‹ Nouvelles recherches sur Michel-Ange et son entourageChapitre 40 sur 47 · Gotti, Vita, vol. II, p · texte numérisé non relu

Gotti, Vita, vol. II, p

5. Ms. fr. 3941, fol. 54 v°, — Michel-Ange rentra à Florence entre le 20 et le 23 novembre 1529.

rence et qu'il n'y avoit ordre de le retirer à vostre service. Ce neantmoins, j'en escripray à vostre ambassadeur qui est à Florence1 pour lui remonstrer que, s'il veult venir, luy baillerez maison pour sa demeure et douze cens livres d'estat par an ; et, sceu sa responce, ne fauldroy de vous en faire scavoir [la teneur?]2. »

Cependant, plutôt par acquit de conscience, comme il le dit luimême avec une franchise qui nous choque quelque peu, il écrit le 22 décembre à Claude Dodieu, sieur de Vély, ainsi qu'il l'avait promis au roi :

« Monsr, Pour ce que Michael Angelo s'estoit retiré en ceste ville, et m'avoit dit aulcun de ses amys qu'il eust bien voullu prendre party en France, j'en avoys escript au Roy, lequel m'a faict responce qu'il [le] traicteroit tresbien et luy donneroit douze cens francs d'estat par an et maison pour son logis, sans aultre présent que vous scavez qu'il pourroit avoir. Ledict Michael Angello est depuys retourné à Florence. Vous m'escripvés que les despence3 et réparations de la ville sont achevées de fortiffier. Parquoy je présume que les seigneurs pour le présent n'ont plus que faire de luy. Si vous voyez que bien soit de luy en dire quelque mot et luy déclarer l'offre du Roy, taschant à luy faire recouvrir (.sic), vous feriez4 chose tresagreable au Roy ; ce que suys asseuré que faictes ordinairement. Parquoy ne vous en parleray en plus long propos, congnoissant que le personnaige n'est pour en faire aultre chose, car il ne cuydera jamays habandonner son pays5. »

Si Baïf ménageait si peu Michel-Ange, c'est aussi parce qu'il avait cru un instant — sur l'affirmation de Y « ami » de l'artiste, qu'il ne nomme pas et qui était très probablement Benedetto Busini6, — que 1' « excellent peintre » était vraiment décidé à entrer au service de la

1. Claude Dodieu, sieur de Vély. — Dans la liste des ambassadeurs de France à Florence insérée au Catalogue des actes de François Ier, la présence de Dodieu en cette ville est indiquée jusqu'en août 1529 ; elle est attestée jusqu'en janvier 1530 par plusieurs lettres conservées à la Bibliothèque nationale, par exemple par une lettre de lui adressée le 7 janvier 1529 [1530] au connétable (ms. fr., 3003, fol. 36).

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