‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 42 sur 73 · DE LA PESTE ET DE LA FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

DE LA PESTE ET DE LA FIÈVRE JAUNE

Ces maladies ayant fait l’objet de plusieurs enquêtes parlementaires, il est important d’en rechercher les causes véritables. Les symptômes de la peste , de la fièvre jaune , du choléra-morbus même, qui fait tant de ravages en Europe depuis quelques années, sont les mêmes que ceux qui se manifestent dans toutes les maladies : une grande prostration des forces, la fièvre, le vomissement, la colique et des éjections d’humeurs putrides. Cette prostration des forces , ce vomissement noir, celte soif ardente, ces taches pulvérulentes qui caractérisent la peste, la fièvre jaune, le choléra, proviennent des mêmes causes que les maladies aiguës de nos contrées, maladies qui effraient les populations lointaines, au sein desquelles naissent la peste, la fièvre jaune et le choléra-morbus, autant que ces cruels lléaux nous inspirent de frayeur à nous-mêmes. C’est à l’état vicié du sang que la peste et la fièvre jaune doivent leur origine. Mais, dira-t-on , la peste et la fièvre jaune sont contagieuses , et les maladies de nos contrées ne le

sont point. Cette question , si souvent controversée, devient d’une solution facile , lorsqu’on examine avec soin les effets de ces maladies; l’on voit en effet que ces maladies ne paraissent contagieuses que parce qu’elles attaquent les personnes dont les humeurs sont déjà dans un état corrompu-, que parce que ces personnes sont disposées à les recevoir et que la maladie, s’infusant par l’air dans le corps, ainsi mal prédisposé, met les humeurs corrompues en fermentation. Mais ces maladies cruelles exercent-elles de tels ravages sur une constitution bonne , sur un corps bien disposé et libre d’humeurs viciées? Non! La médecine universelle végétale ne saurait donc être trop recommandée, car en nettoyant le corps, elle le défend contre ces maladies, leur action délétère ne pouvant rien. Un phénomène semblable à celui que produit la métamorphose subite qui s’opère dans l’homme al- ' taqué de la peste ou de la fièvre jaune, serait impossible dans l’homme qui aurait des sucs purs, un sang dégagé de matières pernicieuses. On ne doit donc point s’effrayer de la peste, du choléra-morbus et de la fièvre jaune : ces trois maladies provenant de la meme source et de la meme cause que les maladies violentes parmi nous, elles peuvent être guéries par les mômes moyens.

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