‹ Nouvelles rêveries [microforme]Chapitre 4 sur 4 · AM.E.R · texte numérisé non relu

AM.E.R

Monts altiers où, sombrant, le somnolent soleil

Épand sa chevelure aux tons d’or et vermeil,

Les arceaux de vos bois sont comme le grillage Calme et mystérieux d’un céleste ermitage.

Dès l'aube l'oiseau trille un chant ce clair éveil, Et les decrescendos du soir sont sans pareil.

De l'ombre et des ravons le mobile mirage,

Est comme un feu de rainpe au milieu du ramage.

Oubliant des humains la raison aux aboïs, Monts paisibles et forts, je n'entends que vos voix

Et j'écoute, ravi, l'accent de votre langue,

Dont la mélodieuse et sublime harangue

Proclame à mon vouloir l’enviable destin, Celui qui monte ainsi que votre haut chemin.

Le monument de Maisonneuve

Devant Notre-Dame, aux pieds de la Vierge pure,

De ce Titan gaulois s'élance la stature:

Au portique sacré les phalanges d'élus Chantent sous le parvis l’hosanna des vertus.

Aigle qui sur les temps jetas ton envergure, Ton bronze resplendit sur notre argile obscure, l'u fis notre grandeur aux âges disparus,

De ton rêve lointain nos destins sont tissus.

Comme ta foi jadis l’airain soutient ton rêve, Dans ces temps orageux ta valeur nous relève, Inspire-nous la foi, la vaillance et le feu

Du plus humble, du plus ignoré de tes preux ;

Découvre le sillon que le doute nous voile

"” qu'éclaire ton front où luit l'antique étoile,

Octobre 1917.

Au lac Archambault

À M. LÉON GÉLINAS

O silence éternel des hauts et vastes monts !

Lac où baignent les bois, les rocs, les cieux profonds: L'alouette, rayon ailé, court sur les plages,

Le héron au vol lourd plane sur les rivages.

La saveur des sapins embaume les vallons,

La grisante odeur des foins monte des sillons:

La brise soupire en l'épaisseur des feuillages, Comme un sourd torrent qui gémit dans les bocages.

Les bois remplis d'oiseaux bleus, vermeils et d'or pur, Sont les orgues de ce temple à voûte d'azur Où vole en tournoyant l’hirondelle joyeuse;

Quand le soleil meurt, à l'heure mystérieuse

Où la cloche tinte au loin, comme un reposoir, Entre deux monts descend l'étoile d’or du soir.

Août 1917.

ES

Aux Canadiens-français d'Ontario

À la mémoire de feu l'honorable F.-D. MoN&

En vain sur ton destin se ruent toutes les rages, Ta force est dans ta foi que rien ne peut ternir:; Le héros est un socle où s'érigent les âges,

Son nom qu'on y grave est le nom de l'avenir.

Les siècles, des grands morts, honorent les outrages, La croix est un sceptre et le tombeau d'un martyr Est le berceau d'un peuple où comme les Rois Mages, S'agenouillent et prient les âges à venir.

Plus fort que le canon, plus haut que le tonnerre, L'idéal, au-delà de l’azur a son aire, Mon frère, reste fort, devant l'autel du mai,

La douleur n'émeut pas un profond idéal:

Comme la foudre qui ravage tout sous elle, Ne laisse qu'un frisson sous la voûte éternelle !

PES nr

Table des Matières

Quelques mots d'appréciation, par Retour

Solitude

L'Amour vainqueur Psychologie d'oiseau

A la source

Le Génie

Soir rustique

Consolation

Ode à Reims

En lisant Pascal

Héros de 37

Un poète

La victoire de la Marne Jeanne d'Arc

Pensées d'automne

La Romance de nos bois George-Étienne Cartier.

Le Chemin dans les monts

Le monument de Maisonneuve Au lac Archambault

Aux Canadiens-français d'Ontario

Albert Ferland

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