‹ Nouvelles soirées canadiennesChapitre 2 sur 90 · LE NOM DE LA VERENDRIE · texte numérisé non relu

LE NOM DE LA VERENDRIE

elle se rendit à Varennes ; sa résidence ordinaire était encore dans cette seigneurie à la date du 1er juillet 1^0^. D'après M. Margry (^), Pierre était, en 1697, cadet dans les troupes et s'appelait La Verendrye. Notons qu'il avait douze ans. L'officier en question devait être Louis, frère aîné de Pierre, alors âgé de vingt-quatre ans, et qui, si je ne me trompe, partit pour la France vers 1^01 au moment où commençait la guerre dite de la succession d'Espagne, car de 1697 à 1701, la paix ayant été générale en Europe, il n'est pas probable que l'on ait offert du service en Europe aux officiers canadiens durant ces trois ou quatre années. M. Margry fait entrer Pierre au régiment de Bretagne en 1706, mais il est évident qu'il s'agit de Louis puisque Pierre était à Varennes en

" Pierre Gttuthier de Varennes, Ecuier, sieur de Boumois," figure au registre de Varennes en 1702, 1704, 1707. Il n'y prend ni autre titre ni autre grade. Sa signature est : " Boumois." C'est la première fois que nous le revoyons après son baptême. Selon M. Margry, il aurait fait la campagne de la Nouvelle- Angleterre en 1T04 et celle de Terreneuve en 1705.

Le 1 juillet 1707, madame veuve de Varennes passa à son second fils, Jacques-René, le titre de la seigneurie de ce nom. Par le même acte, on voit qu'elle possédait une maison à Montréal. Elle se réserve " une seigneurie dite de la Verranderie située dans la rivière dite des Trois-Rivières " ; c'est l'endroit appelé La Gabelle. Il y a aussi dans la paroisse actuelle de Varennes un fief qui porte le nom de La Verendrye. A cet acte de partage des biens de madame de Varennes, Pierre est cité comme absent sous le nom de *' sieur de Boumois et de

(>) BewA Canadienne^ 1872, p. 362.

la Veranderie." C'est la première fois que ce dernier nom lui est donné dans les documents que j'ai vus. En cette occasion, sa mère lui accorde la seigneurie du Tremblay contiguë à celle de Varennes. Marguerite, sa sœur, est nommée " G-aultier de la Véranderie." Louis n'est pas mentionné. Doit-on croire qu'il était mort ? Peut-être est-ce de lui que parle la reddition de comptes mise à la fin de la pièce, où il est dit que certaines sommes sont dues à M. de la Véranderie.

Quoiqu'il en soit, Pierre était présent à Varennes, le 22 septembre de cette même année 1^07, au mariage de sa sœur M.-Marguerite avec Louis Hingue de Puigibault. C'est la dernière fois que le registre de cette paroisse le mentionne. Le 20 octobre suivant, il est à Montréal, ratifiant pour sa part l'acte du 1 juillet. On le nomme alors *' Pierre G-autier, Escuyer, sieur de Boumois de la Véranderie." Il signe " Boumois." Quelques jours plus tard (9 novembre 1^07), à Québec, est passé son contrat de mariage avec M.- Anne Dandonneau. Les membres de la famille déclarent au notaire que madame veuve de Varennes donne son consentement, et que si l'on avait le temps de lui écrire avant le départ des navires de Québec pour la France, elle répondrait dans ce sens. Cela n'indique-t-il pas que Pierre devait s'embarquer sans retard, aussitôt après avoir terminé les arrangements relatifs à ses fiançailles ?

La guerre faisait rage en Europe. La France pliait sous les coups du prince Eugène et du duc de Marlborough. Plusieurs Canadiens entraient dans les armées de la mère-patrie, de même que nous avons vu, de 1^90 à 1812, les Salaberry et les DesRivières s'enrôler dans les troupes anglaises et parcourir avec elles plusieurs contrées des deux mondes. Pierre de la Vérendrye alla rejoindre son frère, Louis, au régiment de Bretagne, si

Page 1