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cluaitait de jolies petites chansons, épluchait ses herbes, lavait sa vaisselle, trempait sa soupe, salait sou po4, et lui rendait toutes sortes d'ingénieux services. Hais TÉglise, cette exécrable marâtre qui a toujours eu en horreur les faibles , les pauvres et les opprimés, l'Église prit très-mal cette innocente complicité avec les puissances surnaturelles : elle arrivait un beau matin sous les traits d'un inquisiteur, et disait à la Serve : Qui a salé ton pot? La Serve répondait en tremblant : C'est moi, monseigneur! Et même si j'osais, je vous offrirais d'y goûter, — Pas du tout, c'est Trilby, c'est-à-dire Belzébuth... Et on emmenait la Serve, et on lui infligeait les horribles supplices dont Tinvention appartient au christianisme ^ puisqu'il est avéré que les peuples de l'antiquité, notamment les Carthaginois (voir Salammbô) n'avaient, pour tout régime pénitentiaire, que de simples avertissements. Vous comprenez que d'aussi durs traitements exaspérèrent la Serve : elle devint solanée, consolante, sabasie, magicienne, voyante, mandragore, stryg^, courut les champs , se coupa un balai neuf dans un taillis de bouleaux, s'afficha publiquement avec Satan ^ et célébra avec lui les mystères de la Messe noire. Hais il advint qu'un jour de giboulée Satan , qui avait oublié son bo^* net de coton, s'enrhuma du cerveau. Il n'y a rien de pire que les rhumes négligés : le rhume dégénéra en ca« tarrhe , le catarrhe en pleurésie. Voilà Satan bien malade! Un magicien célèbre^ qu'il avait obligé de sa bourse où il évitait de loger, lui offrit de le guérir, s'il consentait à se métamorphoser en archevêque . Satan fit la grimacei mais une quinte le décida, et c'est ainsi que vous avez
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eu, pendant plusieurs siècles, Satan ecclésiastique, prélat, mitre et digne d'être crosse. On sait que son plaisir est de brûler ; c'est pourquoi il profita de sa nouvelle position poiur brûler à cœur-joie les novateurs, les inventeurs, les savants, k j philosophes , les réformateurs, les amis de l'humanité, les femmes sensibles, et même quelques sorcières pour s'entretenir la main. Pendant ce temps>là, la sorcière, primitivement Serve, devint grande dame, et die était si jolie, si jolie, que le madrigal m'en vient à la bouche. Satan, toujours inflammable, se mit à lui faire un doigt de cour, et je ne sais trop ce qui serait arrivé, si le diable n'avait rencontré près d'un cimetière le docteur Purgon, qui sortait tout échauffé de sa scène avec H. Argan, lequel avait refusé d'obéir à ses ordonnances. Malgré sa parenté avec H. Fleurant, Purgon avait la tète près du bonnet. Sous prétexte que Satan l'avait regardé de travers et lui avait fait les cornes, l'irascible docteur dégaina. Ce duel du diable et du médecin, que vous trouverez, tout au long, à ma page 300, eut un dénoûment inattendu. Incroyable effet de l'habitude I ce fut le médecin qui tua le diable. C'est ainsi que mourut Satan , et, comme sa destinée était indissolublement liée à celle de la sorcière, la sorcière mourut aussi : mais, à sa place, nous avons la fée : la sorcière est morte : vive la fée ! dixi!
SATÂII , Mélange de colère et de persiflage.
Mon pauvre vieux, tu nous fais là des histoires à dormir debout : ton récit ne vaut pas le diable ; d'abord je ne suis pas mort, et je ne sais ce qui me tient de te le prouver à grands coups de bâton sur tes épaules, ou à
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grands coups de griffe sur ton visage , qui endommageraient tes moyens de séduction: mais je suis bon diable, et d'ailleurs tu nous rends de tels services auprès des badauds qui te lisent, des niais qui t'admirent et des imbéciles qui t'achètent, que cela mérite considération. Je te condamne donc, pour toute pénitence, à consulter un médecin... Holà ! y a-t-il un médecin dans l'honorable assistance?