‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 13 sur 73 · DE LA FIÈVRE, GOMME CONSÉQUENCE DE TOUTES LES · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE, GOMME CONSÉQUENCE DE TOUTES LES

Le mot fièvre , dans l’acception qu’on lui prête en général , n’a pas de sens, cette interprétation reposant sur une idée fausse. Dans toutes les circonstances la fièvre est produite par l’effort que faille sang pour sedégager des humeurs qui en gênent la circulation. La fièvre bilieuse, la fièvre scarlatine, la fiévre putride, la fièvre inflammatoire, la fièvre nerveuse, la fièvre delà petite vérole, la fièvre de la rougeole, la fièvre du rhume, la fièvre cérébrale , etc. sont produites par les humeurs. La douleur qu’occasione une blessure , un furoncle ou toute autre cause locale , donne la fièvre en interrompant le cours du sang, ce qui le fait circuler avec plus de force. Toutes les maladies aiguës ne doivent leur origine qu’à l’état dans lequel se trouve le corps lorsqu’on laisse les humeurs acres et corrompues se coaguler et obstruer les petits vaisseaux. Ces humeurs ainsi coagulées attaquent le tronc ou la tête, ce qui produit la mort du malade; ou bien elles corrodent par leur àcreté les parois de la veine, ce qui occasions l’hémorrhagie

lorsqu’on ne peut en opérer le déplacement ou établir un libre passage pour la circulation du sang. Ces diverses maladies ne sauraient être guéries que par un traitement tout à la fois doux et énergique, qui , en enlevant les impuretés du corps, détruira le principe du mal. Cependant un grand nombre d’individus de tout Age, tous ceux enfin qui n’ont point une idée juste de la cause de cet état, pressés par l’opinion de ceux qui les entourent, ont recours au laudanum ; d’autres emploient les fortifians et les toniques-, on dit à d’autres de manger et de boire, et ils mangent et boivent dans l’espoir de donner de la vigueur à leur constitution. Mais le contraire arrive ; ces toniques n’ont d’autre effet que de poser la base de maladies plus ou moins dangereuses , ce qui n’aurait point eu lieu si dans le principe on eût fait usage de quelques doses de la médecine végétale universelle. Les fièvres , lorsqu’elles sont guéries par des purgations, sont toujours salutaires, tandis que le mercure et les poudre d’antimoine , les fébrifuges , les saignées , les opiats ne servent qu’à affaiblir la sensibilité et à exciter une torpeur dangereuse ; la convalescence est toujours longue avec de tels médicamens, et, je le répète, ils ne font que jeter la base de maladies nouvelles et dangereuses , attendu qu’ils ne peuvent opérer l’évacuation des humeurs âcres qui fatiguent le corps, cause de la maladie depuis le commencement où elle a paru. En effet, par la saignée on diminuera la masse du sang sans détruire le principe du mal; par l’opium et le mercure on amortira la sensibilité et on détruira la source à laquelle la nature peut retremper ses forces ; par l’usage du quina, on refoulera les humeurs dans le corps ; mais elles reparaîtront bientôt plus âcres et sous une forme nouvelle. Un tel système ne diminue en aucune façon la cause réelle du mal , il ne fait qu’affecter l’énergie du malade, et rendre plus vives sa douleur et ses souffrances qu’il transmet souvent à ses descendans. Cela vient de ce que la simplicité de notre constitution physique a été jusqu’à présent

mal comprise; de ce que les théories médicales et les systèmes suivis par nos médecins, au lieu d’étre basés sur la raison, ne sont que la répétition de toutes les notions absurdes des siècles les plus arriérés. Ajoutons que notre époque est allée plus loin que les temps passés : voyez la chimie, chaque jour elle augmente le nombre de ses drogues et la diversité des trailemens; pour se maintenir dans les bonnes grâces des gens du monde, pour llalter les passions et la faiblesse du malade, un médecin doit aujourd’hui guérir ses patiens sans leur causer la moindre souffrance : mais cela est impossible; aussi les remèdes dont ils font usage ne laissent -ils sur leur passage qu’infirmités et douleurs quand ils n’emportent pas le malade. Examinez le mode actuel de traiter la fièvre lorsqu’elle se présente avec des symptômes bien caractérisés: la saignée, le mercure, les poudres d’antimoine et d’autres palliatifs sont mis en usage; la fièvre cesse, mais la plupart du temps c’est aux dépens des jours du malade, ou s’il survit, il est toujours faible et débile pendant plusieurs mois. Mais si au lieu d’avoir recours à un système aussi abusif, on eût employé la médecine végétale n° 2 à forte dose, je dis que meme dans la plus grande intensié de la maladie, quelques instans auraient suffi pour déterminer un vomissement facile et des évacuations abondantes; seuls moyens possibles pour obtenir la guérison que désire le malade; car ces remèdes, ainsi que nous l’avons dit , enlèvent et diminuent la cause du mal ; en en faisant usage avec persévérance, la fièvre disparaît bientôt, car les humeurs corrompues qui en sont la cause sont promptement évacuées ; et si l’on alterne le n° 2 avec le n° 1 , le malade est bientôt rétabli ; tandis qu’en suivant le système contraire, cette fièvre durera peutêtre pendant plusieurs mois consécutifs, si dans ce long intervalle elle n’emporte pas le malade.

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