DES FEUX D'ARTIFICE PRODUISANT LEUR EFFET SUR L'EAU
On a depuis longtemps à peu près abandonné les feux d'eau, et je trouve qu'on a eu raison. Cette sorte d'artifice esft dépourvue de la plupart des éléments qui constituent le beau; elle se trouve précisément dans les conditions les plus défavorables. Presque toutes les pièces que l'on tire sur l'eau ressemblent aux pièces terrestres et produisent le même effet; seulement, il est difficile de les établir avec solidité.
On tâche ordinairement de mettre le plus possible les feux d'artifice sur des terrains élevés, afin qu'on puisse mieux les voir. Les feux d'eau, au contraire, par leur nature, sont nécessaire*
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ment placés au niveau le plus bas. Non-seulement il y a beaucoup moins de personnes qui peuvent voir, mais celles qui sont le plus a proximité voient souvent très-mal; la fumée que produit le feu, se trouvant au-dessous de la vue des spectateurs, leur masque une partie de l'effet des pièces.
Cependant, afin de ne rien omettre, je vais indiquer les procédés qu'on emploie le plus généralement pour confectionner et pour placer les feux d'artifice d'eau.
Les cartouches des pièces qui sont destinées à entrer dans l'eau ou à être en contact avec ce liquide doivent être enduits d'une couche de vernis ou graissées de suif, afin d'empêcher Peau de pénétrer et de gâter la composition. Pour maintenir les cartouches chargés dans une position verticale, on les fait un tiers plus longs que la proportion ordinaire; on les charge, aux deux tiers de leur longueur , avec de la composition convenable, suivant leur diamètre; puis on remplit le dernier tiers avec du sable ou avec une substance lourde, afin de faire contre-poids et d'établir l'équilibre entre la pesanteur de l'eau et celle du cartouche. On met dans le haut du carlouche, à peu près à un quart de sa longueur audessous de la gorge ou de l'étranglement, un disque ou rotule en carton , dont la surface porte sur
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Veau, sert de point d'appui au cartouche et maintient au-dessus de Feau l'orifice par lequel on doit mettre le feu. On assujettit ce disque en carton en le collant avec des bandes de papier; on l'enduit, ainsi que le cartouche, d'une couche de vernis gras ou autre.
Il est nécessaire de faire quelques essais, afin de déterminer au juste la quantité de sable qui doit servir de lest au cartouche, pour qu'il surnage et se maintienne perpendiculairement sur l'eau. On peut faire ces essais dans un grand baquet , ou dans un tonneau défoncé d'un bout et rempli d'eau.
Des plongeons.
Les plongeons sont des cartouches chargés avec des compositions pareilles à celles avec lesquelles on remplit les jets ordinaires, soiten feu commun, soit en brillant ou en chinois. On met, après avoir comprimé la première charge, un quart de charge en poussier pur, que Ton foule avec le même nombre de coups. On continue à charger de la même manière, c'est-à-dire en mettant alternativement une charge de composition et un quart de charge de poussier de poudre, jusqu'à ce que le cartouche soit rempli aux deux tiers, le tiers restant devant servir à lester le cartouche , en achevant de
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le remplir avec du sable. Ces plongeons produisent d'abord urt effet semblable à ceu& des jets ou gerbes ordinaires; puis, lorsque le feu arrive au poussier, l'énergie de cette Composition le fait entrer dans l'eau; il ressort quelques secondes après pour recommencer le même effet, jusqu'à ce que toutes les charges soient consumées. Il ne faudrait pas remplacer le poussier par de la poudre grainée; les cartouches seraient sujets à crever.
Des courantius ou dragons d'eau.
On roule des cartouches auxquels on donne la même épaisseur que celle des fusées volantes; seulement on les fait de deux diamètres intérieurs plus longs que les fusées ordinaires. On les charge avec là même composition et Sur une broche ayant les mêmes proportions que les fusées d'une grosseur analogue. Lorsqu'on a entièrement chargé le cartouche, en donnant au massif (dernière charge qui est au-dessus de la pointe de la broche et qui est pleine) sa hauteur ordinaire , on met sur ce massif deux charges en poussier pur , que Ton comprime eu deux fois. On rabat les bords du carton en frappant une douzaine de coups sur la baguette destinée à Cet usage. Ces deux diamètres chargés en poussier sont destinés à augmen-
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ter un peu la durée du dragon, en lui conservant assez de force pour qu'il ne s'arrête pas, ce qui aurait eu lieu si on avait augmenté la longueur du massif avec de la composition ordinaire de fusées volantes.
Ces cartouches doivent être placés horizontalement; on les maintient au-dessus de l'eau, dans cette position , en mettant deux cônes en carton dont on coupe les pointes, jusqu'à ce que le cartouche puisse y entrer; les parties les plus larges des deux cônes se trouvent réunies au milieu du cartouche. On les colle avec des bandes de papier; on colle également des bandes de papier sur les deux extrémités des cônes, afin qu'ils soient bien assujettis sur le cartouche. On enduit de vernis les deux cônes, ainsi que le cartouche*
On peut donner la forme de différents animaux à ces courantins d'eau; mais alors il faudrait lester la moitié de la capacité des cônes, celle qui devrait porter sur l'eau, afin que l'animal pût rester toujours en dessus. On collerait du papier en dedans, de manière que le lest ne pût pas se déranger. On donnerait la forme que l'on désirerait avec du fil de fer que l'on couvrirait de papier, comme je l'indique à l'article Courantins.
On pourrait faire plusieurs de ces courantins de différentes formes et les orner de lances de diverses couleurs; il serait possible aussi de leur
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faire simuler un combat, en en dirigeant plusieurs les uns contre les autres ; ces pièces termineraient leur effet par une détonation produite par un marron placé dans l'intérieur des cônes, auquel, par une mèche de communication , la fin du cartouche mettrait le feu.
Des soleils d'eau.
Les soleils d'eau tournent horizontalement. Des jattes ou sébiles en bois remplacent les roues; on perce , de distance en distance , de petits trous sur les bords de ces sébiles; on pose les cartouches, que l'on assujettit avec du fil de fer.