Travail cité, p
connue? Dans son tableau, Abraham et Isaac s'agenouillent aussi tous deux sur l'autel ; mais, dans tout le reste, on ne remarque aucune dépendance. — On pourra dire que c'est aller trop loin que de vouloir avancer l'hypothèse que Délia Palla, avant de solliciter Del Sarto, ait adressé sa demande à Michel- Ange, et que celui-ci ait voulu lui complaire, au moins par un dessin. Plus j'y pense, plus l'idée s'impose à moi que Michel -Ange, sûr de la faveur de François Ier, voulait en 1529 aller de Venise en France avec Délia Palla » \ Pour ma part, — si je dois dire mon avis sur ce dernier point, — je n'en crois rien, et j'en ai dit plus haut les raisons. Baïf avait raison de penser que « le personnaige n'est[oit] pour en faire aultre chose, car il ne cuydera jamais habandonner son pays2 ».
1. Henry Thode, M. A. Kritische Untersuchungen, t. II, p. 443-444.
2. En mentionnant la note, publiée par M. Engerand, qui figure en marge de l'Inventaire des tableaux et dessins du Roy, de Houasse (1691) : « La Reyne mère [Anne d'Autriche] a brûlé le tableau. — [Dessin de la Léda] à brûler », j'aurais dû rappeler que Cassiano Del Pozzo avait, en 1625, attribué le tableau de la Léda au Rosso : «... Une Léda avec le cygne, faite d'après le carton de celle de Michel- Ange » (Mùntz et Molinier, op. cit., p. 269), et qu'au contraire, vers le même temps, Peiresc inscrivait, dans sa liste des « plus rares peinctures de Fontainebleau », « la petite Leda de Michael-Angelo faicte à l'œuf ». (Bibliothèque nationale de Paris, ms. latin 8957, fol. 128; autogr.) J'aurais aussi dû rappeler les mutilations que le fils du Régent, Louis, duc de Chartres puis d'Orléans, fit subir en 1722, dans un accès de pruderie, aux tableaux de la série mythologique peinte par le Corrège vers 1531-1532 : Léda avec le cygne, Danaé, lo, Antiope. Ils purent cependant être réparés : Charles Coypel les restaura et refit les têtes de la Léda et de l'Io ; la tête de YIo fut de nouveau reprise par Proudhon en 1806 et celle de la Léda par Schlesinger en 1830. Ces deux peintures sont aujourd'hui au Musée de Berlin. V Antiope, restaurée en 1786 par Godefroid, est au -Musée du Louvre, et la Danaé fait partie de la Galerie Borghese, à Rome. Cf. Quirino Bigi, Délia vita e délie opère certe ed incerte di Antonio Allegri detto il Correggio, dans les Atti e Memorie délie RR. Deputazioni di storia patria per le provincie delV Emilia, nuova série, vol. VI, parte II (Modena, 1881, in-8"), p. 74 et suiv. et p. 110; — [Bode], Kônigliche Museen zu Berlin. Beschreibendes Verzeichniss der Gemâlde, 4te Auflage (Berlin, 1898, in-16), p. 3; Seymour de Ricci, Description raisonnée des peintures du Louvre, p. 3-4.
Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupeley-Gouverneur.
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