‹ Nouvelles satiresChapitre 1 sur 39 · SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE

Hauman et Ce.

€e livre, terminé depuis longtemps, et que des causes particulières ont empêché de paraître Jusqu'à ce jour, renferme deux satires nouvelles et de carac* tères différents. La première, toute politique, se nomme pot-de«vin. On appelle en France pot^devin, tout ce qui se donne par manière de présent an delà du prix qui a été convenu pour un marché, et^ par analogie, tout ce qui se donne en argent, d'une façon secrète, aux hommes puissants, afin d'en obtenir des honneurs ou des places. Le person-

nage idéal de Pot-de-Vin a été poar l'auteur le symbole de cette corruption sourde, de cette transaction journalière avec la conscience , qui , selon lui , tend à altérer les brillantes qualités de la France, à affaiblir son sens moral au profit de son égoïsme, à lui ôter son caractère chevaleresque , et à la faire descendre de son antique grandeur. Il lui a paru , comme à bien d'autres , que l'avenir des peuples ne devait pas être entièrement dans le bonheur matériel, mais aussi dans la dignité de Pâme et dans l'humanité.

La secon(|e satire n'est que morale , et se nomme ËROSTRATE. Le titre indique déjà quel a été le but de l'auteur. Sous le masque antique , il a cherché à peindre cette maladie, si commune de nos jours, la maladie du nom ^ la actif du bruit et de la célébrité.

Su montrantla médiocrité ambitieuse obligéed'aller par le crime à la renommée « il a voulu dégoûter les esprits faibies et vulgaires de la recherche de la gloire. Il a pensé qu'il éuit bon de rappeler ans hommes tourmentés du besoin de laisser trace après eux, cette vérité un peu banale : Que lebroit de ce monde est peu de chose , et que ce que les hommes aiment à applaudir de leur vivant et durant le cours des âges, c'test la manifestation de la cottscience dans

les facultés extraordinaires de rintelligence et du cœur.

A regard de la forme sous laquelle ont dû se dérouler ces idées, l'auteur n*a pas cru deyoir mieux faire que de suivre Texemple laissé par les satiriques anciens. La plupart d'entre eux ont introduit le dialogue dans leurs poèmes. Lui , il a seulement ajouté au sien une action et une légère péripétie. Cette combinaison , en le rapprochant de la comédie, lui a permis de répandre un peu plus d'intérêt dans son ouvrage. Il a cherché enfin , par la variété des rhythmes et les mouvements lyriques , à éviter la monotonie du discours en vers.

Satire premtrrr.

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