DES MALADIES ORGANIQUES
La véritable application des mots et leur signification sont le premier pas vers la science ; sans cela on s’avance dans une voie incertaine, et l’on ne peut arriver à aucun résultat positif. Par maladie organique on entend communément une défectuosité de l’organe qui l’empêche de remplir ses fonctions naturelles; on compare, disons-nous, ces affections à la roue d’une machine qui, brisée dans quelque partie, arrête toute la machine sans qu’on puisse y porter remède. Une maladie causée par l’augmentation graduée d’une humeur qui se fixe sur les parois d’un organe, lorsque cette humeur en altère l’action , est appelée maladie organique. Cette signification ne saurait être exacte; car toutes les maladies, la mort même, pourraient être regardées avec autant de raison comme des maladies organiques; attendu que, dans toutes, quelques organes sont d’abord altérés , ce qui cause la mort. Dans les maladies aiguës qui ont leur source dans la négligence et le défaut de soin de purger occasionnellement le corps par la médecine universelle végétale, celte altération a lieu fréquemment. Dans les maladies chroniques, l’altération est lente, imperceptible; mais la cause est la même, elle tend aux mômes résultats, à la destruction de l’organe.
Le terme organique ne doit s’appliquer qu’aux affections que nous apportons avec nous en naissant. Mais dans ce cas comme dans les autres, le remède est le même. On voit par les coupures, les blessures, que la nature, c’est-à-dire le sang pur qui est dans l’homme et tous les animaux, a le pouvoir de former et de régénérer de nouveau les parties qui
nous manquent ; que même dans les os la nature possède à un haut degré la faculté de rendre l’action qui lui est propre à l’organe que nous avons laissé s’altérer. Avisons donc aux moyens de régénérer le sang, et laissons de côté la dissection. Laissons-là , disons-nous, ce système de cruauté qui ne repose que sur les caprices et l’ignorance de la nature de l’homme ; expériences pour prolonger la vie à l’aide du scalpel, qui ne sont faites qu’aux dépends de quelques organes internes et d’incisions plus ou moins grandes qui toules sont préjudiciables à la vie; en un mot, expériences qui nous coûtent souvent les membres les plus utiles.
En lisant les rapports médicaux qui paraissent tous les mois, on a lieu de s’étonner que l’esprit humain se soit livré ainsi à l’ignorance. Examinons les rapports des faits qui se passent dans nos hôpitaux. Après avoir traité un malade et l’avoir drogué pendant plusieurs mois, lui avoir donné telle potion, puis telle autre, ce malade meurt; son corps est ouvert, et qu’y trouve-t-on? ce que tout homme doué d’un peu d’intelligence devait s’attendre à y trouver, savoir : une masse d'humeurs de différentes espèces, du sang coagulé qui a d’abord obstrué l’organe , et qui finalement l’a détruit. Mais rien n’est changé à la théorie et au mode de traitement; la lumière qui frappe n’éclaire point, on continue comme par le passé à agrandir la somme des maux qui affligent déjà notre espèce. Chose plus étrange, c’est que tout ces rapports, couverts d’un vernis de science , frappent tellement la multitude, qu’elle s’étonne et regarde ces faits comme des prodiges de l’art et la preuve la plus évidente des misères dont elle-même est menacée, quand toutes ces misères, toutes ces souffrances pourraient disparaître et se guérir au bout de quelques semaines, par l’emploi de la médecine végétale universelle. Laissons agir la nature, c’est là un principe fondamental dont on ne doit pas s’écarter ; et à l’aide du remède dont nous parlons, elle aura le pouvoir de nettoyer le corps et de le régénérer dans les parties qui sont affectées.