LE NOM DE LA VÉRENDRIE
toutefois ce dernier vivait encore, car on sait qu'il fat tué en Italie, avant 1^09.
A la bataille de Malplaquet, le 11 septembre 1709, Pierre gagna le grade de lieutenant, par huit coups de sabre et un coup de fusil dans le corps, dont il guérit contre toute espérance, après avoir été laissé pour mort sur le champ de bataille et cité à l'ordre du jour, dit M. Margry. Néanmoins, comme la guerre tournait au désavantage de Louis XIV et que le trésor était épuisé, les promotions faites dans ces circonstances glorieuses pour les officiers de notre armée ne furent point maintenues. Madame de Vaudreuil, femme du gouverneur général, était passée en France cette année, pour diriger l'éducation des enfants du duc de Berri, s'intéressa au sort de la Vérendrie, mais ne put réussir à lui faire rendre son grade de lieutenant. Bien plus, la commission de cadet, qu'il avait gagnée en Amérique lui fut retirée. L'Histoire nous apprend que ces injustices sont assez fréquentes au lendemain d'un grand désastre national. La Vérendrie était destinée, dans la première partie de sa carrière active, à être traité avec ingratitude, et dans la seconde, à voir ses découvertes et ses prodigieuses fondations méconnues, ou plutôt faisant la fortune des favoris du pouvoir. Madame de Vaudreuil persista dans ses démarches et parvint à arracher une commission d'enseigne, avec laquelle son protégé reparut en Canada.
Le mariage du brave Canadien avec Melle Dandonneau fat célébré à Québec, le 29 octobre 1^12. L'époux est nommé au registre de l'église " Pierre Gauthier, écuyer, sieur de la Véranderie, enseigne des troupes de ce pays." Il signe " De Laverandrye." En 1715, il obtint un privilège de traite pour La Gabelle, c'est-à-dire, sur son petit fief de La Vérendrie. L'année suivante (28 octobre), on
voit par Tacte de baptême d'un sauvage, aux Trois- Rivières, que le parrain fut " M. Beaumois, enseigne." Ce nom ne reparait plus par la suite.
De ce qui précède, je conclus : V. que Louis et Marguerite ont porté le nom de La Vérendrie, alors que Pierre n'était encore connu que sous celui de Boumois ; 2^ que Pierre adopta ce nom après la mort de Louis ; 3® que la Vérandrie, la Vérendrie, La Vérendrie, La Verenderie, Laverandrie, la Véranderie, La Veranderie, Laveranderie, la Vérandrie, Laverandery, La Verendrye, la Verranderie, la Veranderie et De Laverandrye sont quatorze formes d'orthographe appliquées à ce nom, tant par la famille qui le portait, que par les notaires et les curés desservant les paroisses. La dernière en date est la signature (29 octobre 1712) du Découvreur luimême : " De Laverandrye ; " elle diffère de toutes les autres, mais elle arrive trop tardivement pour faire autorité.
Et on nous demande d'écrire correctement les noms des personnages qui figurent dans l'Histoire !
Benjamin Sulte.