‹ Nouvelles recherches sur les propriétés physiques, chimiques et minérales des eaux de ChateldonChapitre 4 sur 30 · DESCRIPTION DES CURIOSITÉS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES CURIOSITÉS

DES nilINES, DES SITES PITTORESQUES SITUES DANS LA VILLE DE CHATELDON OU DANS LES ENVIRONS.

Homme» remarquable» qui y sont nés.

La petite ville de Chateldon est située dans le fond d'une vallée, sur des sables granitiques. Elle était autrefois flanquée de grosses tours dont on voit encore les ruines. La rivière du Vauziron, qui descend des montagnes voisines , vient baigner ses vieilles murailles formant l'enceinte de la ville et coule sur un lit rocailleux. Plusieurs petits ponts établissent des communications entre la campagne et les rues tortueuses et étroites. La

plupart des maisons sont en bois avec des étages qui avancent au-dessus de la rue. Les vides que laisse la charpente sont remplis par de la maçonnerie. Plusieurs d'entre elles, de structure gothique, offrent une certaine élégance. L'ensemble de la ville présente au visiteur l'aspect original d'une cité du moyen-âge. La tour de l'Horloge ou ancien beffroi, la maison Sergental, les ruines de l'habitation du bailli méritent d'être vues. L'ancien château de Chateldon, dont les principales fortifications furent démantelées vers l'an 4620, par ordre du cardinal de Richelieu, s'élève imposant au milieu de la ville. Les riches massifs qui l'entourent, ses vieux murs noircis par le temps, supportant de longues guirlandes de lierre, ses remparts qui dominent la vallée et d'où l'on découvre sous ses pieds de riches coteaux couverts de vignobles dont les vins sont réputés les les meilleurs de l'Auvergne, sont l'objet de l'étonnement et de l'admiration de l'étranger. M. Tapon, son propriétaire actuel, a su rendre attrayante la visite de son château. L'aspect gothique de cette demeure seigneuriale, ses galeries, où l'artiste remarque des meubles, moyenâge savamment sculptés, les ruines d'une chapelle où on découvre quelques vestiges de peinture à fresque du XII e siècle, captivent l'intérêt du visiteur.

L'église semble aussi fort ancienne, quoiqu'on y ait adapté un clocher neuf on y voit, dans le fond, une descente de croix, œuvre de M. Poyet, peintre de talent, qui en a fait don à l'église. On remarque dans le chœur

quatre grands tableaux, représentant les t/uatre Evangélistes, bien plus grands que nature : ces peintures sont du commencement du siècle et ne manquent pas de mérite. Une chaire sculptée par M. Poyet, menuisier de Chateldon, est, aux yeux des connaisseurs , un objet d'art remarquable. Son auteur l'a faite d'inspiration, sans modèle et sans aucune notion de sculpture. On distingue sur l'une des portes de l'église un moine sculpté par les religieux du moyen-âge. Il est dommage qu'il ait été mutilé par la révolution.

Les visiteurs peuvent descendre en toute confiance à l'hôtel de la Couronne-Dorée, tenu par M. Servagnet- Costet, propriétaire en outre du clos du Puy-Chevalet, qui fournit d'excellent vin rouge pouvant rivaliser avec le meilleur Bourgogne.

L'hôtel Dassaud-Charnet offre également tout le confortable qu'on peut désirer.

Le touriste qui gravit le coteau de Gironde découvre devant lui un vaste horizon borné à l'est par les montagnes du Forez et du Velay, au midi par la chaîne du Mont-d'Or et le Puy-de-Dôme , à l'ouest par l'immense forêt de Randan avec son superbe château, les coteaux ravissants des environs de Vichy, l'antique manoir des comtes de Bourbon-Busset. Le cours sinueux de la Dore et de l'Allier, dont les eaux fertilisent le riche bassin circonscrit par ces montagnes, l'élégante architecture du Pont de ris jeté sur l'Allier, complètent ce magnifique panorama.

En remontant le cours de Vauziron, dont les eaux abondantes font mouvoir un moulin à tan, de nombreux moulins à blé et alimentent de belles prairies, on arrive au domaine de M. Barghon de Fort-Rion, propriétaire intelligent et habile agriculteur qui, par une exploitation consciencieuse, a su en quelques années augmenter d'une manière notable la valeur des terres et des bois formant sa propriété, qui n'est autre que l'ancien fief de Fort-Rion. L'ancien château, qui a été détruit et dont il ne reste plus qu'une poterne, fut construit au XIV e siècle par les moines de Ris, et fut revendu, vers le milieu du XVII e , à Jacques de Chervier , écuyer , lieutenant de vaisseau, et passa successivement à son fils Etienne, officier de cavalerie, puis à MM. Huguet qui le revendirent après la révolution de 1 789.

Le château actuel est situé sur les ruines de l'ancien, dans un site agreste. La chaîne de montagnes qui l'entoure, les belles forêts de chênes et de sapins qui l'avoisinent, les montagnes du Mont-Dore qu'on découvre au loin à l'horizon étonnent le regard du visiteur. A l'ouest du domaine de Fort-Rion, sur la limite des communes de Ris , Busset et Arronnes, on aperçoit au hameau dit les Murs , les ruines d'un couvent de Templiers, dont la destruction remonte apparemment au règne de Philippe-le-Bel, destructeur de l'ordre.

Près de Chateldon, au hameau de La Roussille, on remarque un amas de rochers qui offrent à leur surface des creux circulaires taillés dans le granit et qui ne son!

— iy — autre chose que des autels druidiques ou dolmin. Ces cavités recevaient le sang des victimes humaines que les prêtresses des anciens Celtes sacrifiaient à des époques solennelles , et c'est par l'inspection de ce sang humain qu'elles s'inspiraient et prétendaient découvrir la volonté de leurs dieux.

A l'est de Chateldon, sur la limite de cette commune et de celle de Puy-Guillaume au hameau de La Mothe, se trouve un château, œuvre élégante du XVIII e siècle, ancienne maison de plaisance des seigneurs de Chateldon (1).

(i) Cette'ville est la patrie de Gaspard-Joseph-Amand Ducher, écuyer , avocat au parlement de Paris , oui était fils d'Antoine Huguet, sieur Ducher, écuyer et conseiller du roi, lieutenant de la ville de Chateldon, châtelain de Puy-Guillaume et de Montpeyroux. et de Marguerite de Fougerolles, fille de Pierre de Fougerolles, écuyer, seigneur de La Corre, ancien gendarme de la compagnie du roi, chevalier de Saint-Louis. Il naquit en 1738. Ses parents le destinèrent à l'état ecclésiastique; mais les heureuses qualités dont il était doué et la suppression de l'ordre des Jésuites en 1773 changèrent sa carrière. 11 se lança dans le barreau et fut admis au parlement de Paris en qualité d'avocat. C'est alors qu'il publia un ouvrage intitulé « Coutumes générales et locales du Bourbonnais. » Homme d'intelligence, il ne tarda pas à fixer l'attention du gouvernement. Apres avoir obtenu une audience du roi Louis XVI, il fut envoyé en Amérique avec la mission de composer un travail sur les Lois commerciales et constitutionnelles, des treize Etats-Unis. Quelque temps après il fut nommé vice-consul à Portsmouth , dans l'Etat de New-Hampshire, et conserva cette charge jusqu'à la Révolution, époque à laquelle il donna sa démission. Il

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