‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 39 sur 47 · Ces deux lettres ne figurent pas dans le ms. fr · texte numérisé non relu

Ces deux lettres ne figurent pas dans le ms. fr

luy offre quelque bon party en vostre non, il seroit pour l'accepter. Vous scavez l'exellence du personnaige en son art. S'il vous plaist le retirer, en me le faisant scavoir, j'en feray mon effort, et, ce pendant, n'obmettray de chercher le moyen à le practicquer, estant asseuré que, ce faisant, vous feray service, qui est la chose du monde que plus désire1. »

Le 23 octobre, nouvelle lettre :

« Sire, je vous ay escript de l'huytiesme de ce moys bien amplement de ce qu'il m'a esté possible scavoir et entendre des affaires tant de l'Ytallye que du Turcq, et depuys du xme et du xnne vous ay adverty comme Michael Angelo, excellant painctre, veoyant le dangier de Florence, s'était retyré en ceste ville et ne se monstre point2. Bien ay entendu d'ung [corrigé en quelcun] de ses amys que, si l'on luy offroit bon party, il seroit pour se retirer en France. Vous scavez l'exellence du personnaige. Si vous vouliez le retirer, il vous plaira me faire scavoir quel offre vous vouliez que je luy face de vostre part affin que le puisse plus asseurer...3 »

Le 16 novembre suivant, Baïf annonce au roi le départ du « painctre » et insère dans sa lettre un jugement sévère et peut-être exact sur la conduite de Michel-Ange, qui, après avoir quitté Venise, était déjà arrivé à Ferrare le 9 de ce mois4 :

« Sire, je vous avoys escript de Michael Angello paintre pour le vous faire recouvrer, mays depuys les Florentins l'ont remendé et pardonné le vice de trop grand crainte et timidité, et s'en est retourné audict Florence5. »

Entre temps, François Ier avait informé Baïf des offres qu'il pouvait faire de sa part à l'artiste fugitif ; mais déjà l'ambassadeur avait perdu toute ombre d'espoir. Il écrit, le 9 décembre :

« Sire, depuys les lettres que vous escripviz touchant Michael Angelo, vous ay de rechef escript comme il estoit retourné à Flo-

1. Bibliothèque nationale de Paris, ms. n° 3941 du fonds français (anc. Colbert 2113; Regius 8627. 3), fol. 44. La lettre au connétable, conçue en termes presque identiques, est au fol. 44 v°. — Ce manuscrit est proprement un registre où le secrétaire de Baïf copiait d'une main rapide, avant de les remettre aux courriers, les lettres les plus importantes de l'ambassadeur; de là des caprices graphiques que n'eût pas eus la plume de Baïf.

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