LA TERRE B'EUROPE
Il fait nuit. Les oatloDt dorment. Trois d*cntre elles , sans abri et couchées sur la pierre , veulent et se lamentent.
GHAirr DE l'ITAUK, de hk POLOftRB ET »B l'ESPAANJC
Le jour succède au jour et l'année à Tannée , Gonune la feuille yerte à la feuille fanée, Gomme les flots aux flots, comme les vents aux vents ; Et toujours le malheur poursuit nos destinées , Toujours nos yeux sont pleins de larmes obstinées. Nos cœurs d'amers soupirs y de tokigs gémtisementa.
Oh ! les plus désolés des enfants de la terre I Quand verrons-nous finir notre injuste misère? Quand les voiles de deuil seront-ils déchirés? Et quand, rayonnant tous d'une clarté divine , Vers le ciel adouci , notre antique origine , Pourrons-nous relever nos fronts déshonorés?
Jamais, non, non, jamais, car tout nous abandonne : La terre qui nous porte, insensible matrone , Ne se fatigue point à dévorer nos pleurs ; Le soleil n'est point las d'éclairer nos tortures , La nuit de recevoir dans son sein nos murmures , Et la mort contre nous d'accroître ses fureurs.
Écoutez , écoutez ! ce grand bruit qui s'élève Et qui le long des mers passe de grève en grève : C'est l'âpre fusillade aux feux sourds et roulants ; C'est le crime masqué du nom de représailles ; Ce sont les citoyens s'égorgeant sans batailles, Les pères, de sang-froid , immolant leurs enfants.
Et ces explosions obscures et soudaines , Qui sur le vaste globe et ses terres lointaines
A£Bigent les humains dans leor calme profond ; Ce sont des exilés pleins de méiancoUe Qui , rêvant trop aux champs de la douce patrie, La nuit se font sauter le cr&ne avec du plomh.
Puis ces gémissements , ces canzones plaintives , Que depuis cinq cents ans jettent Id mêmes rives Pour les mêmes douleurs et les mêmes dangers ; C'est la voix des captifs pourrissant sous les grilles ; La grandeur des cités et la pudeur des filles Toujours à la merci des sbires étrangers.
Âh! quels maux infinis, quelles vives alarmes! Lorsque son pauvre enfant se débat dans les larmes, Le moindre cœur de mère a les nerfs palpitants ! Du nôtre on peut juger quelles sont les souffrances , Nous qui donnons le sein à des peuples immenses , Et dont le lait nourrit des millions d'enfants.
Et dans les cieux pourtant nous avons un bon père , Un Dieu que l'on dit juste, et dont le bras sévère €k)mme un jonc des marais courbe en deux les méchants; Mais à nos vains soupirs son oreille est fermée ,
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10 POT-DB-Vm.
La foudre sons ses pieds dort sans feu ni fumée , Et son souffle divin Mi vivre nos tyrans.