ELLE-MÊME
Chacun sait par expérience combien est grand le dégoût que l’on éprouve à prendre une médecine pendant quelques jours consécutifs. Dans les maladies chroniques, lorsqu’il est nécessaire de prendre des remèdes pendant plusieurs semaines, ces remèdes nous inspirent une telle répulsion , souvent ils donnent naissance à de tels symptômes, que le malade est obligé d’en cesser l’usage. Ainsi la médecine qui nous est donnée pour détruire la maladie est si étrangère , si hostile à notre constitution , qu’elle produit des symptômes souvent plus dangereux que ceux que nous cherchons à combattre; c’est que ces médicamens ne déracinent point la cause du mal, ils ne font que le déplacer , ainsi que la remarque a dû en être faite par les personnes qui ont été malades pendant quelques jours. Les eaux minérales de toute nature, les médecines ferrugineuses, malgré toute la vogue dont elles jouissent, ne produisent point de meilleurs effets. Et l’on envoifc la preuve dans la variété des prescriptions auxquelles le malade est assujetti. Ainsi un jour on lui donne un remède qui contrarie l’efTet du médicament qu’on lui a donné la veille, et le lendemain c’est une autre drogue dont les propriétés sont entièrement opposées à celles du médicament qu’il a pris le jour précédent. Mais la constitution du malade ne s’améliore point; car aucun de ces médicamens ne jouit de ces propriétés, leur action se borne à rafraîchir ou à stimuler nos fibres, à en altérer les sensations pendant quelque temps , à les amortir. La médecine végétale universelle , au contraire , ne donne aucune fatigue, elle n'inspire aucun dégoût; le malade éprouve une amélioration graduelle de jour en jour, et tous les symptômes fâcheux s’évanouissent par un long usage. Pour ce|ui qui n’a point encore employé celte médecine, les effet
paraissent merveilleux ; lorsqu’il la prend à onze heures du soir, son corps se trouve entièrement rafraîchi le malin; elle opère sur lui avec facilité , et à dix heures du matin l’appétit qu’il éprouve lui permet de goûter avec plaisir à tous les ali— mens qui lui sont présentés. 11 possède enfin la conviction intime qu’il adopte pour la santé le meilleur système qu’il pouvait suivre; ce qui est rarement le cas, lorsqu’on suit un traitement contraire.