‹ Nouvelles soirées canadiennesChapitre 1 sur 90 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

A M. ET Mme Chas Langelier

(Pour leur premier-né)

Des pays inconnus cher petit voyageur, Récemment arrivé dans notre monde étrange, Pourquoi ton grand œil noir qui de longs cils se frange Nous jette-t-il parfois ce regard tout songeur ?

Te sentirais-tu donc prisonnier dans ton lange ? Ton cœur nouiTjrait-il quelque secret rongeur? Ou bien mesui'es-tu l'effrayante largeur Du gouffre qui déjà te sépare de l'ange ?

Dis, regretterais-tu les fleurs d'oi* de TEden ? Mais non, ton front rosé s'illumine soudain ; Un sourire a chassé le nuage éphémère;

Une vision blanche accourt à ton chevet ; Et ta prunelle, qui des chérubins rêvait, Ketrouve tout un ciel dans les yeux de ta mère !

Louis Fréghbtte.

LE NOM DE Lk VÉRENDRIE

Pierre Gautier de Varennes, sieur de La Vérendrie, a été le Cartier et le Champlain du Nord-Ouest. La première époque de sa vie est encore peu comprise. Dans cet article, je me propose de parler du nom qu'il portait et de faire en sorte qu'on ne confonde pa^ ce personna^re avec ses frères.

Louis, frère aîné de Pierre, avait été baptisé aux Trois- Rivières le ^7 septembre 16^3. Il porta le surnom de La Vérandrie. Vers ce temps existait en France un certain Monsieur de la Vérandrie ou Vérendrye, qui était parent de René Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois- Rivières, et qui transigeait avec lui des affaires concernant la traite des pelleteries.

Le 25 mai 1676, au registre des Trois-Rivières, (baptême de Louis Massé) " M. de la Vérandrie " est mentionné comme parrain, représenté par le sieur Godefroy de Lintot. Il s'agit probablement du jeune Louis cidessus, né en 1673. Au même lieu, le 21 juin 1686, à la sépulture de Jean-Baptiste Pépin, furent présents " Louis Gaultier, sieur de la Verenderie " et " Jean Qtiultier, sieur de la Verenderie " ; la seule signature que porte la pièce se lit ** Laverandrie." Même année, 26 septembre, le parrain de M. Marguerite Lefebvre dit Lacerisaye est "Louis Gaultier, fils du gouverneur " ; il signe : " Louis de Laverandrie."

Voici l'acte de baptême du Découvreur : " Le dix " huictiesme jour de novembre de l'an mil six cent

" quatre vingt cinq, par moy, F. G. de BruUon, curé de " TEglise paroissialle de Nostre-DamedesTrois-Rivières, " a esté baptisé en la dite Eglise, Pierre Gaultier, fils " de Messire René G-aultier, Escuier sieur de Varenne ** et Q-ouverneur pour sa majesté, des Trois-Rivières, et " Damoiselle Marie Boucher sa femme. Tenfant est né " du dix sept du dit mois et an. Son parrein a esté ** Messire Pierre Boucher, son grand père, en la place " duquel Lambert Boucher, son fils, a tenu le dit enfant ; " et la marraine a esté Magdeleine G-aultier dit du " Tremblé sa sœur ; lesquels ont signé suivant Tordon- " nance." (Signatures) " Q-rand-Prê. Maodelaine de " Varenne. F. G-, de Brullon."

Le 1^ novembre 1685 tombait le samedi. L'année prochaine (1885), nos compatriotes établis au Nord-Ouest devraient célébrer le deuxième centenaire du découvreur et fondateur de leur pays.

Au baptême de Louis LeMaistre, le 6 janvier 1689, (Trois-Rivières), le parrain est *' Louis Gaultier, sieur de la Veranderie, enseigne d'une compagnie des troupes qui sont en Canada " ; il signe " Laveranderie." Ce jeune homme était âgé de quinze ans et quatre mois. Le 20 avril 1690, à Boucherville, Madeleine de Varennes est marraine avec " son frère Louis de Varennes, Ecuyer, sieur de la Verandrie." A Boucherville encore,, le 19 décembre 1691, " Madeleine G-aultier " est marraine ; le parrain se nomme " M. de la Verandrie son frère " ; ce dernier signe : " Laverandery." Après cette date, on ne le retrouve plus en Canada.

René Gaultier de Varennes, gouverneur des Trois- Rivières, étant mort en 1689, sa veuve alla se fixer à Boucherville où elle est mentionnée le 13 août 1690 ; elle y demeura jusqu*à la fin de Tannée 1696, époque où

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