‹ Nouvelles soirées canadiennesChapitre 54 sur 90 · L'ARMÉE DES MISÉRABLES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

L'ARMÉE DES MISÉRABLES ALLEMANDS

. Transportons-nous un instant au delà du Rhin, sur le territoire de l'empire d'Allemagne, où se meut la grande armée des misérables, ce prolétariat nomadei dont on évalue l'effectif à 200,000 individus, n'ayant ni feu ni lieu. On rencontre ces individus sur les grandes routes, dans les bois et forêts, sur les bords des fleuves et rivières ; une force mystérieuse les pousse en avant, à marcher sans cesse vers le sud, l'est ou l'ouest, jamais vers le nord. Ce sont les artisans-voyageurs, les Iiandwerksbursche des pays allemands, gens ayant fait tant bien que mal l'apprentissage d'un métier quelconque» et qui sont pris de la fièvre du déplacement. Ces soidisant ouvriers fuient le voisinage des cités ouvrières ou des villes industrielles ; ils préfèrent se chauffer au soleil, flâner sur les grandes routes, prendre le frais à l'ombre des bois. Ils vivent de mendicité et de rapine. Grâce à eux, la statistique des délits prend en Allemagne des proportions croissantes. On a évalué à quelque chose comme cent millions de marks et plus le montant général de l'impôt que cette armée de vagabonds extorqué, bon an mal an, aux populations de l'empire. Les autorités, les associations de secours, le gouvernement se sont occupés de cette calamité nationale : la^ chancellerie impériale elle-même est intervenue, et des ordres ont été donnés pour arrêter le mal. Rien n'y a fait.

L'armée se recrute sans cesse de contingents nouveaux, elle déborde bien au-delà des frontières allemandes et elle devient pour les pays voisins de l'Aile-

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