‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 37 sur 73 · DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE

Lorsqu’on examine cette guerre incessante que nous faisons à l’air atmosphérique , ces précautions immenses que

nous prenons contre le froid et le chaud, pour nous préserver du rhume, ce combat perpétuel que nous livrons à un ennemi invisible, on serait tenté de se croire à ces temps reculés où les peuples attribuaient leurs maladies à la malignité de leurs dieux et de leurs esprits. L’air atmosphérique n’est point une cause de maladie. Il y a, sans contredit, dans l’air et dans la température des variations qui affectent notre santé; mais le changement que l’on peut faire d’un climat à un autre, quelle que soit la nature de ce climat, est toujours utile; l’air est comme la nourriture, la variété est salubre. Ce qui prouve que l’air atmosphérique n’est point une cause de maladie, c’est que nous voyons des personnes se bien porter dans les climats que nous regardons comme les plus insalubres, tandis que d’autres se portent mal, quoiqu’elles prennent toutes les précautions possibles pour conserver leur santé dans les climats que nous regardons comme les plus sains. Nous ne devons donc pas attribuer nos maux à des causes externes; la cause du mal réside en nous-mêmes. Je le répète, lorsque l’estomac ou les poumons sont remplis d’humeurs viciées et que l’air ne peut y pénétrer, alors, en respirant un air plus ou moins raréfié ou plus ou moins humide , les symptômes peuvent varier en bien ou en mal ; mais là s’arrète l’influence de l’air , on en voit l’exemple par ces phtysiques que l’on promène de climats en climats et qui périssent malgré toutes les précautions qu’on prend pour les sauver. On ne saurait trop, dans ces cas, faire usage de la médecine universelle végétale, qui a la propriété de dégager les poumons des humeurs qui les fatiguent; alors la santé sera bonne sous toutes les zones et toutes les températures. Le corps de l’homme n’est point une machine aussi délicate que la Faculté voudrait le faire croire; une fois délivré des humeurs qui le minent, il peut résister aux influences atmosphériques que nous croyons les plus funestes; on le voit par les fondeurs de métaux, qui passent du chaud au froid et supportent cette tran-

sition sans qu’il en résulte aucun mal ; tandis que d’autres ne sauraient supporter l’air qu’ils respirent qu’autant qu’il est réglé par le thermomètre. Il est indubitable que si les ouvriers prenaient de temps à autre une médecine apéritive telle que la médecine universelle végétale, ils échapperaient aux accidens qui sont dépendans de leur travail. Mais il suffit de voir ces hommes exposés à l’extrême chaud ou à l’extrême froid, tandis que d’autres cherchent inutilement une température qui leur convienne , pour comprendre que ce n’est point dans l’air atmosphérique, mais bien dans les humeurs , qu’est la cause du mal.

Page 1