‹ Nouvelles recherches sur les propriétés physiques, chimiques et minérales des eaux de ChateldonChapitre 2 sur 30 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Chateldon, chef-lieu de canton, est une petite ville du département du Puy-de-Dôme, arrondissement de Thiers ; sa population est de 1 ,000 habitants. Elle est située au centre de la France , au sud sud-est de Paris , et à 37 myriamètres de cette capitale ; à l'ouest de Lyon , dont elle est distante de 1 5 myriamètres ; à l'est, nord-est de Clermont-Ferrand, et à 4 myriamètres de cette ville, à 8 myriamètres de Moulins et à 2 myriamètres environ de Vichy, si connu par ses eaux thermales.

Chateldon , par sa position géologique , termine à l'est nord-ouest, ce vaste bassin qu'on nomme la Limagne. Cette petite ville est bâtie au fond d'une riante vallée sur des sables granitiques : elle est dominée de toute part, excepté à l'ouest, par des collines sur lesquelles on a planté des vignes magniliques qui

produisent de très bon vin. Le climat de Chateldon est doux et tempéré, et le printemps commence de très bonne heure.

La révolution de 1789 a détruit les documents historiques qui mentionnaient l'époque de la fondation du château et de la ville de Chateldon. La tradition fait remonter la construction du château au règne de Louis VI, dit le Gros, et nous apprend qu'après la mort de ce prince, le premier août 1 1 37, cette demeure seigneuriale et ses dépendances passèrent à la maison de Dreux, entre les mains de Robert, son fils, qui fut la tige des comtes de ce nom et des comtes de Bretagne. Le château fut, dit-on, bâti avant la ville, qui clans le principe, ne s'étendait pas au-delà de la tour du Beffroi aujourd'hui l'horloge de la ville. La tradition rapporte que la maison Sergentale, voisine de l'horloge, et remarquable par son architecture gothique, fut une des premières constructions élevées au dehors des murs de la cour du château. Plus tard, lorsqu'autour de cette maison on eut élevé quelques cabanes, et quand les bourgeois et gentilshommes eurent fait bâtir leurs habitations avec pignons sur rue et flanquées de tours, on donna le nom de ville à Chateldon, comme on le voit dans l'acte de vente de Jehan de Dreux à Jehan Aycelin, abbé, puis évêque de Clermont, daté du mardi après la Saint-Hilaire, de l'an 1301 , par lequel Jehan de Dreux, du consentement de Anne de Beaujeu.son épouse, vend à Jehan Ayrelin, le château

et la ville de Chateldon Castrwm cl Villam Castriondonis, moyennant 4,000 livres. Quelquetemps après, le comte de Dreux, et Anne de Beaujeu sa femme, consentirent par lettre donnée le samedi après la Saint- Denis 1 301 , à Chateldon, à payer au Roy Philippe-le- Bel, 5,000 pièces tournois, somme dont ce monarque avait augmenté la vente de Chateldon et dépendances à son profit. Les lettres portent que ces 3,000 pièces tournois devaient être payées une fois tant seulement.

Les seigneurs firent élever de hautes et d'épaisses murailles autour de la ville naissante, afin de la préserver des attaques de leurs voisins. Les habitants ainsi protégés purent se livrer au commerce et à l'industrie, et tout fait supposer qu'au moyen-âge, leur ville avait la réputation d'être très commerçante. Les anciennes désignations de rues conservées , certains quartiers aujourd'hui déserts, et qui servaient d'emplacement à une industrie très florissante alors, prouvent que Chateldon se livrait sur une grande échelle au commerce de la coutellerie, de la quincaillerie ; que de nombreuses tanneries occupaient ses ouvriers et y entretenaient l'aisance et même la richesse ; aussi ses habitants avaient inscrit sur leur banière cette divise :

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