‹ Nouvelles satiresChapitre 39 sur 39 · L. VURDOT · texte numérisé non relu

L. VURDOT

Grftce aux rapports et aux liaisons que le comte d'Espagne, capitaine général de la Catalogne, entretenait avec les autorités françaises, tous les efforts des constitutionnels échouèrent et furent paralysés. Le résultat de l'expédition de Valdez et de Mina fut le massacre inutile d'une foule de patriotes. On sait dans quel malheureux état est l'Espagne depuis huit ans. Tout le monde connaît les pillages de Ciomez, les exécutions de Mina, les représailles de Cabrera et

les fusillades de Maroto.

Note de VÀuleur,

FRANCE

EXTRAIT

Du discoure de M. Guizol en réponse à celui du génércU Lamarque, à la chambre des députés, le ii janvier 1831.

c L'honorable général vous a rappelé ce qui aurait pu être dit dans cette enceinte par les ministres de Charles X, avant la révolution d'août, à l'occasion de la Belgique et de la Pologne insurgées. Après cela il vous a demandé s'il n'était pas vrai que rien n'était changé aujourd'hui, si ce n'était pas le même langage que vous entendiez h cette tribune, si ce n'était pas la même conduite que tenait le ministère. Ce qu'il y a de changé, messieurs, c'est l'état de la France, de la Belgique, de la Suisse, de la Pologne, voilà les faits qui se sont accomplis depuis la révolution d'août. EUe a, comme on le lui demande de toute part, porté ses fruits hors du territoire de France coinme en France; c'est la révolution du mois d'août

qui a donné à l'Europe ce mouvement auquel elle est près de se laisser emporter.

c Certes, messieurs, il y a, ce me semble, quelque chose de changé , et qui prouve que tout n*est pas aujourd'hui comme sous les ministres de Charles X. La révolution du mois d'août une fois accomplie n'a pu ignorer qu'elle se trouverait bientôt en présence de cet ébranlement général de l'Europe, et qu'elle aurait une conduite difficile à tenir. Elle s'est trouvée dans l'obligation d'avouer, de proclamer, de défendre partout son propre principe, l'exemple qu'elle avait donné , et en même temps dans la nécessité de ne pas porter dans toute l'Europe le désordre , la guerre et la révolution. >

Examinant l'argument d'après lequel on prétendait qu'un peuple qui a adopté un principe doit s'appliquer à le faire prévaloir partout , M. Guizot rappelait que cette fantaisie de soumettre l'Europe à l'unité d'un système n'était pas nouvelle, et il citait Louis XIV, la convention, Napoléon, la Sainte- Alliance. Il disait, en outre, que les nations avaient toiyours revendiqué le droit de se gouverner selon leur besoin , leur instinct : le principe de la liberté des nations avait résisté à toutes les violences.

c Et quel nom porte aigourd'hui ce principe? Celui de non-mtervenUon, messieurs ; c'est le principe de la non -intervention qui représente aujourd'hui la liberté des nations dans leurs rapports entre elles... Eh bien! il s'agit de savoir si ce principe sera

nOTBS. 197

maintenu par notre gouvernement, ou si nous recommencerons ces tentatives d'unité que Je viens d'indiquer> i

Reyenant ensuite sur l'exemple de la convention et de l'empire, M. Gnizot pensait que le ministère dont il avait fait partie comme celui qui lui avait succédé ne s'étaient pas trompés quand ils avaient cboisi entre le système de l'influence pacifique, constitutionnelle, libératrice, et celui de la propagande armée, violente et révolutionnaire.

c Ce sera dans l'avenir, sinon de demain, du moins de l'histoire, l'honneur de la révolution de Juillet, d'avoir été pacifique en Europe, aussi bien quç mo* dérée , libérale en France. Ce sera son honneur de ê'6tre confiée dans la puissance de son exemple , du spectacle de ses institutions, de sa liberté, pour soutenir et propager en Europe des principes qui ne nous s<Mit pas moins chers qu^ aucun autre, et pour lesquels, autant qu'aucun antre, nous avons combattu. Car remarquez, messieurs, nous voulons propager la liberté, mais non les révolutions. Les révolutions, l'insurrection sont un mauvais état du pays : H faut souvent pcuser par là pour arriver à la Uberté : ce n'est point la liberté elle-même. Rien ne se ressemble moins que le spectacle d'un pays en révolution et celui d'un pays libre. Eh bien ! messieurs , ce que nous n'avons pas voulu offrir i l'Europe, c'est la vue d'un état révolutionnaire en France. >

EXTRAIT

D'un discoure du général LafayetU en réponse à M. Sébastiani, dans la séance de la chambre des députés du i8 mars 1831 , à propos de Vintervenlion autrichienne en Italie et des plans de campagne contre la France trouvés dans Us cartons de la chancellerie de Varsovie.

c Messieurs, la violence des reproches qui nous ont été adressés exige quelques explications de ma part. On parle de nous comme si nous étions af ides de guerre, prodigues de sang français. Il est assez bizarre que ce reproche soit adressé à l'homme qui, dans la force de l'âge, et se trouvant par les circonstances, en 92, à la tête du plus grand commandement militaire , était du parti qui voulait attendre que la déclaration de guerre nous fût faite par les puissances étrangères. Mais alors nos principes , nos amis, nos auxiliaires naturels n'étaient point compromis dans les antres pays. Il y a quelque temps que je me plaignais à cette tribune de ces dénominations inexactes de république et de monarchie qui contribuaient à fausser et à embrouiller les idées sur les conditions essentielles, sur les droits imprescriptibles de la liberté, en les portant sur des combinaisons secondaires des gouvernements. Aujour-

NOT£S. i99

d'hui, je me plains de cette distinction qu'on fait entre les amis de la guerre et les amis de la paix. Je ne suivrai pas M. le ministre dans son éloquent discours. Je n'aime pas ces discussions avec lesquelles on se jette des injures à la tête. Et, par exemple, lorsqu'on nous reproche de Touloir la guerre à tout prix , d'en attirer tous les malheurs sur notre pays , tandis que nous ne youlons que défendre son indépendance , sa liberté , son principe vital et l'honneur national, ne pourrions-nous pas accuser, à notre tour, bien injustement, sans doute, les amis de la paix à tout prix , de vouloir se faire pardonner dans les cours de l'Europe notre révolution populaire de juillet, en calmant l'élan de la liberté dans l'intérieur, et en la laissant étouffer dans les pays étrangers?

c Laissons ces accusations injustes des deux parts ; mais je persiste à demander à M. le ministre des affaires étrangères s'il est vrai ou s'il n'est pas vrai qu'il a déclaré o£Eiciellement que le gouvernement français ne consentirait jamais à l'entrée des Autrichiens dans les pays actuellement insurgés de l'Italie. >

M. le ministre des affaires étrangères, de sa place: Entre ne pas consentir et faire la guerre, il y a une grande différence.

M. de Lafayette : t £t moi, messieurs, je persiste à dire qu'après une telle déclaration officielle , laisser ainsi violer l'honneur de cette déclaration , en se contentant de s'écrier : Non, je n'y consens pas,

tOO HOTES.

n'est pas compatible avee la dignité et rhonneur dn peuple français, i

M. le ministre des ai&ires étrangères , de sa place : c Messieurs , le goaTeroement ne peut ni ne doit£ure connaître ce qui se trouve dans ses dépèches et ses négociations. L'orateur qui Tient de parler a un sentiment trop exquis des convenances pour en douter un seul instant. Je connais la carrière glorieuse qu'il a parcourue; Je sais qu'il n'appelle pas la guerre sur son pays , et qu'il la ferait si elle devenait indispensable. Mais qu'il nous rende aussi la Justice de croire que nous l'accepterions avec empressement, si l'honneur, la dignité nationale, la juste appréciation des intérêts de la France Tezigeaient. »

Le discours de la couronne, à l'ouvertare des chambres , le 23 juillet 1831 , avait fait entrevoir quelque espérance de salut aux amis de la Pologne, en parlant des efforts tentés par la dipl<»natie du gouvernement auprès des grandes puissances, pour sauver cette nationalité qui avait réiisté au temps et ses vicissitudes. Mais la nouvelle de l'assaut et de la prise de Varsovie répandue le 16 septembre dans Paris, vint ruiner toutes les espérances et abattre tous les cœurs. Cette nouvelle excita une vive fermentation dans les masses , et devint la cause et le prétexte de graves désordres. A raison de cet événement, il y eut dans la chambre des députés, le 16 septembre , diverses interpellations de la part des njipmbres de l'opposition. M. Mauguin demanda des

NOTBS* 901

explications aux ministres sur ce qui venait de se passer dans la malheureuse Pologne. M. Sébastian! , ministre des affaires étrangères, se contenta de déclarer que le gouvernement n'avait rien appris-de plus que ce qu'il avait publié dans le Moniteur, et il ajouta qu'à la date des lettres reçues : La iranquiUUé régnait à Farsatne.

SOS MOTBS.

FBAGlHEIfTS

Du discours prononcé, le 25 août 1839, au palais de la Bourse, par M, Michel, président sortant du tribunal de commerce,

c Avant de quitter les honorables fonctions que nous devons à la conGance des notables commerçants de cette capitale, permettez-moi, messieurs, de vous présenter un court exposé de nos travaux pendant l'année judiciaire qui vient de s'écouler.

« Le nombre des faillites déclarées dans le cours de cette année est de 788, formant un passif de 65,147,725 fr.^ aucune époque antérieure, le chiffre de nombre n* avait été aussi élevé.

« Les faillites se décomposent comme il suit : 124 dont le passif est au-dessous de 10,000 fr. ; 160 de 20,000 fr. ; 340 de 60,000 fr. ; 81 de 100,000 fr. ; 77 de 200,000 fr. ; 22 de 300,000 fr. ; 22 de 500,000 fr. ,- 12 de 500,000 fr. à 1,000,000; 2 de 1,200,000 à 1,300,000 fr.; 3 de 2,000,000 à 2,300,000 fr. ; 1 de 3,400,000 fr. ; 54 dont le passif est inconnu.

« On compte dans le département de la Seine 72,000 patentés, mais il faut en déduire ce qui forme

JXOTES. SOS

U sixième et la septième classe , les artisans et les oiiTriers sujets à patentes et les uon-commerçants au nombre de 35,000 environ. C'est dont 37,000 commerçants pour Paris et la banlieue. Cette année, le rapport du nombre des faillis est à celui des commerçantsdeS à 100. Année commune depuis 1820, il n'a pas atteint 1 sur 100 en moyenne.

c Le relevé de Tan dernier présentait un dividende en moyenne de 15 pour 100. Celui fait cette année présente à peu près le même résultat. Prenant les faillites terminées du 1«' juillet 1838 au 1" juillet 1839, qui sont au nombre de 496, vous avez un dividende commun de 14 1/4 pour 100, sur 40,000,000, ou environ, 34,000,000 de perte par année.

c Le capital primitif de ces 496 faillis peut être évalué à 3,000,000 de fr. environ, soit 6,000 fr. par individu, s'il était possible de calculer par individu, car beaucoup n'avaient rien en commençant.

c J'ai dit que le passif total de ces 496 faillis s'élevait à 40,000,000 de fr. La durée de l'existence commerciale de ces 496 faillis aura été en moyenne de 5 à 6 ans. Ainsi sur 37,000 commerçants, 496 ayant commencé avec un capital de 3,000,000 ensemble, ou 6,000 fr. par individu, auraient en six ans absorbé 34,000,000, soit 5,000,600 francs pj^ année ou 11,300 fr. chacun.

«Ce résultat n'est pas extraordinaire, quand (m

f04 NOTES.

considère les frais eicessifs qu'an gran'd nombre de ces faillis ont faits en s'établissant, l'inconduite et la mauvaise foi de quelques-uns, et surtout le défaut d'ordre et de régularité dans les écritures et la comptabilité du plus grand nombre.

c La cour royale a prononcé sept réhabilitations et quatre nouvelles demandes sont formées. >

M. Pépin le Halleur, occupant le fantenil de la présidence, a pris la parole et a prononcé à son tour le discours suivant.

• Ne devez-vous pas espérer, messieurs, que ces jours de crise commerciale qui agitent encore le commerce et l'industrie nationale, disparaîtront bientôt pour faire place à des Jours de calme et de prospérité? Vous penserez avec nous, messieurs, que les épreuves par lesquelles le commerce et rin* dustrie viennent de passer seront salutaires pour l'avenir...

c De longtemps, sans doute, nous ne reverrons V€Utuc€f Vinirigue et la mauvaise foi déployer leurs bannières dans le sanctuaire du commerce et de l'industrie. Nos yeux ne seront plus afDUgés par ces prospeclps mensongers à l'aide desquels la foi publique a été si audacieusement exploitée. Nous ne verrons plus des hommes investis de la confiance

NOTES. tO$

publique, prêter leur ministère, leur entremise, leur crédit, pour faciliter les trompeuses négociations de cette multitude de prétendues actions industrielles dont les valeurs parcouraient en quelques mois des phases si diverses et retombaient subitement dans le néant.

« Nous n'aurons plus la douleur de voir ces longues crises ministérielles qui alarment si justement les intérêts privés : ces luttes politiques où les sentiments généreux se confondent tvec les apparences d'ambitions personnelles et de pénibles rivalités. C'est de toutes ces funestes causes que provient ce surcroît de procès et de faillites , qui auraient encombré le sanctuaif e de la justice , si nos dignes prédécesseurs n'avaient redoublé de zèle et de travail pour en prononcer de si nombreuses solutions.

FRAGMEIfT

D*un article du Courrier français, en date du

26 août 1830.

Le commerce français est en décadence;... ce malaise a des causes politiques qu'il y aurait de FaTeuglement à contester. Hais ces obstacles, que nous appellerons naturels , car ils composent aujourd'hui la force des choses , les individus les ont aggravés par l'incurie et par la manyaise foi. Des habitudes de fraude et de piraterie se sont introduites dans le commerce français, si renommé autrefois pour sa loyauté. On n'a pas oublié que M. Duchâtel, ministre du commerce, fut obligé de dénoncer, par une ctrculaire publique, les indignes manœuvres de quelques-uns de nos négociants dans l'Amérique du Sud, Il y a quelques jours, les feuilles de Bordeaux publiaient une lettre de la Martinique, où des fraudes du même genre étaient révélées. Notre commerce perd peu à peu les débouchés dont il était en possession. Les négociants bordelais, qui dénaturaient les plus admirables farines de Moissac pour les expédier aux colonies, en sont chassés par des expéditeurs du Havre. Nou« ne vendons plus de drap au dehors depuis que Ton s'est convaincu que les

fabricants français n'avaient envoyé qae des étoffes saqs solidité et dont l'aunage était mensonger... Il ne nous reste au dehors que le commerce des modes et des objets d'art.

tôt HOTES.

EXTKAIT

Du Rapport de M. Bkmqui, membre de V Institut, sur la situation économique de nos possessions dans le nord de V Afrique, en date du mois de novembre 1839.

Nous devons confesser que dans la première effer- Tescence de l'enfantement colonial , les Européens ont eu des torts qui ne réclament pas à nn ftiible degré l'attention et peut-être la sévérité de la métropole. Nous avons donné dans Alger de funestes exemples. Le flot qui transporta nos premiers émigrants n'était pas exempt d'écume. On se crut tout permis dès qu'on eut échappé à ces regards investigateurs qui, dans les pays libres, retiennent les hommes sur la pente du mal à défaut de morale. En nous voyant céder à des penchants honteux dans les moments de confusion et de désordre, les Arabes ne durent pas concevoir une haute idée de nos mœurs. Dans ce nouveau monde français , les Washington et les Franklin furent rares. Nous venions d'un pays où le mariage est en honneur, et le mariage est de fait aboli en Afrique. Nous avons pris la polygamie aux Musulmans et nous en avons fait le concubinage. Nous avons substitué le scandale de la publicité aux écarts du moins mystérieux de la vie des harems..

Nous avons traité l'Algérie comme nos aïeux ont traité les lies Caraïbes, mais les temps sont vraiment difiërents. La supériorité d'une race ne se prouve plus aujourd'hui par des excès et par des turpitudes ; quand on prétend commander à des hommes, peuple ou roi, on leur doit l'exemple, sinon des vertus, au moins de la décence et de la dignité. Je ne crains pas de le dire avec une impartialité sincère , nous n'avons pas toujours montré en Afrique ces deux compagnes inséparables de la puissance d'un grand peuple. La régence a trop été considérée comme une curée offerte à la cupidité; en un mot, tous ceux qui devaient donner le bon exemple , ne l'ont pas donné.

su DEUXIÈME POEME.

ËROSTRATE. JeuDO homme qui mit le feu ta temple de Diane à Ëphèse , Tan du monde 3648, et la nuit même où naquit Âleiandre. Il commit cette action , disent les historiens, dans le temps que la déesse aidait Olympias, mère d'Alexandre, dans les douleurs de l'enfantement. Il crut s'immortaliser par ce crime , mais les Ëphésiens condamnèrent son nom à un éternel oubli. (Plutarque , m Alex. Val. Max. , 8, c. 14.)

Le temple d'Ëph^se. Éphèse , ville maritime de l'Asie Mineure, était située près de l'embouchure du Gaystre , dans la Méditerranée. Elle fut le principal établissement de la colonie ionienne, qui se répandit

su NOTES.

alentour et donna à toute la contrée le nouveau nbm d'Ionie. Son territoire , au rapport d'Hérodote , fut d'abord une mer ou un golfe comblé par lesalluvlons du Gaystre. Peut-être l'union mythique de Gayatrot et de Derceto , déesse de la mer, n'est-elle qu'une allusion à ce fait primitif. Gaystros, fils de l'amazone Penthésilée , uni à Derceto , donna le jour au héros Ëphésus. Gelui-ciy de concert avec l'aulochthone Grésus , fonda le premier temple d'Éphèse dans ces lieux habités de tous temps par les barbares Gariens et Lélèges, et assigna autour du temple des habitations pour les amazones qui y étaient venues chercher un refuge. Un autre mythe attribuait la fondation du temple aux amazones elles-mêmes. Un troisième récit, faisant bâtir ce temple à sept reprises, reportait sa première origine et celle du culte qu'on y célébrait, dans les ténèbres delà plus haute antiquité. . Le premier temple qui fut dressé en l'honneur de Diane n'était point cette merveille du monde , cet édifice superbe qui fut construit aux dépens des pliu puissantes villes de l'Asie. Le temple qui fut brûlé par Érostrate avait été bâti sur les dessins de Ctési phonte, en compagnie de son fis Métagènes. Ges deux architectes, natifs de Gnosse en Grête, et desquels les anciens parlent avec la plus haute distinction, introduisirent dans sa construction l'ordre ionique.

Pline remarque que la première invention de mettre des colonnes sur un piédestal et de les orner

NOTES. il S

de chapiteaux et de vases , fat pratiquée par eux.

Le temple était situé au bord de la mer , sur un fond marécageux, ce qui avait nécessité de grands travaux pour affermir le sol.

C'était un diptère octostyle. Il avait i25 pieds de long sur 220 pieds de large : on voyait 127 colonnes de Paros , d'ordre ionique , dont les rois d'Asie avaient fait la dépense , et ces colonnes portaient chacune 60 pieds de haut; il y en avait trente-six couvertes de bas-reliefs, et parmi celles-ci il s'en trouvait une de la main de Scopas. Les portes étaient de cyprès toujours luisant et poli. La charpente était de bois de cèdre , et la statue de Diane était d'or, si l'on en croit Xénophon. On montait au portique par dix marcheit. Les richesses et les ornements de ce magnifique édifice étaient sans nombre; on le venait voir de fort loin, et les étrangers tâchaient à l'envi d'en emporter des modèles*

Voilà le temple qui fut ruiné par Ërostrate. Depuis on en rebâtit un autre aussi magnifique que celui qui avait péri par les flammes. Cheiromocrate en fut l'architecte. Les plus fameux sculpteurs de la Grèce l'ornèrent de leurs ouvrages. L'autel était presque tout de la main de Praxitèle. Outre les bas-reliefs et les statues des plus grands mattres , ce temple fut , selon l'apparence , embelli des tableaux de la main de Parrhasius et de plusieurs -antres illustres artistes. Strabon en parle pour l'avoir vu au temps d'Auguste.

Néron en emporta les plus grandes richesses , \en

Ite NOTES.

Scythe le dépouillèrent ensuite en 965. Enfin il est vraisemblable qu^l fut entièrement démoli sous Constantin, en conséquence de Tédit par lequel il ordonna de renverser tous les temples du paganisme. (Pline, Yitruve , Strabon , Hirt et Greuzer.)

Diane. La plus antique image de cette déesse fat, comme celle de Gybèle , une idole que l'on croyait envoyée du ciel , et les habitants d'Éphèse attachaient le plus grand prix à sa possession. A en juger par les médailles de cette ville, qui uous présentent souvent un simple tronc avec une tête et des pieds , telle fut peut-être la figure de cette idole primitive, sans doute accompagnée, dès l'origine, d'attributs significatif. Un caractère non moins antique , non moins essentiel dans les idoles de la déese, c'est qu'elles étaient faites de bois d'ébène : rarement on le remplaçait par le bois de vigne ou par le cèdre. En efiét, la couleur noire était indiquée par l'idée fondamentale de cet être symbolique.G'est ainsi que les Athéniens enveloppaient jusqu'aux pieds les images d'Ilithyia. Cependant Xénophon parle d'une statue d'orque l'on avait substituée à l'antique statue de bois. L'idole, arrivée à son point de perfection, offire aux regards une figure panthée, assemblage des attributs les plus divers, où semblent se reproduire cette multitude de traits mythiques puisés dans les religions de la haute Asie, de la Scythie et de l'Egypte. Les Grecs, suivant leur coutume, décomposèrent dans leur

^h^Ébrtl

poésie et dans leur sculpture cette grande et multiple unité ; mais les Ioniens , à leur arrivée sur les côtes d'Asie, respectèrent le caractère antique de cette religion et le caractère qu'elle avait pour objet. En considérant dans le détail les attributs de cette figure riche et variée , on est d'abord frappé de celui qui surmonte sa tète souvent voilée par derrière , c'est la couronne de tours que l'on croit avoir été la coiffure propre aux Lydiens. Sur les médailles, la déesse porte encore le calathus, où l'on a vu la trace d'un chapiteau de colonne , mais qui est plutôt un moditu ou boisseau , image de la fertilité. Les mamelles qui lui ont mérité le nom de déesse aux nombreuses mamelles , sont presque toujours celles d'animaux. Au-dessus se remarque souvent le croissant de la lune; au-dessous on aperçoit des têtes d'animaux réels , de lions , de vaches , de cerfs , accompagnés d'abeilles et de l'écrevisse de mer ; ensuite des animaux fabuleux , des griffons , des dragons , des sphinx, etc., etc. Enfin çà et là de véritables arabesques , sans oublier le double collier de fleurs et de fruits , entre lesquels on distingue le chrysanthemum et la rose. {Symbolique de Greuzer , traduite par M. Guigniaut.)

Différents surnoms de diane. Les anciennes mythologies ayant attribué divers caractères à cette déesse, lui ont accordé également divers noms. Tantôt c'est la redoutable Brimo, c'est la terrible Hécate aux trois

nS ' NOTES.

les durs métaux , ils brisent les barrières de la nature, ils tournent à leur gré le cœur des hommes , et fléchissent sans résistance la Tolonté même des dieux. Il ne faut pas s'étonner de voir les Telchines passer eux-mêmes dans la sphère des antiques divinités de la nature et de leurs ministres sacrés , tellement qu'ils paraissent quelquefois s'identifler avec les Cabires. {Symbolique de Creuzer, traduite par M. Guigniaut.)

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