SECONDE RÉFLEXION
On ne verra la fin de toutes les misères physiques auxquelles notre espèce est assujétie, les hommes ne jouiront d’une santé parfaite tant au physique qu’au moral , qu’autant qu’ils adopteront bien cette idée, que la purification du sang ne peut être opérée que par la médecine végétale universelle. L’action que cette médecine produit sur les viscères et les organes du corps humain peut être comparée à la pression d’une éponge imbibée d’eau corrompue. Que l’on plonge deux ou trois fois cette éponge dans de l’eau claire et on la délivrera par cette purification de toutes les impuretés que le temps y a incrustées. Il en est de meme de l’homme à tous les âges de la vie. Prenez-le dans l’âge le plus tendre, prenez-le lorsqu’il est adulte, quand il est traité selon le mode rationnel dont nous parlons, les bons effets qu’il ressent sont merveilleux. En
donnant cette médecine à leurs enfans, les parens n’auront rien à craindre de ces maladies de tous genres, telles que maladies aiguës, consomption, mélancolie, aberration de l’esprit, auxquelles l’homme est sujet. Car la médecine végétale a sa source dans la nature; elle nettoie non seulement le corps et lui donne ainsi qu’à l’esprit une vigueur nouvelle; mais elle le met à l’abri pour l’avenir de toute espèce de maladies, qui toutes, je le répète, dérivent de l’état plus ou m'oins parfait du sang et de la facilité plus ou moins grande avec laquelle il peut circuler dans notre corps et nourrir toutes les parties et principalement le cerveau. Et ce sont là des résultats que ne donnent point les traitemens adoptés par les docteurs qui font de la médecine à la mode. Yoyez-Ies suivre tantôt un système, tantôt un autre; employer un jour les anodins, les amers, les fébrifuges, le mercure, et adopter un autre jour la diète dans toutes ses modifications. Ces moyens ne sont la plupart du temps que des palliatifs ; ils sont presque toujours préjudiciables et ne peuvent jamais procurer l’état normal; car, contrairement à la médecine végétale, ils ont leur source dans l’ignorance de notre organisation et de ses fonctions, dans le désir d’innover et d’employer comme remèdes toutes les différentes productions de la nature, et non de recourir aux simples purgatifs végétaux qui seuls peuvent procurer le bien-être, et cela d’une manière rationnelle.