MANIÈRE DE CONFECTIONNER LES PEUX D'ARTIFICE
C'est en comprimant des compositions inflammables dans des cartouches (tubes cylindriques en carton) qu'on parvient à maîtriser le feu, à lui donner une direction , des formes variées , à produire enûn tous les effets qui attirent ordinairement l'attention des spectateurs.
Je vais décrire, dans leur ordre naturel, toutes les opérations, en les suivant dans leurs plus petits détails.
Carton.
Le carton qu'on emploie pour faire les car* touches est ordinairement composé de trois ou quatre feuilles; quelques personnes en mettent cinq; je pense que celui de trois feuilles est pré-» férable; il se roule plus facilement , et les cartouches sont plus serrés. La manière de faire le carton est connue de tout le monde ; il est près* que surabondant d'en parler; cependant, pour ne rien omettre, je vais indiquer la manière de
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le faire. On fait, avec de la farine de froment, de la colle qu'on laisse bien cuire; elle doit être sans grumeaux. Avant qu'elle soit refroidie, on la remue de temps en temps avec un gros pinceau (brosse) , afin qu'elle ne se prenne pas en masse et qu'elle puisse s'étendre plus facilement. On a du grand papier dit d'office, ou autre, en bon chiffon; on trempe le papier dans un baquet dans lequel il y a beaucoup d'eau , comme le font les imprimeurs; on retend, et, lorsqu'il est un peu égoutté, on met une première feuille sur uue table unie. On fait disparaître les soufflures et les plis en frottant avec une brosse douce; on met une couche de colle sur cette première feuille ; on place ensuite une seconde feuille de papier que l'on applique bien sur la première, en se servant de la brosse douce; on met une couche de colle sur cette deuxième feuille, puis on place une troisième feuille de papier que l'on applique bien sur cette seconde feuille en frottant avec la brosse douce. Ces trois feuilles de papier superposées les unes sur les autres forment une feuille de carton. Lorsqu'on a la quantité de feuilles de carton qu'on désire foire, on place toutes ces feuilles les unes sur les autres, et on les met en presse pendant quelques heures ; puis on les met sécher à l'ombre. Lorsque ce carton est à moitié sec, on le
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remet sous presse, afin qu'il puisse perdre la courbure qu'il a contractée en séchant. On Pôte de dessous la presse afin de l'étendre, pour qu'il puisse sécher entièrement.
Cette méthode est simple et me paraît trèsbonne.
Cartouches et tubes.
Les tubes et les cartouches servent à contenir les compositions inflammables. On nomme cartouches des cylindres creux assez épais, formés avec du carton que Ton roule sur un mandrin ou baguette cylindrique pleine, ordinairement en bois dur et uni ou en métal. Les tubes ou tuyaux sont en papier, se roulent sur des tringles en fer, en acier ou en cuivre. Ils sont minces, n'ayant généralement pas plus de deux, trois ou quatre révolutions ; ils servept à faire des lances, des pastilles (petits soleils roulés en spirale ) et des conduits dans lesquels on met de Fétoupille ou mèche de communication destinée à transmettre le feu d'une pièce à une autre , ou seulement de la fin d'un premier cartouche au commencement d'un second de la même pièce, etc.
Les cartouches varient dans leurs proportions, suivant l'emploi qu'on leur destine; les cartouches des fusées volantes doivent avoir en épaisseur
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la moitié de leur diamètre intérieur, et en longueur neuf fois leur diamètre intérieur. L'épaisseur des cartouches des soleils tournants ou des jets pour pièces fixes doit être des deux tiers du diamètre intérieur. La longueur des cartouches des soleils tournants n'est pas rigoureusement déterminée ; on peut leur donner de 7 à 9 diamètres intérieurs; la longueur des jets fixes peut aussi varier de 9 à 1 1 diamètres intérieurs. Avant d'entrer dans plus de détails sur le moulage des tubes et des cartouches , je vais commencer par décrire tous les ustensiles dont on a besoin pour cette opération : i9 une table solide en bois uni, d'à peu près 649 millimètres de large» et de 1 mètre 624 millimètres de longueur , sur laquelle on roule les cartouches des baguettes à rouler. Elles sont d'une forme cylindrique; elles doivent être tournées avec soin, et avoir une grosseur égale sur toute leur étendue. On peut les faire en bois, mais le fer ou le cuivre sont préférables , parce qu'ils conservent leur forme primitive, an lieu que le bois est sujet à se déjeter. Les baguettes à rouler doivent avoir une longueur de 162 millimètres de plus que les cartouches que l'on roule dessus. Ce surplus de longueur sert à placer la main avec laquelle on retire la baguette du cartouche.
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Varlopes.
Ce sont des planches en bois dur, épaisses d'à peu près 27 millimètres» larges de 486 millimètres. Leur longueur est ordinairement de8ii millimètres ; ces dimensions d'ailleurs ne sont pas rigoureuses. On fixe à un quart de la longueur d'un des bouts, au milieu de la largeur, une poignée, et à l'autre extrémité un bouton (voir ci-dessous le dessin d'une table, d'une baguette à rouler et d'une varlope).
Ces deox saillies servent à placer les mains, afin de foire mouvoir la varlope. Cet instrument ressemble à la varlope des menuisiers, à la largeur près. On lui imprime un mouvement analogue, qui est destiné à serrer les révolutions du car* touche, qu'on avait posé sur la table, et roulé préalablement sur son mandrin ou baguette. Il
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faut en avoir au moins de trois dimensions différentes : une large pour rouler les cartouches de chandelles romaines, une moins large pour les gros cartouches, et une plus étroite pour les petits cartouches.
Manière de rouler ou de mouler les cartouches.
On coupe le carton par bandes d'une dimension qui fasse juste la hauteur qu'on veut donner aux cartouches. Les bandes doivent avoir une longueur suffisante pour que, lorsqu'elles sont roulées et serrées avec la varlope, elles forment précisément l'épaisseur que doivent avoir les cartouches. On mesure l'épaisseur des cartouches avec un compas à pointes courbes. On enduit de colle une des surfaces du carton , en réservant la partie qui doit faire le premier tour sur la baguette à rouler, afin qu'elle n'y adhère pas. On pose cette bande de carton sur la table, on la roule sur la baguette d'abord avec les deux mains. Lorsqu'elle est entièrement roulée, on pose le bout de la varlope sur le cartouche, qu'on a ramené au bord de la table ; on appuie sur la varlope le plus possible ; on la pousse jusqu'à ce que le cartouche qui était sur le premier bord de la table , et sur lequel posait l'extrémité de la varlope , ait roulé presque jusqu'au
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second bord de la table, et se trouve placé au commencement de la varlope, du côté de la poignée. On ramène le cartouche au bord de la table, non avec la varlope, ce qui le déroulerait, mais avec la main avec laquelle on le maintient pour qu'il ne se déroule pas ; on pose de nouveau, comme la première fois, le bout de la varlope , et on agit de la même manière trois ou quatre fois, jusqu'à ce que tous les tours du carton soient extrêmement serrés. On roule sur le cartouche une bande de papier de la largeur du carton, dont la longueur puisse faire deux ou trois révolutions. Cette bande de papier sert à empêcher le carton de se dérouler; on colle le papier sur le bord, et le cartouche est moulé. On retire la baguette du cartouche , et on le met sécher à l'ombre. J'ai oublié de dire qu'il fallait, avant de rouler, frotter la baguette avec du savon sec, et mieux avec de la craie de Briançon, afin qu'elle puisse sortir du cartouche.
Les tubes en papier, qui ont quelquefois deux, trois ou quatre révolutions, se moulent sur des tringles en acier ou en fer, que l'on savonne avant de rouler ; on colle seulement le bord de la dernière révolution.
Étranglement des cartouches.
Cette opération a pour but de diminuer à une
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des extrémités le diamètre intérieur des cartouches , afln que le feu qui doit sortir par cette ouverture, éprouvant un obstacle , forme un jet qui projette les étincelles à une plus grande distance. On obtient le rétrécissement en serrant avec un cordeau dit filagore la circonférence d'un cartouche à un de ses bouts. Le carton , en fléchissant» se déprime, et l'ouverture devient plus petite. Il ne faudrait pas serrer de manière à fermer entièrement le vide du cartouche; on laisse à peu près un huitième de diamètre d'ouverture, afin, lorsqu'il s'agira de charger, de pouvoir introduire une broche dont on se 9ert dans celte opération.
II y a plusieurs maaièrea d'étrangler les cartouches; la plus anckone, et celle que les amateurs emploient encore géaéralecaent, consiste à attacher à un gros piton vissé solidement à un poteau le bout d'un fibgoce (cordeau) d'à peu près une demie ou deux tiers de brasse de longueur, et d'une grosseur proportionnée à celle du cartouche, c'est-à-dire du quart à peu près du diamètre intérieur. On attache l'autre extrémité du cordeau au milieu d'un bâton que l'on se passe entre les cuisses ; on frotte le cordeau avec du savon sec ou de la craie de Briançon, afin que, lorsqu'on promène le cartouche sur le cordeau, il soit moins sujet a se déchirer. On fait un
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tour avec le filagore sur un des bouts du cartouche , en laissant un espace d a peu près un diamètre, afin de conserver une gorge au cartouche; on serre doucement, en avançant et en reculant le cartouche sur le cordeau , jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une petite ouverture. Il faut tâcher que la gorge se forme régulièrement , c'est-à-dire que les plis soient très-petits et pas plos froncés d'un côté que de l'autre ; le moyen de faire avec certitude fétranglement d'une manière régulière, c'est de prendre un mandrin percé comme les baguettes à charger les fusées volantes, d'une grosseur à pouvoir entrer juste dans le cartouche ; on l'introduit, mais on ne le pousse pas jusqu'au fond ; on met, par l'autre extrémité du cartouche, une broche à tétine (voyez plus loin) dont la pointe entre dans le trou du mandrin ; cette broche peut être en bois ; elle doit être plus mince que celle dont on se sert ordinairement pour charger, afin que Ton puisse rétrécir suffisamment le trou. La base de la tétine de la broche doit se trouver au niveau de l'orifice du cartouche. Il faut laisser entre le bout du mandrin et la tétine un intervalle d'un peu plus d'un diamètre intérieur ; c'est dans cet espace que doit se faire le rétrécissement et se former la gorge. Le mandrin et la tétine empêchent que le carton ne cède trop vite, et les
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plis sont plus réguliers. Lorsque les cartouches sont étranglés, on les lie, en faisant autour de la gorge, avec de la petite ficelle, cinq ou six tours qui maintiennent l'étranglement ; on les suspend, afin qu'ils achèvent de sécher.
Étrangloire & pédale.
On se sert depuis longtemps d'une machine qui rend l'étranglement des gros cartouches beaucoup plus facile : c'est l'étrangloire à pédale. Cet instrument est composé d'une pièce de bois de 81 millimètres, carrée, longue d'un mètre. On la dresse contre un mur ; elle doit être fixée solidement par plusieurs grosses pattes en fer, scellées dans le mur; un gros piton à anneau ou à crochet doit être vissé solidement dans le haut de cette espèce de poteau. Une seconde pièce de bois, un quart moins longue que la première, et aussi un peu moins grosse , serait coupée en biseau à une de ses extrémités; ce bout, coupé en biais, serait entré dans une mortaise faite au milieu de l'épaisseur et à 81 millimètres du bas de la pièce appuyée contre le mur. Cette seconde pièce de bois serait placée de manière que son extrémité supérieure penchât en avant d'une quantité qui établirait un intervalle entre le bout de la seconde pièce et la surface de la première,
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qui se trouve vis-à-vis, d'à peu près un tiers de la longueur totale de la pièce appliquée contre le mur. Une troisième pièce de bois serait entrée d'un bout dans une mortaise pratiquée dans l'épaisseur et au milieu de la longueur de la pièce
principale ; l'autre extrémité de cette troisième pièce de bois serait dirigée dans une mortaise pratiquée dans l'épaisseur de la pièce placée en biais. Cette troisième pièce serait posée horizontalement, servirait de barre, et maintiendrait l'écartement entre les deux pièces. Cette barre horizontale serait placée, à peu près à 162 millimètres au-dessous de l'extrémité de la pièce
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penchée en avant. Les tenons seraient chevillés dans les mortaises afin que ces assemblages fussent solides. Le haut de ta pièce en biais doit être entaillé dans son épaisseur, afin de recevoir une poulie, au milieu de laquelle oh met un axe dont les bouts doivent être rivés sur les côtés ou faces latérales du bout de cette pièce. On placerait tout-à-fait dans le bas de la pièce principale une pédale ou traverse mobile en bois, faite dans le même principe que les pédales dont se servent les tourneurs ou les rémouleurs.
Un cordeau ou filagore attaché à l'anneau du piton poserait sur la poulie et serait assez long pour entrer dans un trou pratiqué sur la pédale ; on ferait un nœud à cette corde, qui sortirait audessous de la pédale. La pédale porterait à terre horizontalement; la longueur de la corde serait calculée en conséquence. On procéderait à peu près comme je l'ai indiqué pour la première méthode; seulement c'est le poids du corps qui est le moteur. On ne fait aucun effort; on fait un tour de filagore sur le bout du cartouche (il ne faut pas attendre que les cartouches soieût en* tièrement secs; ils s'étranglent beaucoup plus facilement lorsqu'ils sont encore un peu humi* des). La corde étant devenue un peu plus courte par le tour qu'on lui a fait faire sur le carton* che , la pédale s'est élevée ; on pose le pied des-
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sus, en appuyant par degré; on fait monter et descendre sur le cordeau le cartouche que Ton maintient droit avec les deux mains, afin qu'il s'étrangle également. On frotte de temps en temps la corde avec, du savon sec, ou, ce qui vaut mieux, avec de la craie de Briançon (talc), afin qu'elle coule plus facilement et qu'elle ne déchire pas la gorge du cartouche. Lorsque l'opération est terminée , on serre la partie étranglée avec de la ficelle, afin qu'en séchant elle ne s'ouvre pas.
Étrangloire à cisailles ou à crans.
On étrangle les petits cartouches , comme lardons, serpentaux, vétilles, etc., avec une espèce de cisailles à crans. Cet étrangloire a crans est formé par deux longues lames, ressemblant un peu à des (aux; mais les lames sont droites et plus épaisses. Une des deux est fixée sur champ, par ses deux extrémités , sur un long billot ou sur une table épaisse et étroite. On l'assujettit solidement sur ce billot avec des vis qu'on entre dans un trou pratiqué, à chaque extrémité de la lame, sur des parties saillantes portant à plat sur le billot. La seconde lame est précisément de la même longueur que la première ; mais une de ses extrémités porte un prolongement presque cylindrique, d'une longueur équivalant à peu près aux
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deux liera de la lame. Ce prolongement sert de manche et de levier.
Ces deux lames sont réunies par une petite tige très-courte en acier, servant d'axe, entrant dans un trou pratiqué à une des extrémités de chaque lame et rivée à chaque bout sur une des surfaces de chaque lame. On ferait, à peu près au milieu des lames, deux ou trois coches ou entailles parallèles, de plusieurs dimensions , afin de pouvoir étrangler des cartouches de différentes grosseurs. On arrondit un peu les angles de ces entailles, afin qu'ils ne puissent pas couper la gorge des cartouches. On place horizontalement, vis-à-vis le milieu de l'entaille dont on veut se servir, un petit morceau de bois cylindrique posé sur un liteau de bois, qui l'élève à la hauteur convenable. Au milieu d'un des bouts de ce bois cylindrique est fixée solidement une petite tige en acier ou en fer, qu'on entre dans l'ouverture du cartouche qu on veut étrangler. Cette tige a pour but de conserver une ouverture au cartouche et d'empêcher que la pression des deux lames ne ferme entièrement la gorge de ce cartouche. On fait mouvoir la lame mobile et on appuie par degré, en retournant sans cesse le petit cartouche ; les lames, étant très-longues, seraient sujettes à s'écarter. Lorsque les cartouches sont durs et opposeraient trop de résistance, la gorge des cartouches
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serait alors trop large et mal formée. On évite cet inconvénient en mettant, à droite et à gauche des deux lames , dans le bout où elles sont réunies par Taxe rivé, des montants assez forts en fer. Ces montants n'ont pas besoin d'être longs dans ce bout; on tnet deux autres montants semblables à l'autre extrémité, près du manche; mais ils doivent être beaucoup plus longs.
Ces montants sontfaits pour maintenir les deux lames appliquées l'une contre l'autre, sans qu'elles
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puissent s'écarter, en laissant seulement le jeu nécessaire pour qu'on puisse faire mouvoir la lame mobile. La longueur des montants qui sont du côté du manche .se règle par la hauteur à laquelle s'élève à son maximum l'extrémité de la lame mobile, qui est près du manche; il faut même que ces montants soient un peu plus hauts, afin que la lame ne puisse jamais sortir et soit toujours maintenue.
Cartouches non étranglés, ayant un bout conique.
S^'^fx •$ On s'est toujours servi de cartouches cylindri- ^B&p ques pour contenir les matières inflammables. A-t-on adopté la forme réellement la plus a van ta* seuse? J'ai beaucoup réfléchi sur cette question, et je suis presque tenté de la résoudre négativement. Le feu n'a de force dans les cartouches cylindriques que lorsqu'on rétrécit un des bouts en l'étranglant. La gorge de l'étranglement forme, dans l'intérieur du cartouche, un bourrelet qui prend beaucoup d'espace et reçoit les premiers efforts du feu. Le jet, au lieu de former une ligne droite, est plié, et ne sort par le trou de l'étranglement que par renvoi ; il y a donc évidemment perte de force.
C'est en brûlant des jets chargés avec un mélange de pulvérin et de grains de diverses cou-
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leurs que j'ai eu occasion de remarquer l'inconvénient des cartouches étranglés ; les grains , quoique beaucoup plus petits que le trou du cartouche, s'accumulaient au bourrelet de la gorge , se consumaient, et il ne sortait du cartouche que le résidu en fusion; j'étais obligé de charger les grains dans des tubes en papier, ou dans des cartouches non étranglés. Je n'obtenais alors qu'un effet médiocre; les grains n'étaient lancés qu'à une faible distance. 11 m'est venu d'abord à ridée, pour obvier à cet inconvénient, de substituer aux cartouches cylindriques étranglés des cartouches coniques. J'ai eu beaucoup de peine à faire l'essai de ces cartouches; car ils sont difficiles à mouler et très-embarrassants à charger. Avec de la patience, cependant, je suis parvenu à en charger quelques-uns; mais il a surgi un défaut que j'aurais dû prévoir: c'est que le jet n'avait presque pas de force dans le commencement, et n'en acquérait que lorsque le feu approchait de la base du cône; il avait alors une énergie extrême, qui contrastait avec la faiblesse du commencement et produisait un effet peu agréable. J'ai fait des tentatives dans un autre sens, et je me suis arrêté à un système mixte qui produit parfaitement l'effet que je désirais.
Je conserve aux cartouches la forme cylindrique; je les charge de la manière ordinaire, mais
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sans les étrangler ; j'ajoute à une des extrémités du cartouche cylindrique ua bout de cartouche d'une forme conique» Cette espèce d'entonnoir doit rester vide ; il est destiné seulement à diriger le feu. On moule ces bouta de cartouche sur un mandrin de forme conique^ On coupe une bande de carton d'une longueur et d'une largeur convenables pour qu'elle puisse faire un tour et denû sur le mandrin ; oa enduit de colle le carton avant de le rouler; or prend une seconde bande de carton,, q#e l'on ettdiuU aussi de colle, et que l'on roule sur la première bande déjà roulée sur le mandrin. On roule de la même manière plusieurs bandes de carton les unes, sur les autres, jusqu'à ce que le bout de cartouche cwû~ que ait l'épaisseur convenable* On est obligé de mouler avec plusieurs petites bandes de carton; il serait impossible de mouler avec une seule grande; elle ne pourrait pas s'appliquer sur le mandrin* et ne prendrait pasia forme voulue. Lorsque focéoe a l'épaisseur que l'on désire, on colle sur le carton une bande de papier, afin qu'il ne se déroule pas. Lorsque les bouts de cônes sont secs , oïl coupe l'extrémité du cône , afin de lui donner une ouverture d'un diamètre analogue au trou que laisse l'étranglement à un cartouche cylindrique, c'està-dire les deux cinquièmes un peu forts du diamètre intérieur. On, coupe aussi la base de ma-
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nière que le bout du cartouche cylindrique puisse entrer dedans à peu près de 4 h 7lfnillîmètres. On fait, sur l'arête extérieure du bout du cartouche qui doit entrer dans le cône, avec une râpe à bois, un biseau , afin qu'il appuie dans le cône sur une plus grande surface; on enduit ce biseau de colle forte très-épaisse, et on enfonce avec force le cartouche dans le cône, le plus droit possible. Lorsque ces cartouches sont secs, la jonction est aussi solide que si le cartouche était d'une seule pièce. On amorce le jet cylindrique avant de l'entrer dans le cône ; on fixe un brin de mèche dont on a courbé un bout sur la composition, * et qu'on assujettit avec de la pâte d'amorce; le brin de mèche entre avec le cartouche dans le cône et doit saillir en dehors du petit trou de quelques millimètres. C'est par ce bout de mèche que l'on met le feu , et qu'il se communique a la composition du cartouche.
Les expériences que j'ai répétées plusieurs fois avec ce mode de cartouche ont été des plus satisfaisantes, et ne laissent plus d'incertitude sur la supériorité que cette nouvelle méthode a sur l'ancienne. Les essais que j'ai faits ont donné les résultats suivants. Ayant chargé avec un mélange de grains et de pu I vérin des cartouches de 18 millimètres de diamètre, les grains ont été lancés à 6 mètres ; ils ne portaient qu'à 1 mètre
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