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DES TRAITS ET DE L’EXPRESSION DU VISAGE

Tout le système n’est qu’une machine ; l’esprit est le fruit du corps , et les traits et l’expression du visage peuvent en être regardés comme les fleurs. Ce sont les indicateurs les plus sûrs de la santé et de la maladie. L’expression de la physionomie dépend à la fois de l’état des humeurs et de la manière dont on a été traité depuis l’enfance. Si la constitution a été bonne et qu’elle n’ait eu besoin d’aucun amendement, l’expression du visage est bien caractérisée , les traits en sont bien dessinés ; si au contraire la constitution a été défectueuse, qu’elle ait été attaquée par des humeurs corrompues et stagnantes depuis l’enfance, le visage, d’abord animé, devient morose à mesure que l’on avance en âge ; une pâleur mate le couvre , et bientôt on y reconnaît les traces d’une mélancolie profonde. Tous ces symptômes eussent été détournés si on eût traité les enfans de bonne heure et qu’on leur eût donné la médecine universelle végétale; et par ce simpleacte de prudence, les parens auraient rendu à leurs enfans un plus grand service que s’ils leur eussent laissé une grande fortune.

On ne remarque point assez les symptômes de l’hydropisie, de la léthargie et de l’apoplexie. Dans ces cas, il n’y a point absence de chairs et de couleurs vives , mais ces couleurs res-

semblent à une couche grossière de peinture : les traits , l’expression agréable manquent , et le patient possède en lui la conscience de sa faiblesse. Tous ces symptômes sont occasionnés par des humeurs âcres, corrompues et stagnantes qui entravent la circulation du sang et l’empêchent de donner de la vie à l'expression du visage. Que l’on examine l’homme morose : il est continuellement en proie à l’anxiété; les plaisirs et les jouissances de la vie n’ont point de charmes pour lui ; rien ne peut le distraire de sa mélancolie que des entreprises hasardeuses, difficiles, et des libations abondantes. Mais bientôt ces excès accélèrent sa ruine, tandis que s’il eût fait usage de la médecine végétale universelle , ces humeurs, qui exercent une influence si fatale, auraient été dissipées, et par suite de cette évacuation , ses traits auraient conservé le cachet de la vigueur ; car c’est à tort qu’on attribue à une cause morale la gaîté ou la tristesse ; cette cause n’est due qu’à l’état du corps et à la condition des liquides internes.

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