Ms. fr. 3941, fol. 81 v
4. Baïf écrit à François de Dinteville, le 25 janvier [1533] (ibid., fol. 229) : « Si vous avez quelque chose des naulx à l'enticque, je vous prie me l'envoyer, car il ne tient que à cela que je ne face imprimer mon livre. » Le De re navali ne parut cependant qu'en 1536 (prid. cal. sept.) chez Bobert Estienne, par les soins de Charles Estienne, in-4°; avec une dédicace à François Ier datée du 24 août 1536 (A. -A. Benouard, Annales des Estienne, Paris, 1843, in-8°, p. 44, n° 19). — Pour les éditions suivantes, cf. le Catalogue général des livres imprimés de la Bibliothèque nationale, t. VI, col. 508-509. — Cf. aussi Léon Dorez, Extraits de la correspondance de F. de Dinteville, dans la Revue des Bibliothèques, t. IV (1894), p. 85-86.
5. Ms. fr. 3941, fol. 83, 172-172 v°, 173, 175 v°, 194, 194 v-195, 196, 198 v°, 201 v°, 208, 429, 429 v°. — Vittore Fausto est nommé par l'Arioste dans YOrlando furioso (XL VI, 19).
6. Lettre de Michel-Ange à Del Biccio (Gotti, Vita, vol. I, p. 282).
sans doute de longs entretiens avec l'artiste, qui avait mis en lui sa confiance depuis la mort de Bartolommeo Angiolini. Les deux amis s'entretiennent des événements tragiques qui ont bouleversé Florence depuis la mort de Laurent de Médicis, et, le 21 juillet, Del Riccio, répondant à Roberto Strozzi, qui lui avait demandé, de Lyon où il séjournait, des nouvelles de l'infirme, il lui fait part de la reconnaissance de Michel-Ange soigné dans sa maison romaine, et il ajoute : « Il vous prie de lui donner quelque nouvelle et de rappeler au Roi ce qu'il lui a déjà fait dire par Scipione, et ensuite par le courrier Deo, que s'il remettait Florence en liberté, il lui ferait, lui Michel- Ange et à ses propres frais, une statue équestre sur la place de la Seigneurie1 ». L'idée est bien de Michel- Ange. Le souvenir de sa fuite de 1529 le poursuit et le tourmente. Il voudrait bien prouver son loyalisme à l'égard de sa patrie et peut-être persuader à ses amis florentins que, s'il avait jadis affirmé son désir de se rendre en France, c'était parce qu'il comptait vraiment y aller et y remplir une mission plus politique qu'artistique. Son imagination s'était évidemment échauffée ce jour-là, en la compagnie de l'agent et ami des Strozzi persécutés2. Et puis, s'il promettait cette statue, il prenait la précaution d'annoncer qu'une fois faite, elle resterait à Florence, et il savait bien qu'avant que son vœu ne fût exaucé, il passerait beaucoup d'eau sous les ponts de l'Arno... Peut-être aussi trouvait-il là un moyen de reprocher indirectement à François Ier l'abandon qu'il avait fait de l'antique alliance florentine au moment du besoin et lorsque son grand rival, Charles-Quint, aidait Clément VII à asservir cette ville pour effacer dans l'esprit du pontife les horreurs, encore toutes récentes, du sac de Rome.
On ne sait si l'offre de Michel- Ange parvint à François Ier. Il est fort possible que les forussis et les bannis florentins en aient informé le roi, et c'est peut-être pour le mettre en goût que Roberto Strozzi lui aurait offert3 les Esclaves ou les Captifs, magnifiques épaves