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5. La capitulation de Gaète eut lieu le 1er janvier 1504. — D'après M. Justi, c'est à la suite de la campagne napolitaine de Gonsalve de Cordoue qu'apparut en Espagne ce goût de l'art italien, dont Torrigiano allait bientôt tirer un si bon parti.
la sculpture et se met à fabriquer de petits ouvrages de marbre et de bronze qui ont un grand succès parmi les marchands florentins. Quelques-uns de ceux-ci l'emmènent en Angleterre où il exécute ses œuvres les plus importantes, quitte subitement ce pays en 1519 ^ se rend à Florence où il recrute des aides - et essaie d'embaucher Gellini3, rentre à Londres à la fin de 1519 ou au commencement de 1520 et se remet au grand autel de la chapelle de Henry VIL Puis, de nouveau, à une date encore inconnue, sans saluer ses hôtes et sans qu'on sache la raison de son départ, il s'enfuit de Londres et fait voile pour l'Espagne où il s'établit, où son talent est également très apprécié et où il meurt vers 1528 après avoir été, dit-on, poursuivi par le tribunal de l'Inquisition.
Dans cette vie agitée et plutôt malheureuse, les seules dates qui nous importent ici sont celles du séjour de Torrigiano en Angleterre.
Le contrat pour le tombeau de Henry VII, l'un des chefsd'œuvre de JTorrigiano, porte la date du 26 octobre 1512. Il est bien probable que le sculpteur n'obtint pas du jour au lendemain une telle commande. Aussi l'un de ses biographes, M. Alfred Higgins, propose-t-il de faire remonter son arrivée en Angleterre jusqu'en 15094, et M. CarlJusti parait bien admettre cette
1. Selon M. Justi, à la fin de 1518 (op. cit., p. 267). Cependant sa disparition d'Angleterre n'est signalée que le 18 juin 1519 par le consul de la nation florentine à Londres Riccardo de' Ricasoli (ibid., p. 267-268). On pourrait donc croire, comme l'a fait M. Higgins, qu'il était parti peu avant la date de la lettre consulaire (p. 142-143 du travail cité ci-dessous).
2. Justi, op. cit. y p. 267. Parmi ces aides se trouvait Antonio dit Toto del Nunziata, qui bâtit pour Henry VIII le fameux château de Nonsuch. Voy. Digby Wyatt, On the foreign artists employed in England during the sixteenth century, and their influence on British art (London, 1868, in-4°; excerpt from the Transactions of the Royal Institute of British architecls), p. 225 suiv. et pl. — Vers la fin de 1521, Pietro Urbano, le prédécesseur d'Urbino près de Michel-Ange, avait aussi l'intention d'aller exercer ses talents en Espagne (Frey, Sammlung, p. 183).
3. C'est à cette occasion que le terrible orfèvre trace de Torrigiano ce portrait de matamore : « C'était un homme de très belle conformation, très audacieux; il avait plus l'air d'un grand soldat que d'un sculpteur, surtout par ses gestes étonnants, sa voix sonore et un froncement de sourcils capable d'épouvanter n'importe quel homme; et il ne faisait que raconter ses braveries avec ces animaux d'Anglais. » Vita, éd. cit., p. 25.
4. On the work of Florentine sculptors in England in the early part of the sixteenth century; with spécial référence to the tombs of Cardinal Wol-
opinion1. Cette date est sans doute hypothétique, mais voici qu'elle devient de plus en plus vraisemblable, et si quelques nouveaux documents venaient à la confirmer, on ne devrait pas à en être surpris. Je crois d'ailleurs que les documents désirés sont dès maintenant découverts : c'est le mandement de Marguerite d'Autriche, du 26 avril 1510, auquel est venu s'ajouter, il y a deux ans à peine, le contrat pour le tombeau de la mère de Henry VII, Marguerite Beaufort, du 23 novembre 1511 2.
D'après le mandement, « Pierre Tourrisan » a été chargé de « recoller et rejoindre le col de Madame Marie d'Angleterre. . . qui avoit lors esté rompu ». Si l'on a demandé à « Tourrisan » de réparer ce buste, il est permis de supposer qu'il était l'auteur de l'effigie de la sœur de Henry VIII, alors fiancée à Charles d'Espagne et qui devait, en 1514, épouser Louis XII. Il avait donc déjà eu le temps et l'occasion de faire son chemin à la cour d'Angleterre, d'où le buste aurait été envoyé en Flandre à la fin de 1509 ou au commencement de 1510. Peut-être, bien que le mandement n'en dise rien, l'artiste l'avait-il apporté lui-même, et son œuvre s'était-elle brisée au terme du voyage3. C'était sans doute un buste en terre cuite, cette matière où il s'était fait, à partir de 1504, une réputation incontestée : « modeleur de terre », dit de lui le peintre portugais Francisco d'Olanda, en parlant du portrait en terre cuite, modelé par Torrigiano, de l'impératrice Isabelle de Portugal4. L'inventaire de Marguerite d'Autriche,
sey and King Henry VIII, dans The Archaeological Journal, vol. LI (London, 1894, in-4°), p. 131.