Comptes-rendus, 1913, p
3. Claude Cochin et Max Bruchet, Une lettre inédite de Michel Colombe, suivie de nouveaux documents sur Jean Perréal et Jean Lemaire de Belges (Paris, 1914, in-8°).
tures que nous avons intencion de faire dresser pour nous et feu nostre treschier mary le duc de Savoye1, que Dieu absoille, et aussi pour nous avoir monstre et obstancion de la grandeur et figurre de Hercules... »
Les sépultures, ce sont les tombeaux de Brou. Mais qu'est ce buste de Marie d'Angleterre? Et, surtout, qui est ce « Pierre Tourrisan » qui répare le buste de la fille du roi Henry VII et qui montre à la gouvernante des Pays-Bas « la grandeur et figurre de Hercules2 »?
Dans leur consciencieux travail, les éditeurs paraissent avoir été embarrassés par ce « tailleur et composeur de figures et ymaiges ». « Il s'agit, — disent-ils, — d'un certain Pierre Tourrisan. Notons, sans insister, qu'un nommé Pierre Terrasson fut choisi peu d'années après pour sculpter les stalles de Brou. » Cette indication est intéressante; mais, visiblement, elle n'a pas satisfait MM. Gochin et Bruchet, — et ajuste titre3.
Je crois pouvoir, d'une conscience tranquille, affirmer qu'il s'agit ici d'un artiste bien plus connu que Terrasson, le florentin Pietro Torrigiano, celui-là même qui, probablement vers 1491, selon la tradition, donna pour jamais, d'un vigoureux coup de poing, au visage de Michel-Ange un caractère tourmenté et quelque peu douloureux.
La seule objection que l'on pourrait faire à cette identification serait l'incertitude où nous sommes encore des détails de la biographie complexe de Torrigiano4. Né à Florence le 24 novembre