Notices et documents cités, p
3. Charles du Solier, sieur de Morette, ambassadeur près Charles-Quint de novembre 1529 à juin ou juillet 1531 (Catalogue des actes de François Ier, t. IX, p. 41).
4. Gabriel de Gramont, évêque de Tarbes, ambassadeur à Rome d'août 1529 à novembre 1530 [ibid., p. 61).
5. Lazare de Baïf occupait alors ses loisirs à traduire en français diverses Vies de Plutarque (Pinvert, ouvr. cité, p. 55 et suiv.). — A propos de la tentative de Fausto, Bembo évoque aussi un souvenir classique dans sa lettre à Ramusio (toc. cit.., p. 113) : « On ne doit pas moins estimer cette seconde découverte de la quinquirème par Fausto que ne le fut dans les temps antiques la première, due à Nasithon de Salamine. » Le texte italien porte, pour ce dernier nom, Nasictoiite; il faudrait tout au moins lire Xasittonte. La forme grecque est Nau<n'8ooç, mais on trouve aussi Nauai'Qouç; c'est probablement cette dernière forme que Bembo avait dans l'esprit : il a donc dû écrire Nasittonte ou mieux Nausitonte. Le souvenir vient de Plutarque, Vie de Thésée (XVII, 4) ; Nausithoos était le pilote de Thésée. — Notons que Bembo citait ce passage au moment même où, à Venise, Lazare de Baïf traduisait la Vie de Thésée.
ceste ville nommé Faustus. lequel est renovateur et architecte de la quinquereme, qui seroit bien propice (sic) pour dresser et mettre en ordre ce qui seroit nécessaire à telle affaire. Et ouitre il est homme bien scavant tant en grec que en latin et assez bien expérimenté en son art, et davantaige tresafïectioné à la nation francoyse. Je le fis parler à Monsr de Boury1 quant il fut icy, lequel estoit bien délibéré de vous en faire le rapport2 tel que eussiez le vouloir de le retirer à vostre service. Mays luy prévenu de mort ne l'a peu faire. Parquoy me semble bon par la présente vous en advertyr pour vous declairer que s'il vous plaist le recouvrir à vostre service, je croy que ce sera chose aysée à faire et ne sera point moins utille à vostre magesté que eust esté Michael Angelo, lequel c'est retiré à Florence. Il vous plaira doncques m'en mander vostre vouloir et quel offre vous plaira que luy face. Il est au service de ces seigneurs assez mal traicté, dont n'est jà besoing que leur ambassadeur en saiche rien, car cela luy pourroit nuyre3. »
Baïf, qui terminait alors son traité De re navali4, prit à cœur cette affaire et, dans le registre de la Bibliothèque nationale, il insiste sur Fausto par une douzaine de reprises5.
Mais revenons à Michel- Ange. Quatorze ans se sont écoulés depuis la fuite à Venise. En juin 1544, fatigué des peines que lui avait données le Jugement dernier, Michel- Ange tombe gravement malade. Luigi Del Riccio le transporte dans la maison des Strozzi, l'entoure des soins les plus efficaces, Y « arrache à la mort6 ». Il a
1. Charles du Bec, sieur de Boury (ou plutôt Bourris) et de Vardes, viceamiral de France, « envoyé en mission à l'étranger, pour le fait de la paix » par lettres du 27 décembre 1529. Voy. le P. Anselme, Hist. généal., t. II, p. 86.