‹ Nouvelles recherches sur les maladies chroniques, et principalement sur les affections organiques et les maladies héréditairesChapitre 32 sur 36 · V »J VJ · texte numérisé non relu

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nelles qui , en affaiblissant ou en stimulant cet organe, peuvent y déterminer J es^ dépôts tuberculeux et la phthisie qui en est la suite.

A. Parmi ces causes, nous n’en connaissons pas de plus fréquente et de plus meurtrière, avec les habiles médecins que nous avons cités , que la suppression de f insensible transpiration et le ca-

HECHERCHES

4io

tarrhe puîmonaire qui en est le produit : sur dijc phthisiques de naissance, neuf le deviennent par une semblable cause. Aussi Morgagni [EpîsU xxtî^ n** 20) dit que la boisson de F eau froide, quand le corps est en sueur , est , en pareille circonstance , une cause très-pernicieuse.

Biichan (/oc. cit. ^ tom. ii, pag. 116) assure queles commencemens de la phthisie sont plus souvent dus à rhumidité des pieds , des habits et au serein qu’à toute autre cause. Bonafox - Demaiet {Traité de la Phthisie pulmonaire ^ page 52 à 58) regarde le froid et les effets qui en résultent comme une cause des plus ordinaires de la phthisie. Cet agent est aussi, d’après l’opinion de M. Broussais, une des causes les plus puissantes pour déterminer cette maladie {Phlegm, chron.y tom. i,' ch. v). Et lorsque Sydenham (tom. 1, Feh, int.^ sect. sext. i, cap.i) prononçait que la suppression de l’excrétion cutanée par le passage du chaud au froid ou par l’allégement trop précoce des habits vers la belle saison, faisait plus de mal que la peste, la famine et la guerre ensemble, se rappelait sans doute tous les effets désastreux de ces causes pour le développement de la phthisie pulmonaire.

Combien n’avons-nous pas vu de jeunes gens inconsidérés, jouissant d’une assez bonne santé, quoique offrant dans leur physique ou celui de leurs pareils des marques du vice scrofuleux, tomber dans des maux chroniques mortels, mais sur-

tout dans la phthisie héréditaire , par la coupe des cheveux dans une saison froide, par l’allégement de leurs habits pendant un temps rigoureux, par le passage d’une rivière au moment que le corps était en' sueur, par l’impression de la pluie ou du froid humide, ou par telle autre cause qui, produisant une affection catarrhalè, amenait à sa suite les terribles effets de la phthisie pulmonaire!

' Avoir signalé les causes qui produisent ordinairement les catarrhes et qui pervertissent les mouvemens vdtaux en les dirigeant de la périphérie au centre, c’est avoir exprimé combien on doit être soigneux aies éviter. Ceux qui redoutent donc cette maladie à cause d’une disposition organique doivent se garantir des rhumes comme des maladies les plus graves, les soigner lorsqu’ils en sont atteints et éviter qu’ils se prolongent. L’habitude de porter un gilet de flanelle sur la peau , de garantir par une forte chaussure les pieds du froid et de rhumide, de se préserver des atteintes de cet agent par des habits chauds en hiver, et d’éviter toutes les causes qui peuvent troubler la sécrétion de la peau, sera, nous n’en doutons pas, un excellent préservatif de la phthisie pulmonaire.

B, On devra encore se préserver, autant que possible , de toutes les maladies inllammatoires aiguës ou chroniques du poumon ou de la plèvre, et les combattre de bonne heure par les moyens convenables lorsqu’elles seront développées. Ces

phlegmasles sont, d'après le témoignage de beau-coup d’auteurs, la cause occasionelle d’une inli» nité de phthlsies. Les accès de fièvre intermittente sont pernicieux aux sujets disposés à cette affection, d’après les remarques du docteur Broussais ; il sera donc urgent de les traiter et les faire disparaître au plus tôt en pareille circonstance.

Ç, Les sujets disposés à la phthisie doivent éviter avec soin tous les arts et métiers qui fournissent des émanations gazeuses ou pulvérulentes capables d’irriter le^poumon, et d’y former des concrétions qui gêneraient la circulation du sang et y feraient naître des stases inflammatoires. Les substances gazeuses, les poudres végétales et les

molécules minérales pu animales qui s’exhalent »

dans les endroits pu s’ exercentj^de pareils métiers, peuvent nuire de^ ti’ois manières b

Par leur qualité pere et corrosive, comme cela arrive pour certaines substaneesxininérales, et principalement chez les ouvriers exposés aux émanations mercurielles , P cuivreuses et jj arsenicales. Ces corpuscules enflamment, corrodent le poumon, et la phlogose qu’ils y établissent est un puissant attractif du principe tuberculeux. Les chimistes , les chaufourniers, les potiers, doreurs, peintres, étameurs de glaces, et les ouvriers qui travaillent aux mines métalliques , sont exposés à ce grave Inconvénient.

2°. Par leur effet mécanique toutes les fols qu’il ne s’exhale que des poudres minérales, végélaics>

OH animales qui ne sont pas douées d’une pro*priété corrosive : les meuniers, les perruquiers, cardeurs de laine, les clianvriers, cordîers, corroyeurs, etc., sont dans ce cas-là.

5*^. Par une qualité relâchante et atonique, lorsque ces exhalations sont jointes à une certaine humidité de l’air ou à des substances qui s’échappent des fabriques et des ateliers. Cet humide venant à diminuer le ton et l’énergie de l’organe pulmonaire, facilite le dépôt tuberculeux en question sur ce viscère. Sont placés dans de pareilles circonstances les amidoniers, les papetiers, les ouvriers employés aux fabrications de salpêtre, mais surtout ceux qui travaillent dans des mines profondes et qui sont perpétuellement dans un air très-humide. Les causes morbides de ce troisième ordre sont d’autant plus pernicieuses pour des sujets disposés à la phthisie héréditaire qu’indépendamment de leur effet relâchant sur le poumon, elles favorisent encore le développement du vice scrofuleux, qui est la cause première de cette espèce de phthisie.

Les annales des^^sciencés et des arts ainsi que les monographies de la^^^phthisie pulmonaire nous apprennent que les ouvriers occupés aux manufac- Uires et fabriques, 'à l’exploitation des mines, périssent de bonne heure de maladies chroniques et principalement de la phthisie, lors même que leur Constitution est forte et capable de résister à l’action de toutes çes causes pernicieuses. En faut-il

davantage pour faire ëloigiier de parelk poisons tous ceux qui , disposes à cette maladie, seraient sûrs de la voir se développer dès F instant qu’ik seraient exposés à Fiofluence meurtrière de ces principes morbides ?

D. Les mêmes individus ne sont pas mieux en, état de supporter les emplois dans lesquels le poumon est fortement exercé et tenu dans une action permanente. Ce trop grand exercice amène le même résultat que Faction d’un stimulus qui y allumerait la phlogose : aussi les crieurs publics, les déclamateurs , acteurs de théâtre, prédicateurs, orateurs (i) sont souvent sujets à la pulmonie. Conséquemment les personnes qui y sont naturellement disposées doivent renoncer à l’exercice de pareilles fonctions ou emplois.

Doivent-elles également éviter le chant, la musique vocale et l’usage des instrumens à vent, qui, en exerçant trop fortement les organes de la respiration, peuvent y développerola phlogose et la phthisie pulmonaire?

Sans doute ce genre d’exercice peut être permis

(i) L’orateur romain était faiblement constitué. Il offrait dans sa compîexion , tous les signes d’une disposition pulmonique. Ses amis et des médecins lui conseillèrent de renoncer pour quelque temps à la tribune, et de voyager, ce qifil fit pendant l’espace de deux ans, au bout desquels ses forcesphysiques furent plus fortes et la disposition phthisique presque dissipée ( Cic.

SîfR LES MAIADIES CHBONIQIÎES.’

jusqu’à un certain point pour fortifier le poumon lorsqu’il n’est pas disposé à l’inflammation : aussi le célèbre professeur Baumes le conseille en pa-reil cas (/oc. cit.^ tom. i, Exercice); et Tissot le chirurgien {Gjmnast. med.) assure que la musique vocale fortifie les poumons, au point que cet exercice, au lieu de développer la phthisie, l’a prévenue chez de jeunes personnes qui portaient une forte disposition à cette maladie. Mais de pareilles assertions, ainsi que celle de Sanctorius, qui prétend avoir préservé de la pulmonie un orateur, en exerçant fortement le poumon ( Eojez Morgagni, Epist. xxii, n® i5), ne doivent pas faire oublier les faits recueillis par Bamazzini, cpii a vu des phthisies se développer chez les déclamateurs , orateurs, chantres, et tous ceux qui exercent fortement la voix ; et ceux rapportés par Morgagni luimême, dont l’un entr’autres est frappant : Un jeune homme dont la voix était très-agréable et léchant couvert d’applaudissemens , mourut phthisique après avoir abusé d’un pareil exercice. Les poumons étaient profondément ulcérés ; l’ulcération se prolongeait même jusqu’au larynx, au point que ce j eune homme mourut au milieu des efforts qu’il faisait pour avaler un liquide.

Les individus qui ont cette disposition phthisique doivent encore renoncer aux métiers qui exigent une pression sur l’épigastre on. sur les viscères abdominaux, d’oii résulte le refoulement du sang U la poitrine.

BËCllÉHCÎÎÉS

E, l/onaiilsme et l’excès dans les plaisirs de l’amour sont encore des causes qui, en augmentant la faiblesse radicale et en développant des symptômes nerveux et le spasme, qui sont deux causes qui facilitent la production des tubercules, d’après Morton et Baumes , doivent être soigneusement évitées par les personnes disposées à la piilmonie héréditaire, et d’autant plus que de pareils sujets y sont plus enclins et s’y livrent ordinairement avec moins de retenue. Ils doivent également se surveiller sur l’article des boissons spiritueuses, des veilles prolongées et des passions fortes de Famé. On sait que ces dernières troublent la cireulation du sang, produisent des stases et l’irritation inflammatoire des poumons.

Parmi les causes occasionelles à éviter pour le développement de la phthisie, on doit sans doute compter la contagion ; et certes , celui qui porte dans sa constitution le germe de cette maladie doit plus que tout autre individu s’éloigner de l’atmosplîère chargée d’émanations pulmoniques, laisser à d’autres le pénible emploi de soigner de pareils malades , n’avoir aucune espèce de communication et surtout de cohabitation avec eux^ n’habiter aucun appartement c[u’ils auraient occupé pendant leur maladie, sans l’avoir au préalable soumis aux moyens de désinfection connus, et surtout ne point faire usage des meubles , hardes et autres effets qui auraient servi à leur usage.

L’opinion de tant de médecins anciens ou mo-

tiernes qui ont cru la phthisie pulmonaire contagieuse, et taiît de faits f^appans rapportes j^af les auteurs sur cet objet (i), imposent l’obligatioh de pr endre des mesures prëservatives, qui ne sont d’ailleurs passibles d’aucune espèce d’inconvënieiit. Ce n’est pas que nous croyions cette maladie trèscontagieuse; nous pensons au contraire, d’aprèS notre expérience, qu’elle l’est très-rarement, et seulement dans certaines circonstances ou l’infection d’un phthisique est à son comble, et la disposition à contracter la maladie très-forte dans celui qui la gagne par cette voie. Sans reproduire les argumens de Cocchi , Castellani , Portai et Chavet pour

(i) On trouve dans plusieurs traites de phthisie pulmonaire une observation puisée dans la Gazette de santé de 1 787 , qui est si extraordinaire qu’on est tenté de la croire fabuleuse. Il s’agit d’un couvent de religieuses de la ville de Bilbao eii Espagne, où la phthisie pulmonaire confirmée fit périr une religieuse. Après sa mort, on brûla tous les meubles de sa chambre, on blanchit la porte, lé^- murs et le plafond. Le plancher fut lavé et on y laissa une couche de sable. Après ces précautions, cette chambre, qui avait une belle exposition, fut habitée par une autre sœur , très -saine et d’une Excellente constitution. Deux mois après , celle-ci devient phthisique et succombe dans l’espace de huit mois, à dater de son entrée dans le fatal appartement.

On prend les memes précautions que la première fois; on brûle tous les meubles , etc., étc. ; une troisième religieuse tfès-saine vient logera cette cellule, et succombe, comme îés autres, à là phthisie, dans l’année.

Cette catastrophe fit faire des réêhèrchés sur une cause

Bl-.CHKRCHF.S

notre o|)iîuon, nous nous bornerons a rapporter quelcpies faits pulsés dans notre praticpie.

II nous serait impossible de produire quekpie observation de phthisie pulmonaire qui nous ait donné la conviction que ce mal a été contracté par la voie de la contagion. Les exemples de phthisie héréditaire que nous pourrions rapporter sont si ^ multipliés, que nous sommes portés à croire que, parmi le grand nombre de phthisiques observés dans tous les pays, la maladie ne se développe presque jamais sans qu’il y ait chez un poitrinaire ou une disposition héréditaire scrofuleuse ou une disposition pulmonique dans les organes delà respiration, et le plus souvent l’une et l’autre.

I®. Dans la première observation rapportée dans

aussi meurtrière J et on s’aperçoit que l’on n’avait pas nettoyé le cordon qui ouvrait la porte quand la religieuse était couchée , et que c’était probfthlement sur ce cordon , qui avait reçu la matière de la sueur et d’autres émanations morbides , que s’était réfugié le principe contagieux. On enleva le cordon pestiféré, on prit les autres précautions d’usage^ et, depuis celte époque, une quatrième sœur put habiter cette cellule en santé, et se portait encore bien au bout de cinq ans, que l’on publia cette observation. Avouons-le de bonne foi , si une maladie aussi fréquente et aussi meurtrière que l’est la phthisie pulmonaire, à cause de son caractère héréditaire , était encore contagieuse à ce point, nous douions que ce fléau fît habituellement moins de ravages que la peste lorsqu’elle est bien établie dans les provinces européennes.

v.e chapitre sur rutilité de i'exercièe et de la vie laborieuse, il s’agit d’une famille ou trois enfans de fâge de dix-sept à vingt ans avaient été enlevés successivement et à un certain intervalle l’un de l’autre, parla phthisie; le quatrième n’échappa a ses atteintes que par les circonstances extraordinaires où il voulut se placer. Eh bien ! les soins qu’exigeaient ces quatre enfans pendant leur maladie ne furent donnés que par la sœur aînée et la mère. La première n’a jan^ais éprouvé les symptômes de cette maladie, et la mère n’est morte que quinze ans après la dernière victime de la phthisie, d'une maladie dont le caractère tenait autant de Fhydrothorax que de la phthisie pulmonaire.

2°. Nous avons cité , au chapitre troisième des maladies héréditaires, une observation où, entre autres feits, il est parlé d’une dame morte de puîmonie, dont la famille était infectée du vice scrofuleux ; deux de ses filles lui prodiguèrent tous les soins que peuvent inspirer l’amour filial et une tendresse des plus rares. Ces deux jeunes personnes avaient la poitrine très - délicate ; l’une* d’elles montre une disposition prochaine a la phthisie ; elle a même craché quelquefois du sang. Néanmoins sa santé et sa poitrine n’ont pas souffert davantage depuis la mort de la mère, qui date déjà de près de quatre ans. L’autre sœur n’a j’ien éprouvé qui fisse craindre les approches de ce mal.

BECHEBCHE«

5®. ün jeune homme, âgé de vingt-un ans, meurt phthisique. Son frère, qui avait été maltraité dans son enfance par le vice sft'ofuleux , dont la poitrine était devenue très-délicate â la suite d’un catarrhe pulmonaire et par une trop grande application â l’étude, qui avait en outre une forte disposition à la pulmonie , à l’époque de la mort de son frère, puisqu’il souffrait hahitiiellement de la poitrine, que des crachats, rendus tous les matins, étalent quelquefois sanglans, paraissait déjà pris ou fortement menacé de cette maladie.

Ces symptômes n’étaient pas l’effet des mia^es contagieux, parce qu’il habitait à cette épocjue un pays éloigné et qu’il n’arriva près de lui qu’au

moment de sa mort. Avec toutes ces dispositions

à la phthisie, il eut l’imprudence de porter pendant long-temps la plupart des habillemens de son frère, de les user même, sans gagner le mal auquel il était si fort disposé. Cet individu existe encore, et ressent aujourd’hui, quoique se portant assez bien, les mêmes dispositions pulmoniques ,qu’à cette époque, quoique le frère soit mort depuis plus de vingt ans.

Un autre individu, âgé de trente ans, avait perdu son père, depuis quelques années, de la phthisie pulmonaire, à l’âge de cinquante-cinq ans. Il habitait un autre pays que Fauteur de ses jours à l’époque ou celui-ci fut atteint et périt de la maladie en question. Il devint ensuite lui-même

phthisique et succomba à cette maladie, ii fut soigné parsoii épouse, qui jouit d’une bonne santé les deux années qui suivirent sa mort. Cette femme ayant contracté, auboutde cet intervalle, un autre mariage, le nouvel époux, dont la famille était atteinte du vice scrofuleux , puisqu’une soeur portai tau cou les stigmates de ce vice et que la mère était morte d’un squirrhe au pilore, devient également phthisique et périt encore de ce mal. Il ne reçoit d’autres soins que ceux de sa femme ; il exige même qu’elle partage sa couche , et l’expose ainsi à toutes les voles de la contaaion. Néanmoins cette femme ne se sent nullement incommodée des divers dangeis auxquels elle s’expose, et sa santé s’est soutenue intacte depuis la mort clu dernier mari , qui date déjà de six ans , malgré qu’elle ait perdu, dans l’intervalle, des suites de la même maladie, une sœur qui habitait une autre maison.

5°. Cette affection héréditaire dans une famille comptait déjà plusieurs victimes parmi lesquelles l’aïeul et l’oncle des trois garçons dont il va être parlé. L’un de ces trois frères n’habitait plus le toit paternel depuis douze ans. Il mourut phthisique à l’âge de trente-six. Les deux autres sont pris de la même maladie deux ans après, presque en même temps; fun âgé de trente-trois ans et l’autre de trente. Ils n’avaient aucune communication pendant leur maladie; ils payent le fatal tribut à quelques jours d’intervalle et après avoir souffert

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f|ueiqiie temps de ia poitrine avant que leur mal se déclarât. Les deux premiers ont été soignés dans leur maladie par leurs épouses, dont la santé n’a pas été altérée depuis la mort des maris , qui a eu lieu, pour le premier, depuis dix ans, et huit pour le second. Le troisième a reçu des soins d’une sœur qui a vécu jusqu’à ce jour à l’abri de ia phthisie, malgré la disposition héréditaire de la famille.

Voilà un exemple frappant qui prouve à la fois et l’hérédité de la pulmonie, et ses qualités contagieuses pour ainsi dire milles.

Ces faits ne détruisent pas sans doute ceux qui prouvent la contagion de la phthisie pulmonaire; mais, réunis aux observations que chaque praticien peut produire, ils doivent faire naître l’idée que cette affection cruelle ne se communique pas avec autant de facilité que certains auteurs voudraient le faire croire, facilité qui exigerait des mesures aussi sévères que celles que Ton prend pour se garantir des maladies contagieuses les plus redoutables.

G. Une autre méthode préservative doit être puisée dans l’influence qu’exerce une constitution épidémique sur la génération de^maladies , tant aiguës que chroniques. Cette influence est telle qu’elle peut développer la phthisie chez un sujet qui y est disposé, soit en excitant une phlogose dans les organes de la respiration lorsque l’épidémie est d’un caractère inflammatoire, soit en exerçant une influence sympathique sur le pou-

mon lorsque la cause épideinique agit dans les j a ernières a oies en faisant prédominer Fappareii bilieux, ou en produisant une affection muqueuse.

Tous les médecins qui nous ont laissé des descriptions d’épidémies nous font connaître l’ influence de cette cause sur toutes les affections accidentelles et la propriété de développer celles dont 011 est menacé. Stoll (^Rat. mecLy tom. Ji.) nous dit que la fièvre bilieuse de 1777 fit naître beaucouji de plithisies pulmonaires, parce qu’on avait négligé de détruire la cause de cette fièvre. Le même auteur et Pienciz (^Act. et Obs. ined.') donnaient l’émétique avec le plus grand succès à des hémoptoïques qui étaient menacés de la phthisie, pendant le règne d’épidémies gastricjues. L’évacuation des matières bilieuses et mLic|ueLises de Festomac , au moyen de ce vomitif, faisait disparaître le crachement de sang, et s’opposait au développement de la pulmonie, au lieu de la provoquer.

Fioke {Feb. bit.) , parmi les maux chroniques qui régnaient durant la constitution bilieuse qu’il a décrite, avait remarqué la toux, qui, si elle n’était pas combattue par les évacuans , amenait l’engorgement, l’inliammation et la purulence du poumon.

M, Baumes {Phthis. pulm.y tom. ii, pag. 112) parle d’un jeune homme menacé de phthisie héj'éditaire depuis dix ans : atteint d’un regorgement considérable de sang , les remèdes usités en pareil cas furent sans effet. Le célèbre De la Mure coiw

ÏIECHERCHEI

|uUë , 4yant egard à la constitution anniieîle et aux fièvres bilieuses qui régnaient épidémiquement, eonseilla de purger de deux ou de trois en trois jours, ayec des purgatifs acidulés. Cette metlipde réussit complètement contre cette hémoptysie.

L’émétique était aussi le remède qu’employait Hippocrate pour combattre les effets épidémiques de la première et quatrième coUvStitution de ses Épidémies, qui développaient beaucoup de malaflies lentes de poitrine. La phthisie fut surtout trèsfréquente pendant cette première constitution. Les personnes faibles , phlegmatiques et qui avaient les épaules saillantes , en furent plus frappées que les autres.

Les phthisies observées à Rouen , par Lepecqde-la-Cloture, a la suite d’une épidémie muqueuse, et par Sims pendant une épidémie semblable qui jetait dans la phthisie les sujets énervés ou qui avaient un germe de vérole ou d’écrouelles, étaient également combattues avec succès par l’émétique, les siics apéritifs , anti-scorbutiques , le soufre et le quinquina. (Baumes, loc. cit.)

AinsÉ lorsque le génie d’une constitution épidémique est de nature à produire'des affections gastriques, et que les évacuans et surtout les vomitifs sont les remèdes les plus convenables, les exemples que nous venons dç citer prouvent qu’on ne doit pas redouter leur usage chez les personnes qui ont la poitrine délicate ou qui sont disposées d^tnema-^

SUK LES MALADIES CHROrs^IQUES.

lîière héréditaire a la plitlilsie } bien plus , leur omission, lorsque de pareils sujets sont atteints de raffection régnante, est la pidnclpale cause du développement de la pulmonie, et leur emploi, au lieu de nuire, est le plus sûr moyen de prévenir cette affection ; et certes , si la constitution épldé^ mlque est Inflammatoire, les saignées sont, à titre de l'emèdes préservatifs, des secours héroïques dont romission serait encore plus pernicieuse. Les évacuations sanguines auront en outre une faculté préservât ive plus assurée lorsqu’elles seront indiquées d’ailleurs par une disposition inflammatoire du poumon , et si elles sont prescrites dans une saison où les phlegmasles régnent plus ordinairement. Aussi les saignées dont Van-Swléten fit usage pour préserver un enfant d’une phthisie héréditaire qui avait immolé presque toute sa famille, furent pratiquées au printemps , époque où la phlogose se développe plus facilement dans le poumon.

§ y. Moyens perturbateurs» Enfin nous supposons que celui qui porte dans sa constitution le fatal germe de la phthisie héréditaire est arrivé à cette malheureuse époc[ue où la pulmonie a fait périr successivement la plupart de sesparens, et que son physique , sa ressemblance à ceux qui lui ont donné le jour, et surtout quelque signe précairseur de cette cruelle affection , lui font présager qu’il va augmenter le nombre des victimes. Dans de pareilles circonstances, il faut tâcher de faire avorter la ma-

RECHERCHEE

laclie par une médecine perturbatrice. Il faut enrayer, par un concours nouveau de circonstances, cette tendance natureiie à la puimonie ; il faut en un mot rompre, s’il est possible^ le mouvement oscillatoire vers les organes de la respiration qui va faire éclore ce germe pernicieux.

On peut obtenir un pareil effet par les moyens perturbateurs suivans : des saignées pratiquées de temps en temps, le vomitif, qui est pour certains auteurs, tels que Thomas Reid, un remède anti-phthisique , les purgatifs réitérés selon la méthode de Sydenham, la respiration d’un autre air, le changement de climat, d’habitudes, des occupations différentes de celles des parens, un exercice extrêmement actif, enfin tout ce qui peut opérer un changement dans re'cooomîe animale, tout opposé aux circonstances au milieu desquelles se sont trouvés les ascendans qui ont succombé a la phthisie pulmonaire.

Mais ces changemens dans l’économie vivante, on peut les obtenir encore par des voyages de long cours, ou par terre ou par mer, qui, indépendamment des avantages qu’ils procureront sous le rapport qui nous occupe, auront encore celui de fortifier les constitutions et l’organe pulmonaire, ainsi que nous l’avons prouvé en pariant de l’exercice.

Cette méthode était connue des anciens, et ils en savaient retirer de précieux avantages. Les Romains envoyaient leurs phthisiques en Egypte,

parce qu ils avaient reconnu C|ue la navigation leur était salutaire. Tantôt g était à Alexandrie quils établissaient leur résidence; d’autres fois dans les provinces voisines, dont le climat était bien différent de celui de Rome.

Au rapport d’Etmüller, des voyages continuels préservèrent de la phthisie un individu qui avait

déjà vu périr de cette maladie son père, sa mère

et ses trois soeurs. Gilchrist, qui a fait connaître les bons effets de la navigation pour les pulmoniques, prescrivit ce moyen à un sujet arrivé à l’âge fatal où ses parens étaient morts de la phthisie pulmonaire. On sait que Grant conseillait aussi les voyages d’Amérique pour prévenir et guérir cette maladie.

* Si la fortune de ceux qui sont menacés de ce mal ne leur permet pas ces sortes de voyages, ils peuvent arriver au même but en essayant un autre genre de moyens perturbateurs qui rompent la chaîne des mouvemens qui engendre la phthisie. Le passage d’une province à une autre, d’un ‘climat froid à un pays chaud, d’une température âpre à une plus douce, d’une vie sédentaire à une active; des voyages non interrompus parterre, mais surtout les secousses des changemens brusques et la vie laborieuse des militaires , peuvent suppléer à une longue navigation et au passage d’un hémisphère à l’autre.

Nous sommes persuadé cpae les deux jeunes-gens dont nous avons fait l’histoire (§ Mojens

fortijîans) f et qui étaient à la Teille crétre victimes de la phthisie, durent leur salut, Indépendamment de Texercice, aux changemens brusques et salutaires introduits dans leur économie par un régime nouveau, des occupations opposées qui s'accordaient avec leur goût, le changement d’air et autres circonstances cmi différaient entièrement de celles où ils étaient placés auparavant.

Les moyens perturbateurs que nous conseillons, tels que saignées, évacuans, exercices et autres moyenshygiéniqiies détaillés, agissent, ànotreavis, en introduisant dans l’économie vivante une nouvelle série de moiivemens vitaux qui croise et détourne celle qui tend a développer la pulmonie; ils produisent des secousses et des lièvres factices qui détruisent l’aptitude phthisique. C’est moyen de pareilles secousses et d’une véritable fièvre cjue la nature change les dispositions intérieures du système pour acclimater les individus qui passent d’un hémisphère à l’autre, d’un climat a un autre lointain.

Nous terminerons ici ce que nous avions à dire sur la phthisie héréditaire et sur les affections lentes qui ont été le sujet de notre ouvrage. Si 110 lecteur sévère trouve une trop grande disproportion entre le chapitre consacré a la prophylactique de la phthisie de naissance et ceux des autres maladies chroniques, voici notre réponse : la phthisie pulmonaire est la plus meurtrière de toutes les maladies chroniques ; celle qui est hé-

■fvü?t LES MAI.LDÎES CÎÎR0A7QUES.

réditaire est la plus commune et la plus mortelle de toutes les espèces de phthisie; elle se joue de toutes les ressources de la médecine lorsqu’elle est bien formée : par conséquent on ne saurait prendre trop de mesures et de précautions pour prévenir son développement.

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