‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 4 sur 73 · DU SANG · texte numérisé non relu

DU SANG

Chaque partie du corps, depuis le moment où la vie commence, dérive du sang, qui est l’essence de la nourriture qui entre dans l’estomac. La conversion dans l’estomac des substances nutritives en sang, appelée digestion, s’opère uniquement par le moyen des sucs ou liquides contenus dans l’estomac, comme dans les plantes qui reçoivent les sucs nécessaires à leur alimentation par les racines. Le sang fait le sang. Toute irritation ou excitation extraordinaire dans les muscles est nuisible à l’action des sucs formés par le sang lorsque ces sucs sont dans leur état normal; car les muscles , les nerfs et les organes ne reçoivent leur puissance d’action et leur sensibilité que de la pureté du sang qui , réparti dans tout le corps , fournit dans cet état de pureté des sucs également purs pour la nourriture et l’alimentation de tout le système. Ces sucs, dans leur état naturel, peuvent être regardés comme étant stationnaires , lorsqu’ils ont été déposés par le sang aux lieux qui leur sont propres pour l’approvisionnement , l’ali-

inen talion journalière et la dépense des parties respectives du corps, dépense qui est constamment desservie par des sucs nouveaux fournis par le sang. Tel est l’état normal du corps humain. Le sang pur, en circulant librement dans toutes les parties du corps , ressemble à un ruisseau limpide qui donne la fertilité aux champs et aux prairies arrosés par ses eaux.

La maladie commence lorsque la circulation éprouve quelque obstacle dans l’estomac et les entrailles ou lorsque par suite de la présence d’humeurs âcres et vicieuses, la digestion devient laborieuse et moins parfaite. Le sang n’est plus alors d’une qualité aussi bonne -, car il s’imprègne d’humeurs stagnantes qui obstruent les vaisseaux ou capillaires les plus fins et détruisent graduellement l’harmonie de tout le système. De là viennent ces maladies qui affligent notre espèce, maladies qui varient selon que le sang est plus ou moins âcre, et que la partie ou l’organe sur lequel il se fixe est pins ou moins obstrué. On ne saurait le nier, cette courte définition suffit pour démontrer que toutes nos maladies proviennent du sang ; que le sang est la source de la vie ; qu’il nourrit, entretient tous nos organes ; que c’est par lui que les yeux, le palais, les oreilles, les poumons, le cerveau môme, que des philosophes et des hommes de l’art ont représenté avec erreur comme possédant des qualités innées, indépendantes de l’état physique du corps, agissent librement et reçoivent leur organisation et leur impulsion; que la folie , la mélancolie, les aberrations de l’esprit , la perte de l’intelligence, le scrofule dans les jeunes gens comme dans les vieillards, n’ont pas d’autres causes que l’impureté du sang ; et que si jusqu’à ce jour ces maladies ont été regardées comme incurables, c’est que , par suite d’un raisonnement vicieux , on ne leur a point appliqué un remède convenable.

Page 1