‹ Nouvelles recherches sur les feux d'artificeChapitre 7 sur 35 · liasse · texte numérisé non relu

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On prend un cartouche coupé à la longueur de 8 diamètres intérieurs et étranglé; on ferme avec un peu de papier le trou de l'étranglement, et on remplit le cartouche avec du petit plomb de chasse : deux fois cette mesure est le poids que doit avoir la masse. Ainsi , si un cartouche de 18 millimètres de diamètre contient 250 grammes de petit plomb , la masse avec laquelle on chargera les cartouches de 18 millimètres devra peser 500 grammes. Ce sera la même règle pour les autres calibres.

Manière de charger les cartouches.

On place sur une petite table ayant des rebords de 14 millimètres , afin que les objets ronds ne puissent pas tomber, tous les ustensiles qui sont nécessaires pour charger, tels que cartouches, baguettes à charger , cuillers , masse, sébille contenant la composition , etc. La table doit être à proximité et être placée derrière le billot sur lequel est posé le culot portant une broche fixée solidement dessus. Ou s'assied vis-à-vis le billot, qui se trouve par conséquent entre la table et le chargeur.

On place un cartouche dont la gorge est liée avec une ficelle , afin quelle ne se déforme pas ; on introduit dans le cartouche la baguette la plus

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longue, qui est percée; la main gauche maintient cette baguette dans une position verticale. On prend la masse de la main droite, et on frappe quelques coups pour asseoir le cartouche droit sur sa broche. On retire la première baguette , et on verse dans le cartouche une cuillerée de composition particulière, dite d'apprêt, dont je donne le dosage au chapitre des Compositions. Cette cuillerée de composition couvre entièrement la broche, et, lorsqu'elle est comprimée, doit s'élever dans le cartouche à la hauteur d'un diamètre intérieur au plus. On verse une seconde cuillerée, non de la même composition, mais de celle dont on se propose de charger la totalité du cartouche ; on comprime avec la deuxième baguette, cuillerée par cuillerée, jusqu'à la hauteur du tiers du cartouche. On se sert, pour le second tiers, d'une baguette moins longue, et on charge le dernier tiers avec la baguette la plus courte. On doit frapper pour chaque charge la quantité de coups indiquée dans la table pag. suiv., graduée suivant le diamètre des cartouches.

Lorsque les cartouches, après avoir produit leur effet, ne doivent pas communiquer le feu à d'autres cartouches, on les ferme en mettant la dernière charge en terre glaise, que Ton comprime avec la baguette la plus courte.

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Diamètre intérieur do cartouche. Nombre de coups.

14 millimètres 15 coups.

Si on se servait de masses proportionnées au diamètre des cartouches , il serait inutile de changer le nombre de coups; c'est en supposant qu'on n'a qu'une seule masse pour différents calibres que Ton frappe plus ou moins de coups. Il vaut mieux avoir une masse particulière pour chaque diamètre, et frapper toujours la même quantité de coups; on prendrait un nombre moyen; 25 coups suffiraient pour tous les calibres.

Fusée volante.

Cette pièce, d'un effet surprenant, et la plus belle qu'on ait imaginée, est le chef-d'œuvre de la pyrotechnie; elle s'élève par sa seule puissance, et, dans sa course rapide , elle forme une colonne de feu qui subsiste tout le temps de sa

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durée, et atteste son passage dans les airs; elle termine son ascension en lançant une multitude de globes enflammés d'une lumière éclatante, qui, vus à une grande hauteur, produisent un effet admirable.

La fusée volante n'étant composée que d'un seul cartouche, j'en ai placé la description à la suite des jets tournants ou flxes. Je vais passer en revue les différents ustensiles qui servent à confectionner cette pièce et indiquer leur proportion.

L'outillage des fusées volantes se compose d'une baguette à rouler, qui sert pour tous les cartouches d'un même diamètre, jets ou fusées; j'en ai indiqué la forme et la proportion. (Voir l'article Baguette à rouler. )

Billot.

J'ai donné la description de cet objet, qui doit servir pour toute espèce de cartouches. ( Voir l'article Billot, p. 105.)

Culot.

Les culots doivent aussi servir pour tous les cartouches du même diamètre ; il s'agit seulement d'ôter la broche, si on a chargé précédemment

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des jets, et de mettre une broche de fusée volante à la place. On doit la visser solidement.

Broche.

La broche d'une fusée volante est une tige en fer destinée à conserver au centre du cartouche un vide qui , présentant beaucoup de surface au feu, est la principale cause de l'ascension de la fusée. Cette tige est d'une forme conique , dont la pointe est arrondie; la grosseur de sa base, à partir du haut de la tétine, doit avoir deux cinquièmes un peu forts du diamètre intérieur de la fusée, ou quatorze trentièmes; la pointe doit avoir moitié de cette grosseur, c'est-à-dire un cinquième un peu fort, ou sept trentièmes.

La tétine est un renflement qui est à la base de la broche; elle a la forme d'une demi-sphère; son diamètre doit être précisément celui de l'intérieur du cartouchs ; dans sa hauteur, d'un demidiamètre, plus un cinquième sous la tétine, doit saillir une tige cylindrique un peu moins grosse que la tétine, et taraudée dans une longueur suffisante pour être vissée solidement dans un écrou fixé sur le culot. La tétine, ainsi que la tige taraudée qui est dessous, sont des parties intégrantes de la broche, et sont forgées ensemble d'un seul more-eau de fer.

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La longueur des broches varie suivant les* différents calibres. Je vais donner la longueur que l'expérience a reconnue être la meilleure pour une des plus petites fusées ( 9 millimètres de diamètre intérieur), et la longueur reconnue aussi la meilleure pour une des plus grosses fusées (54 millimètres de diamètre intérieur). La broche d'une fusée de 9 millimètres de diamètre intérieur doit avoir 72 millimètres, ou 8 diamètres intérieurs de haut.

La broche d'une fusée de 54 millimètres de diamètre intérieur doit avoir 324 millimètres ou 6 diamètres intérieurs de haut.

Connaissant la longueur des broches du plus petit ainsi que du plus gros calibre, il sera facile de trouver la longueur que doivent avoir les broches de chaque calibre intermédiaire, et même on pourra en conclure la longueur des brocheâ pour des calibres plus petits et plus gros que les deux désignés.

Moyen de connaître la proportion des broches de tous les calibres.

Le procédé est simple. On trace une ligne horizontale, n'importe de quelle longueur, par exemple de 216 millimètres; on tire une ligne perpendiculaire qui doit porter surlecommence-

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ment de la ligne horizontale, et avoir juste la longueur de la broche d'une fusée de 9 millimètres de diamètre intérieur , c'est-à-dire 72 millimètres.

On tire une seconde ligne verticale, qui doit porter sur la fin de la ligne horizontale , et avoir la longueur de la broche d'une fusée de 54 millimètres de diamètre intérieur, c'est-à-dire 324 millimètres.

On pose une règle sur le haut des deux lignes verticales, et on tire un trait qui va en montant, puisque ses extrémités portent sur le haut de deux lignes qui ont une longueur différente.

Si on voulait connaître la longueur des broches de tous les calibres intermédiaires entre les deux longueurs connues , en augmentant le diamètre de 2 millimètres en 2 millimètres, à partir du premier trait vertical, qui représente la broche d'une fusée de 9 millimètres, le second trait vertical représentant la broche d'une fusée de 54 millimètres, on procéderait ainsi qu'il suit. Comme de 9 à 54 millimètres il y a 45 millimètres de différence, on diviserait l'intervalle entre les deux traits perpendiculaires en 45 parties égales ; on tirerait des lignes sur les points de cette division , et la longueur de chaque trait vertical serait celle de la broche afférente au calibre désigné par le nombre de millimètres écrit au bas de chacun de ces traits.

En prolongeant en deçà du premier trait ver-

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tical et au-delà du dernier les deux lignes horizontale et diagonale qui servent de limites aux traits qui représentent la longueur des broches, on connaîtrait la longueur des broches de calibres au-dessous de 9 millimètres et ceux audessus de 54 millimètres. II s'agirait de marquer au compas, en deçà du premier trait et au-delà du dernier, des points ayant entre eux un intervalle pareil à ceux déjà marqués; on tirerait sur chacun de ces points une ligne verticale, qui serait la longueur de la broche du calibre indiqué par un nombre écrit au bas de chaque ligne.

1. Broche à tétine pour fusée volante. (La vis qui est sous la tétine doit être taraudée simplement ; celle indiquée dans le dessin ressemble à la vis d'une presse : c'est une erreur.)

2. Dessin qui donne la longueur des broches des rusées volantes de tous les calibres. — Les divisions sont indiquées par de petits traits. En prolongeant verticalement ces traits jusqu'à la ligne diagonale (comme les deux lignes qui sont à chaque extrémité) , on aura la longueur précise des broches de chaque division. (Voyez la planche page suivante.)

Si on ne voulait pas se donner la peine de mesurer , op pourrait donner aux broches de tous les calibres 7 diamètres intérieurs de long ; c'est à peu près la hauteur moyenne ; les fusées chargées avec des broches de cette dimension réussissent généralement.

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Baguettes à charger.

On les fait ordinairement en bois dur, tels que buis, cormier ou alizier. 11 serait dangereux de se servir de baguettes à charger en métal; la composition, lorsque Ton chargerait, pourrait s'échauffer et prendre feu.

Il faut six baguettes pour charger les fusées volantes, quatre percées et deux pleines, dont une pour charger le massif, et une d'un diamètre un peu plus fort pour comprimer la moitié de l'épaisseur du carton , que l'on rabat sur le massif. Ces baguettes sont précisément de la même forme que celles avec lesquelles on charge les jets. A la page 125 sont tracés les dessins des six baguettes graduées suivant leurs grandeurs respectives. La première est un peu plus longue que le cartouche ; elle est percée au centre, dans toute sa longueur, sans y comprendre la tête de la baguette , d'un trou dont la grosseur est du même diamètre que la base de la broche.' Cette première baguette sert seulement à asseoir le^cartouche sur sa broche.

La deuxième baguette est un peu moins longue que la première; elle est aussi percée dans toute sa longueur (c'est-à-dire dans toute la longueur de la partie cylindrique de la ba-

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guette, sans y comprendre la tête), d'un trou dont la grosseur doit être celle de la broche à un demi-diamètre au-dessus de sa base. Quoique la broche soit plus petite dans le haut qu'à sa base, le trou des baguettes doit être du même diamètre dans toute leur longueur, afin que la composition ne l'obstrue pas, et qu'on puisse le vider facilement ; sans cette précaution, la baguette s'engorgerait et pourrait éclater lorsqu'on chargerait. Cette deuxième baguette est destinée à charger le cartouche de la hauteur du tiers de la broche.

La troisième baguette, plus courte encore que la deuxième, est percée d'un trou dont le diamètre, semblable à celui de la broche, a la hauteur du tiers de sa longueur; cette troisième baguette doit charger le cartouche de la hauteur du deuxième tiers de la broche.

La quatrième baguette, toujours percée dans toute la longueur de sa partie cylindrique , doit avoir le trou de la grosseur du diamètre de la broche aux deux tiers de sa longueur ; die doit charger le dernier tiers de l'espace occupé par la broche.

La cinquième baguette, qui est pleine, est destinée à charger le restant du vide du cartouche; c'est ce que l'on nomme le massif (il doit avoir trois quarts dé diamètre au-dessus de la broche).

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La sixième baguette, qui est pleine comme la précédente, doit être très-courte et avoir un diamètre d'un cinquième plus fort; elle est destinée h comprimer le carton du haut du cartouche, dont on rabat la moitié de l'épaisseur sur le massif, afin d'empêcher la fusée de défoncer.

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Les baguettes à charger des fusées volantes pourraient être percées» au milieu de la tête, d'un trou qui correspondrait au vide dans lequel entre la broche; cela faciliterait le dégorgement de la ba-

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guette, et en même temps empêcherait que la compression de l'air n'enflammât la composition. Six baguettes suffisent pour charger les l'usées île moyen calibre ; mais» pour les grosses fusées, un plus grand nombre est nécessaire; au-dessus de 27 millimètres, il faut une baguette pour chaque diamètre, c'est-à-dire que, lorsqu'on a comprimé avec une baguette de la composition qui a dans le cartouche la hauteur d'un diamètre intérieur, on doit changer de baguette et en prendre une dont le trou soit plus petit. Si , pour les grosses fusées , on n'augmentait pas le nombre des baguettes, la composition qui forme les parois du vide de la fusée ne serait pas suffisamment comprimée et le feu la pénétrerait trop vite. Les fusées de différents calibres étant dans les mêmes proportions, on ne verra peut-être pas au premier abord pourquoi il faut un plus grand nombre de baguettes pour les grosses que pour les petites; je vais tacher d'en expliquer la raison. Si, après avoir chargé une cuillerée de composition , le trou de la baguette qui porte sur la composition se trouve avoir précisément le diamètre de la broche, à la hauteur de la composition comprimée, la partie de la composition qui entoure la broche sera aussi foulée que celle des côtés. Mais si on met une autre cuillerée dans le cartouche et qu'on la charge avec la

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même baguette, après la compression, le trou se trouve être plus grand que la grosseur de la broche; par conséquent une partie de la hauteur de la charge sera faiblement comprimée au centre. Le même effet a lieu, il est vrai , pour les petites Aisées; mais voilà ce qui se passe : le haut du centre de la deuxième charge est mal foulé, mais la charge suivante comprime le haut de celle qui est ail -dessous, parce que les parois du cartouche, qui sont les points d'appuis, étant plus près du milieu, la compression qui s'est faite aux extrémités réagit facilement au centre, au lieu que, pour les grosses fusées, l'espace qui est entre les parois du cartouche et le centre étant plus grand , la réaction se fait plus difficilement. A la rigueur, pour bien charger une fusée volante, il faudrait changer de baguette à chaque charge, afin que le trou de la baguette, après la compression, ne fût jamais plus grand que n'est gros le diamètre de la broche , à la hauteur où s'est élevée la composition. On s'écarte du principe afin de rendre le travail plus prompt, mais c'est peut-être à tort.

Cuillers à mesurer les charges.

Elles sont de la même forme que celles destinées aux jets; mais elles doivent être moitié plus petites pour les fusées volantes, puisque, pour

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les jets, une cuillerée doit former un diamètre, et pour les fusées un demi-diamètre seulement. J'indique, a l'article cuiller à mesurer, la manière de régler leur capacité suivant le diamètre des cartouches pour lesquels on veut s'en servir.

Manière de charger les fusées volantes.

La confection des fusées volantes exige beaucoup de soins ; on ne saurait mettre trop de précaution dans ce travail. 11 est surtout important que la composition soit comprimée également dans toute la longueur du cartouche.

Pour charger, on rassemble sur la table dont j'ai donné la description tous les objets nécessaires à cette opération, tels que cartouches, les quatre baguettes percées, les deux baguettes pleines, la cuiller à mesurer, la sebille contenant la composition , et la masse.

On visse la broche sur le culot ; on la savonne avec du savon sec, afin de pouvoir la retirer facilement du cartouche lorsqu'il sera chargé. On pose le culot sur le billot ; ce dernier sert pour toute espèce de cartouches, et est fixé à demeure. On prend un cartouche dont on lie la gorge, afin qu'elle ne se déforme pas en chargeant; on le pose sur la broche, et on introduit la baguette percée la plus longue dans le cartouche. On le main-

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dent avec la main gauche dans une position verticale ; on frappe de la main droite avec la masse dix ou quinze coups, afin d'asseoir le cartouche sur la broche. On retire la première baguette, on verse dans le cartouche une cuillerée de composition; on prend la deuxième baguette, que Ton met dans le cartouche, et on comprime la composition en frappant avec la masse la quantité des coups indiqués au tableau, page 116. Lorsque la composition est comprimée, elle ne doit avoir que la hauteur d'un demi-diamètre intérieur du cartouche; il faut que la capacité de la cuiller soit réglée en conséquence. On retire la baguette; on verse dans le cartouche une seconde cuillerée de composition, que Ton comprime avec la même baguette , toujours en frappant le même nombre de coups. On continue à charger, cuillerée par cuillerée, avec la même baguette, jusqu'à la hauteur du premier tiers de la broche. On prend la troisième baguette, et on charge avec cette baguette, en procédant de la même manière qu'on a fait avec la deuxième.

Lorsqu'on a chargé avec la troisième baguette jusqu'à la hauteur du second tiers de la longueur de la broche , on se sert de la quatrième baguette, avec laquelle on charge, toujours cuillerée par cuillerée, formant chacune, lorsqu'elles sont foulées, la hauteur d'un demi-diamètre intérieur

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du cartouche ; on charge , dis-je , avec celte quatrième baguette, le troisième tiers de la hauteur de la broche ou le restant de l'espace qu'elle occupe dans le cartouche.

On prend alors la cinquième baguette, qui est pleine, avec laquelle on charge toujours, en prenant les mêmes précautions, le restant du vide du cartouche; c'est ce que l'on nomme le massif. La baguette pleine, un peu plus grosse que la pré* cédente , sert à rabattre la moitié de l'épaisseur du carton dans le haut du cartouche, afin d'empêcher la fusée de défoncer; on comprime ce carton en frappant plusieurs coups de masse sur la baguette.

Proportion du massif d'une fusée volante.

Lie massif est la partie de composition comprimée qui se trouve immédiatement poser sur la pointe de la broche ; cette composition n'a pas de vide, et est foulée avec une baguette pleine. Si on suivait rigoureusement la théorie, la hauteur du massif ne devrait être au plus que d'un demidiamètre intérieur de la fusée ; carie feu pénétrant dans le même moment tout le vide intérieur de la (usée, et son action étant la même sur la composition qui tapisse les parois de la fusée, comme sur la surface du massif, l'épaisseur de composition du

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centre de la fusée aux paroisdu cartouche n'étant que d'un demi-diamètre, duquel il faut même déduire la partie vide, il ne faudrait donc donner qu'un demi- diamètre d'épaisseur au massif, afin que sa durée coïncidât avec celle de la composition des côtés ou parties latérales de la fusée.

Mais l'expérience a prouvé qu'un demi-diamètre de massif était insuffisant, et que la fusée n'arrivait pas à toute la hauteur qu'elle doit atteindre.

La raison de cette espèce d'anomalie, c'est qu'il est presque impossible de comprimer aussi fortement la composition des dernières charges que celle des premières. Lorsqu'on arrive vers le haut de la fusée , les parois du cartouche n'offrent pas des points d'appui aussi solides ; le carton fléchit et est un peu élastique ; on est donc obligé, par ce motif, d'augmenter un peu la hauteur du massif; mais la quantité ne peut être déterminée d'une manière précise. On pourrait donner au massif des fusées du plus petit calibre sept huitièmes de diamètre intérieur; pour les calibres moyens, trois quarts de diamètre, et, pour les plus gros calibre^ , sept douzièmes de diamètre.

Il est d'ailleurs utile, lorsqu'on a plusieurs fuséesd'un même calibre à charger, d'en essayer une ou deux. Si la fusée retombait trop bas avant de répandre sa garniture, cela indiquerait que le massif a trop d'épaisseur; on le ferait un peu

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moins fort. Si , au contraire, la fusée ne montait pas assez haut, quoique son ascension fût rapide, ce serait signe qu'il n'y a pas assez de massif, et alors on l'augmenterait.

L'absence de fixité dans la plupart des opérations et l'incertitude des résultats sont très-regrettables ; mais on opère sur des éléments si variables, et qui ont tant d'énergie, qu'il est même étonnant qu'on soit parvenu à les maîtriser à ce point; ce sont, d'ailleurs, des inconvénients inhérents à la pyrotechnie , et qui font partie des difficultés de cet art.

Outil avec lequel on mesure les massifs des fusées volantes.

On fait usage d'un petit instrument très-simple, qui sert à mesurer avec beaucoup de justesse la hauteur du massif des fusées volante^. Cet instrument est formé avec une tringle en Cl de fer, qui doit être assez forte pour se maintenir droite. On la prend plus ou moins grosse, suivant le calibre des fusées ; elle doit être au moins 4'un tiers plus longue que les cartouches.

On pose sur une table unie la tringle en fer et un cartouche de fusée volante ; le cartouche doit être étranglé d'un bout et coupé de la longueur qu'il doit avoir. On tient perpendiculairement le

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cartouche et la tringle, appuyés sur la table, le plus droit possible, et placés à côté l'un de l'autre ; on courbe horizontalement l'extrémité supérieure de la tringle, un peu au-dessus du bout non étranglé du cartouche. Cette partie de la tringle , déjà pliée horizontalement, est encore courbée à son extrémité, mais dans un sens opposé, c'està-dire perpendiculairement. Cette seconde courbure serait dirigée en contre-bas, et faite de manière à ce que, la tringle et le cartouche étant appuyés d'un bout sur la table, placés à côté l'un de l'autre et tenus verticalement , la pointe , dirigée en contre-bas, pénétrât au milieu du vide du cartouche. On placerait la broche à tétine sur son culot; elle porterait bien d'aplomb sur la surface du culot, qui devrait être unie. On poserait aussi verticalement la tringle sur le culot, qui serait séparée de la tétine par un intervalle d'au moins l'épaisseur du cartouche; l'extrémité de la tringle, tournée en contre-bas, se trouverait placée au-dessus de la pointe de la broche. On mesurerait avec précision la hauteur que l'on veut donner au massif, et on limerait l'extrémité de la tringle, qui est tournée en contre-bas, jusqu'à ce que l'intervalle entre la pointe de la broche à tétine et l'extrémité de la tringle fût juste de la hauteur qu'on veut donner au massif.

Cet instrument est d'une grande simplicité et

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est on ne peut plus précis. Le cartouche serait plus ou moins long que l'instrument indiquerait toujours avec justesse la hauteur que doit avoir le massif; car c'est l'intervalle qui se trouve entre les deux pointes, et qui ne peut pas varier, qui détermine la hauteur que doit avoir le massif.

Si on voulait donner plus de surface au bout de la tringle qui pose sur le culot, afin que cette tringle portât plus d'aplomb, on rentrerait dans un petit manche en bois, dont la surface, qui devrait porter sur le culot, serait plane et unie. On n'ajusterait alors la pointe de la tringle qu'après qu'on aurait entré l'autre extrémité dans le manche. Cet instrument ne peut servir qu'à mesurer un seul calibre (celui pour lequel il a été ajusté) ; il en faut un pour chaque diamètre de fusée, ou plutôt pour chaque broche. (Voir le dessin d'un outil à mesurer la hauteur des massifs.)

Pour éviter que la fusée ne défonce , c'est-à-dire que la force du feu ne chasse le massif hors du cartouche, ce qui arrive quelquefois, on rabat à peu près la moitié de l'épaisseur du carton du haut du cartouche sur le massif, en se servant d'un poinçon ou d'un autre instrument analogue. On comprime ce carton rabattu sur le massif avec la baguette pleine la plus grosse. 11 faut tâcher que le carton rabattu laisse, au milieu du massif, une petite partie à découvert. Si le carton

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couvrait la totalité du massif, il faudrait faire, avec une pointe quelconque, un petit trou au milieu, en observant (ce qui est essentiel) de ne pas attaquer la surface du massif, mais seulement de la découvrir un peu , afin que le feu puisse se communiquer à la garniture. Après cette opération, on ôte la ficelle qui liait la gorge de la fusée, afin que l'ouverture du cartouche puisse se dilater et laisser passer la colonne de feu , dont le volume va en augmentant d'une manière rapide. Si le feu éprouvait trop d'obstacle, la fusée crèverait inévitablement. (Voir page suiv. le dessin qui représente une fusée volante entièrement chargée, qu'on aurait coupée par moitié dans toute sa longueur.)

Avant de décrire les dernières opérations qui complètent l'achèvement de la fusée, je vais faire part de quelques observations que je crois utiles, concernant encore la manière de charger les fusées. Après avoir mis une cuillerée de composition dans le cartouche, on frappe légèrement avec la baguette quelques coups sur les parois exrieures du cartouche , afin de faire descendre la composition qui aurait pu s'attacher aux parois intérieures du cartouche.

On introduit doucement la baguette dans le cartouche, en appuyant par degré, faiblement d'abord, puis plus fort ensuite. On frappe avec la masse, très-mollement, les deux ou trois pre-

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