‹ Nouvelles soirées canadiennesChapitre 27 sur 90 · DESTINÉE · texte numérisé non relu

DESTINÉE

Comme la vie est faite ! et que le train du monde Nous pousse aveuglement en des chemins divers ! Pareil au juif maudit, Tun, par tout l'univers, Promène sans repos sa course vagabonde.

L'autre, vrai docteur Faust, baigné d'ombre profonde, Auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts, Poursuit de son fauteuil quelques rêves amers. Et dans l'âme sans fond laisse filer la sonde.

Eh bien ! celui qui court, sur la terre était né Pour vivre au coin du feu ; le foyer, la famille, C'était son vœu ; mais Dieu ne l'a pas couronné.

Et l'autre qui n'a vu du Ciel que ce qui brille ' Par le trou du volet, était le voyageur. Us ont passé tous deux à côté du bonheur.

Th. Gauthier.

VIEUX FORTS DE L'ACADIE (de l'anolais)

Le voyageur qui parcourt les provinces comprises, autrefois, dans les limites mal définies de l'Acadie, et connues, aujourd'hui, sous le nom de Nouvelle-Ecosse et de Nouveau-Brunswick, rencontre sur sa route de nombreux monuments du régime français. Ces monuments, il les trouve surtout au milieu des débris d'une population parlant une langue tristement dégénérée * de celle des anciens Normands et Bretons français, ses ancêtres ; dans des monceaux ou tumuli recouverts d'herbe, et dans le nom' d'un grand nombre de bois, rivières et promontoires, conservé du français d'autrefois.

Port Latour, sur la côte ouest de la Nouvelle-Ecosse, rappelle les efforts héroïques que fit le rival de d'Aulnay, le fier et intrépide Latour, pour prendre pied sur la péninsule. Graspareau est le nom que donnèrent à un rapide cours d'eau, serpentant au travers d'une région fertile justement appelée le jardin delà Nouvelle-Ecosse, les aïeux de ce malheureux peuple qu'une destinée inexorable et les décrets d'un gouvernement inhumain

• Nous croyons que M. Bourinot fait erreur en disant que la langue des Acadiens est tristement dégénérée {sadly âegenerated) de œlle que parlaient leurs ancêtres. Sauf l'introduction d'un certain nombre de n)ot8 anglais francisés, la langue que parlent les Acadiens d'aujourd'hui est la même que parlaient " les Normands et les Bretons français " leurs pères.

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