedans de ces traits, c'est-à-dire plus du côté du centre du cartouche, afin qu'en perçant les trous on ne rencontre pas les tampons de papier. On marque sur la ligne suivante, à droite, et précisément au-dessus
Digiti
zedby G00gle
du premier point marqué, un point qui désigne la place où sera percé le premier trou de rotation ; à l'autre extrémité, et au côté opposé, on marque le point où sera percé le second trou de rotation.
Afin qu'il n'y ait aucune incertitude sur les points où on doit percer les trous, on peut supposer les quatre lignes longitudinales numérotées 1,2, 3, 4, et les deux traits circulaires marqués l'un A et l'autre B. Sur la ligne n° 1 seront marqués les quatre trous d'ascension, ayant entre eux une distance égale; sur la ligne n° 2, près dn trait circulaire A , sera marqué le premier trou de rotation ; sur la ligne n° 4, près du trait circulaire B, sera marqué le second trou de rotation.
Les six points ainsi marqués, on peut percer les trous. Ces trous doivent être proportionnés à la grosseur de la fusée; si on les faisait trop grands, la fusée ne monterait pas ; si on les faisait trop petits , elle crèverait.
L'ouverture des trous doit être des deux cinquièmes du diamètre intérieur du cartouche. On se sert, pour percer les trous, d'un vilbrequin dont la mèche a en diamètre la grosseur des trous que l'on veut avoir. La longueur de la mèche doit être précisément de l'épaisseur du carton , car la mèche ne doit percer que ce carton
et ne pas attaquer la composition de l'intérieur du cartouche, mais la découvrir seulement. Les mèches de vilbrequin sont généralement beau* coup trop longues pour percer les cartouches; on réduit leur longueur au degré convenable en faisant entrer la mèche dans de petits bouts de planches qui portent sur le manche, et dont l'épaisseur est réglée de manière à ne laisser saillir la mèche que de la quantité nécessaire pour que les trous aient la profondeur que Ton désire. Lorsque les trous sont percés, on met dans chacun des quatre trous d'ascension un petit bout de mèche qui ne doit pas saillir, mais être juste au niveau du trou. Il ne faut pas que ces bouts de mèche [soient trop serrés : ce serait un défaut ; les mèches trop serrées sont sujettes à faire manquer les communications. On assujettit ces bouts de mèche avec un peu de pâte d'amorce ; on pose sur les quatre trous un brin de mèche assez long pour les couvrir tous les quatre ; on fixe ce brin de mèche avec de la pâte d'amorce que Ton met de distance en distance; puis on colle une bande de papier qui couvre entièrement la mèche et la préserve des atteintes du feu qui sort des deux trous de rotation.
On pose en croix, au milieu du cartouche, entre les deux trous du centre, et sur la bande de papier qui couvre les quatre trous d'ascen-
Digiti
zedby G00gle
sion , une petite tringle un peu courbée, eu bois mince, faite avec du cerceau de boisselier; die doit avoir les neuf dixièmes de la longueur totale de la fusée ; sa largeur doit être d'un diamètre intérieur du cartouche. On assujettit cette tringle avec du fil de fer recuit que Ton croise sur le cartouche et sur le milieu de la tringle. Les quatre trous d'ascension, ainsi que la tringle posée en croix, doivent être placés dessous. Les deux bouts de la tringle courbe étant relevés, il n'y a que le milieu qui porte sur la table et qui sert de pivot; les deux branches servent de balancier, et maintiennent la fusée dans une position horizontale pendant la durée de son ascension. Avant d'assujettir entièrement la tringle, on s'assure si la fusée est bien en équilibre, en la faisant tourner sur une table unie. Si un des deux bouts baissait plus que l'autre, ou portait sur la table, il faudrait déplacer un peu la tringle jusqu'à ce qu elle fôt en équilibre.
On fait communiquer les deux trous latéraux ou de rotation par un seul brin de mèche , dont une extrémité entre dans le trou qui est à droite et l'autre extrémité dans le trou qui est à gauche ; ce brin de mèche se trouve placé obliquement sur toute la longueur supérieure de la fusée. On met un peu de pâte d'amorce sur chacune des extrémités de la mèche, afin qu'elles ne sortent
Digit
zedby G00gle
pas des trous ; on colle sur toute la longueur de la mèche une bande de papier brouillard.
On ne fait communiquer en dernier les deux trous de rotation que parce que les fils de fer qui assujettissent la tringle courbe , et qui se croisent au milieu sur le haut du cartouche, auraient nécessairement serré le brin de mèche, ce qui aurait pu faire manquer la communication. On pose la fusée sur une table unie et ronde; on met le feu au milieu de la mèche qui est placée sur le cartouche , qui le communique en même temps aux deux trous latéraux. Le feu qui sort de ces trous imprime un mouvement de rotation horizontale à la fusée, qui d'abord tourne sur la table; puis, lorsqu'il y a un peu de composition consumée, le feu arrive aux trous d'ascension qui sont placés dessous, et la fusée s'élève assez rapidement. Le feu continue à sortir par les deux trous latéraux , et conserve à la fusée son mouvement de rotation horizontale tout le temps de sa durée. (Voir plus loin les dessins qui concernent la fusée de table.)
On peut se passer de table pour tirer ces fusées; il s'agit seulement, lorsqu'on les charge, de mettre dans le cartouche , un peu avant que la composition comprimée ne s'élève à la hauteur de la moitié de la fusée , une demi-cuillerée de terre glaise, que l'on comprime de la même
Digiti
zedby G00gle
manière que la composition. On marque sur l'extérieur du cartouche la place que la terre glaise occupe dans l'intérieur ; on tâche le plus possible que cette place soit située au milieu; puis on charge le reste du cartouche avec la même composition dont on s'est servi pour charger le commencement.
Lorsque la fusée est entièrement confectionnée, on perce, sur la ligne même où sont placés les quatre trous d'ascension, au centre de la fusée, un trou qui doit traverser toute l'épaisseur de la terre glaise et s'arrêter à la paroi supérieure du cartouche. On perce aussi un trou de même grosseur au milieu de la tringle en bois qui sert de balancier ; on attache la tringle de manière que les trous soient bien vis-à-vis l'un de l'autre. La mèche qui établit la communication entre les quatre trous d'ascension ne doit pas alors passer sous la tringle ; la partie qui aurait été dessous doit être relevée et passer sur la tringle ; la courbe que fait la mèche exige qu'elle soit un peu plus longue. On visse sur un bout de chevron ( petit poteau en bois de 1 mètre de haut, que Ton maintient droit en le plaçant dans un trou en terre) une tige en fer dont le bout du haut est arrondi. Cette tige doit entrer librement dans le trou qui traverse l'épaisseur de la terre glaise. C'est cette lige qui entre dans le centre de la
Digiti
zedby G00gle
DAKTIF1CE. 177
fusée, qui lui sert de pivot et qui a pour point d'appui la paroi supérieure du cartouche. Cette méthode de placer les tourbillons est préférable à l'autre manière; les fusées tournent mieux et montent plus droites.
On peut faire des fusées de table k plusieurs branches; les cartouches, pour ces sortes de Aisées , doivent être plus longs que ceux des fusées de table ordinaires. On ne les étrangle et on ne les tamponne que dans un bout; on perce quatre trous d'ascension à chaque branche ou cartouche, mais un seul trou latéral ou de rotation sur un côté de l'extrémité étranglée. On monte les fusées à plusieurs branches sur des moyeux garnis de tenons , qui entrent dans les cartouches par les bouts qui ne sont pas étranglés, et qu'on n'a pas chargés entièrement, afin de laisser la place des tenons. Ces tenons sont cylindriques et doivent entrer juste dans les cartouches et porter sur la composition ; on les enduit de colle-forte au moment de les entrer dans les cartouches , afin que les branches ne puissent pas se déranger. Les trous latéraux doivent être percés sur chaque branche du même côté, et, lorsqu'ils sont montés sur le moyeu à tenons , ils se trouvent placés convenablement. (Voir les dessins d'un Moyeu à tenons et de Fusées à deux
et quatre branches, p. 179.) On perce un trou au
Digiti
zedby G00gle
milieu du moyeu , et on le place sur une tige ou broche en fer qui lui sert de pivot. Lorsqu'on ne fait qu'une fusée à deux branches, on met en croix, au milieu du moyeu qu'on entaille en dessous pour' la recevoir, une tringle en bois qui doit avoir à peu près la longueur des deux branches; cette tringle est destinée à maintenir l'équilibre de la fusée. On fait, au milieu de la tringle, un trou qui doit être de la même grosseur, et se trouver vis-à-vis le trou du moyeu. Les fusées à trois et à quatre branches n'ont pas besoin de tringles en bois ; les branches leur servent de balanciers.
Dessins qui concernent les fusées de table.
1. Fusée de table entièrement terminée, avec son balancier. S. Dessous de la frisée, sur la surface de laquelle sont percés les quatre trous d'ascension.
3. Surface d'un des côtés de la fusée, sur laquelle est percé un trou qui sert à lui imprimer le mouvement horizontal de rotation.
4. Autre surface du second côté de la fusée, sur laquelle est percé un trou qui sert également à imprimer, simultanément avec le trou de la première surface, le mouvement horizontal à la fusée.