‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 19 sur 47 · Ouvr. cité, p. 12, n · texte numérisé non relu

Ouvr. cité, p. 12, n

4. La meilleure biographie de Torrigiano est due à M. Cari Justi (Jahrbuch der k. preuszischen Kunstsammlungen, t. XXVII, 1906, p. 249-281). — On doit, ce semble, continuer à l'appeler Torrigiano, qui est un prénom, et non Torrigiani, qui serait un patrononymique. Cependant, dans le contrat de 1511 dont il va être question, il signe : « Per me Piero Torrigiani, schultore fiorentino »; voy. le travail de M. R. F. Scott (cité un peu plus loin), p. 368, avec un fac similé.

1472, d'abord protégé de Laurent de Médicis, Piero di Torrigiano d'Antonio s'enfuit de sa ville natale, sans doute en 1491, pour échapper, selon Vasari, au châtiment que lui aurait certainement valu la blessure infligée à Michel- Ange. De 1493 à 1494-1495, il est à Rome où il travaille, sous la direction de Pinturicchio, aux stucs des plafonds de l'Appartement Borgia. Ensuite, chargé de compléter l'autel de marbre qui avait été commencé par le cardinal Francesco Piccolomini à la cathédrale de Sienne et auquel plus tard collabora Michel-Ange {, il ébrancha une médiocre statue de saint François, la seule œuvre qu'il ait laissée en Italie. Puis, — on ne sait comment ni pourquoi, — de sculpteur il devient soldat, prend part aux guerres de Pise avec l'infortuné condottiere Paolo Vitelli2, et de Romagne avec César Borgia3. Bientôt on le retrouve combattant au Garigliano, en qualité d'enseigne, avec Pierre de Médicis qui y trouva dans la mort la fin d'un long exil4, puis à Gaète, où Gonsalve de Gordoue défit les troupes françaises5. Enfin, en 1504, il revient à

1. Dans la ratification, par Jacopo et Andréa Piccolomini (15 septembre 1504), du contrat passé le 22 mai 1501 par le cardinal Francesco Piccolomini (Pie III) avec Michel-Ange pour les quinze statues de sa chapelle du Dôme de Sienne, on lit : « Item, comme il y a un saint François de marbre fait de la main de Pielro Turrisiani, on demande, au nom du cardinal, que ledit Michel-Ange, pour son honneur, courtoisie et humanité, finisse de sa main cette statue — dont les draperies et la tête sont inachevées — à Sienne même, où sa Seigneurie Révérendissime la fera transporter, afin qu'elle puisse figurer parmi ses statues, et qu'il ne paraisse pas d'un maître et d'une main différents, parce que cela serait nuisible audit Michel- Ange, tous ceux qui verraient ce saint François disant que c'est une œuvre de lui ». (Milanesi, Le lettere, p. 617.) Il y a là toute une scène tragi-comique, si l'on se souvient des relations antérieures entre Michel-Ange et Torrigiano, — On remarquera la forme Turrisiani, et non Torrisiano (cf. ci-dessus, p. 188, n. 4), qu'il faut aussi rapprocher de la forme française Tourrisan et de la forme anglaise Thoryson.

2. Décapité à la suite de ses insuccès par les Florentins, le 1er octobre 1499. Alessandro Vitelli, gouverneur de la citadelle de Florence pour Charles-Quint après le siège de Florence, vengea assez honteusement le supplice infligé à son père en torturant les prisonniers de Montemurlo et en particulier Filippo Strozzi.

3. Cf. Edoardo Alvisi, Cesare Borgia duca di Romagna (Imola, 1878, petit in-8°), p. 126. — Sur les relations de César Borgia avec Pinturicchio, cf. ibid., p. 14 et 127.

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