FAIBLESSE. — DÉBILITÉ
Il y a (leux sortes de faiblesse qu’il ne faut point confondre : c’est là la source des maux innombrables qui affligent la moitié de notre espèce. L’une est celle qui est produite par la privation des alimens. Dans de telles circonstances, l’homme jouit souvent de la plénitude de son intelligence et de ses facultés physiques, ainsi qu’on en a vu de nombreux exemples par des personnes qui étaient restées long-temps sans manger. Celle-ci peut être guérie par l’emploi d’une nourriture donnée en temps convenable. L’autre a sa source dans la mauvaise condition des humeurs qui entravent la libre circulation du sang et des liquides de l’estomac. Celle-ci est bien différente de la première en ce quelle attaque à la fois l’intelligence et la vigueur des membres , et c’est une erreur fatale de recourir aux remèdes ordinaires pour obtenir la santé, l’activité et la gaîté.
Dans cette dernière condition une bonne nourriture, du vin et des toniques ne sauraient rétablir l’homme à son état normal. Ce système repose sur des données fausses ; car si la nature nous a offert une grande variété d’alimens , c’est à la condition que cette jouissance qu’elle nous procure sera accompagnée d’èvaciialions libres. De là seulement dérivent la santé et la force, et alors plus vous varierez vos alimens, plus vous resterez fidèles aux lois de la nature : car les liquides que renferme l’estomac une fois dégagés des humeurs âcres qui le fatiguent, digéreront tous les alimens sans difficulté, et n’auront nul besoin de l’assistance d’aucun stimulant.