V. GUÉRIN
Moi, je suis H« Guèrin, papa et maman sublime... J'ai.,.
l'ai... j'ai,., (U reste court).
LE CHOSQR,
Accouchez !
M. GUÉRIN, faisant écho.
Accouché
LE Sl'FFÈTE HANNON, récitant une prose épi(}ne.
« Ds avaient les pupilles extraordinaireoient dilatées avec un grand cercle noir autour des yeux, qui se prolongeait jusqu'au bas de leurs oreilles; leurs nez bleuâtres saillaient entre leurs joues creuses, fendillées par des rides profondes; la peau de leurs corps, trop large pour leurs muscles, disparaissait sous une poussière de couleur ardoise; leurs lèvres se collaient contre leurs dents jaunes; ils exhalaient une infecte odeur... »
LE CHŒUR
Bravo! bravo! digni sunt intrare!.,^
LE SUFFÈTE reprend.
c ... 11 (c'est de moi qu'il s'agit) avait peint avec du fard
les ulcères de sa figure. Mais la poudre d'or lui était tombée sur les épaules, où elle faisait deux plaques brillantes, et ils paraissaient blanchâtres. Des linges imbibés d'un parfum gras qui dégouttelait sur les dalles enveloppaient ses mains, et sa maladie sans doute avait considérablement augmenté, car ses yeux disparaissaient sous les plis de ses paupières. Pour voir, il lui fallait se renverser la tête... ({ Ils arrachèrent ce qui lui restait de vêtements (c'est toujours de moi qu'il s*agit), et l'horreur de sa personne apparut. Des ulcères couvraient cette masse sans nom ; la graisse de ses jambes lui cachait les ongles des pieds ; il pendait de ses doigts comme des lambeaux verdâtres ; et les larmes qui ruisselaient entre les tubercules de ses joues donnaient à son visage quelque chose d'effroyable. . . »
LE CHŒUR enthousiasmé.
Bravo ! bravissimo ! Hurrah pour Haiinon 1 Dignus est intrare, dignissimus !
On entend dans la coulisse un aboiement : HaoupI haoupi — -Paratt un
homme marchant à quatre pattes.
SABBATINE.
Monsieur, pourquoi donc aboyer?
Etes- vous venu Giboyer?
Pourquoi marcher à quatre pattes?
Vous devez crotter vos cravates!...
l'homme.
Je vas vous dire... c'est que cette posture m'est plus commode pour lécher la boue, et je lèche la boue sur le chemin de mon fils... d'ailleurs, il y a en moi du chien, puisque je suis cynique. En deux mots, voici ma devise : Canaille sublime !
M. MIGUëLëT. 541
LE CnŒUR.
Bene! bene respondere! dignus est intrarel
Arrive un long séminariste, sanglotant.
Hu ! hu ! hu I j'apportais d'Avignon un joli petit Saint- Jean en cire, avec de blonds cheveux frisés, que m'avait donné H. de Sainte-Agathe... Et voilà qu'il s'est fondu à la rampe du Théâtre-Français... Quant à moi, je suis un hypocrite fieffë. . . Figurez-vous que je rencontre une femme qui n'a pas d'argent, mais un beau bras . . . paff ! j e l'épouse. . . je vois une jeune fille qui a des millions, mais qui fait mine de ne m*aimer que médiocrement... Vlan, je ne l'épouse pas ! Je renonce aux millions du père Maréchal et à la succession du marquis, mon cousin, qui est le père de la fille de Maréchal, laquelle fille aime le fils, plus reconnaissant que reconnu, du père qui lèche la boue... Suis-je assez roué? assez tartufe? Voilà comme nous sommes tous dans le Comtat Venaissin ! — (Se remetunt à pleurer). — Mais ce que je regrette, c'est mon beau petit Saint-Jean frisé, que m'avait donné M. de Sainte-Agathe !...
LE CHŒUR
Benel bene! dignus est intrarel
SABBÀTINB au seiagénaire.
Maintenant tu peux commencer : tu seras écouté et applaudi par la fine fleur des produits de Fimagination contemporaine, par les premiers ténors de l'année littéraire et dramatique 1862. Un chef-d'œuvre comme la Sorcière ne pouvait se passer d'un semblable entourage.
LE SEXAGÉNAIRB.
Voici : « L*ennui certain de demahi fait bâiller dès aujourd'hui, et la perspective des jours, des années d'ennui
U% GAUSEKIES UTTÉRAIRES.
qui suWent, pèse d'avance, dégoûte de vivre. Da cerveau à lestomac, de Festoinac à la bouche, raulanEialiqiifielfatak' convulsion va distendant les mâchoires sans fin ni remède. .. »
SJUUUTUffif UiUaiU A qui le dites-vous ?.. . (Uaiemant formùlfibl» «ur louH 1^ UfjÊft^ iMPtii» m htiHiiti poKln ]m raines de son palaU .)
iS SSXAfifiHAIRS fepiwid.
Pour lors» j« tous disais donc que le paganisme reodaît tout le pauvre monde bien heureux, surtout les esclavei^ les vaincus, les petits et les faibles. Sous des primées dé*bounaires, tels que Tibère, CaUgula, Néron, Commode, Domitien, qui n'auraient pas Tait de mal à une mottf^e« la vie èlail douce et Timagination rassérénée par d'agréables spectacles. Le christianisme vint tout gâter. U ina»gurt le culte de 1 ennui...
SàTàK, atee un licaneiMiit torrilito.
ihi VOUS êtes donc chrétien ?
LE SSIAGÉJULUUi.
Patience ! je suis à vous tout à Theure. Je reprends : le culte de Tennui, le bruit des chaînes, roppresâop, Teeçlavage. La Serve — la femme ou plutôt, hélas ! la femelle du Serf «- (bt la plus malheureuse des créatures : ifii >iPgt pages sur le droit du seigneur, si méchamment v^ ^ xfnçfft parIK'Oilat...
SikBBàTIRB.
On lui a dit son lait !
UB ssufifojaai»
Cest bien fait ! Donc la Serve, pour ae c^iiisplcr 4e ses peines» avait recours au petit démon du fo]er, qo^ lui