‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 59 sur 73 · MÉDECIN DE LA FACULTÉ U’ÉDINBOURG · texte numérisé non relu

MÉDECIN DE LA FACULTÉ U’ÉDINBOURG

Je terminerai en mettant ici sous les yeux de mes lecteurs une lettre du docteur James Jlamilton, d’Edinbourg. Le savant docteur a publié un ouvrage remarquable sous le titre de <« Utilité (les Purgatifs », et dans cet ouvrage il combat les doctrines émises et suivies par ses confrères dans un assez grand nombre de maladies , entre autres dans les maladies des yeux; lui-même déclare que la meilleure des théories est celle que nous donnent l’observation et le simple bon sens, et reconnaît enfin que la médecine végétale universelle est le traitement le plus convenable que l’on doive employer dans les fièvres typhoïdes, scarlatines, malignes; dans les maux de gorge, le marasme, la chlorose, le crachement de sang, les attaques de nerfs, le tétanos, le choléra et les convulsions. La médecine végétale universelle, dit-il , a été adoptée par lui dans plusieurs circonstances où d’abord il avait employé sans succès les fébrifuges, les excitans, les antispasmodiques et les opiats, et elle a produit les plus heureux effets. Ainsi l’un des plus grands noms dont s’honore la science médicale reconnaît l’insuffisance et l’inelïicacité des moyens ordinaires auxquels on

a recours aujourd’hui pour guérir les maladies, et fait l’aveu que la médecine végétale universelle a guéri des maladies que n’auraient su guérir les autres remèdes. Cette précieuse découverte ne pouvait obtenir un plus beau triomphe. Voici la lettre dont nous parlons :

Edinbourg, ... octobre...

« Une jeune femme d’une constitution délicate, et qui éprouvait de graves dérangemens dans sa santé, fut saisie d’une toux aiguë violente , qui était accompagnée d’une douleur très vive à la poitrine; les pulsations du pouls étaient très violentes, et la malade éprouvait une chaleur ardente au visage. Pour apaiser la toux, dont les symptômes inspiraient des craintes très vives, on eut recours à des saignées répétées, et K on appliqua sur la poitrine un séton ; en même temps la malade fut soumise à une diète très sévère, et on lui donna du laudanum pour lui procurer du repos. Ces moyens n’eurent aucun succès; dans le cours de la maladie l’on avait essayé les médecines purgatives afin de dégager les intestins, la malade étant fatiguée par une constipation continuelle. Ces purgatifs n’ayant pas produit tout l’effet qu’on en attendait, les médecins qui soignaient la malade, de concert avec moi, résolurent d’employer dans cette circonstance des purgatifs plus actifs que ceux dont nous nous étions servis déjà ; nous obtînmes, non sans peine , le résultat que nous nous étions proposé ; l’apparence et l’odeur des matières fécales nous indiquèrent tout d’abord leur état morbide ; nous reconnûmes en outre que l’accumulation des humeurs avait été considérable , et que c’était là la cause unique du mal dont se plaignait la malade; en effet, la cessation du rhume, les progrès de la convalescence marchèrent de concert avec les évacuations , et plus ces évacuations étaient abondantes, plus la santé delà malade s’améliorait. Enfin notre malade fut si contente du régime auquel nous l’avions soumise, qu’elle voulut suivre un traitement

complet de médecines purgatives, afin de déterminer une guérison radicale.

» Mais quatre mois après, la malade éprouva une rechute; cette attaque différait de la première; le siège de la douleur était situé dans la partie inférieure du sternum; le plus léger exercice aggravait le mal; une grande langueur, une faiblesse intense accompagnaient ces symptômes; la malade perdait chaque jour de son appétit, ses nuits étaient sans sommeil, et ses joues se couvraient tour à tour d’une pâleur et d’une rougeur extrêmes; la malade n’avait point de toux, et lorsqu'elle était assise ou couchée, elle éprouvait une grande difficulté pour respirer.

» A la première attaque, la douleur fut si vive, que nous craignîmes une suffocation instantanée, la saignée fut jugée nécessaire ; mais après l’avoir répétée plusieurs fois, la malade n’éprouva aucun soulagement. L’application des sangsues parut un instant amortir la douleur, et nous prescrivîmes une diète sévère. Le docteur qui visitait la malade avec moi, fut satisfait de l’apparence des évacuations alvines ; et nous fiant au dire de notre jeune malade,, nous crûmes que le ventre se trouvait libre, et que les selles s’effectuaient chaque jour avec facilité.

» Désappointés dans l’espoir que nous avions conçu d’un prompt rétablissement , nous éprouvâmes bientôt des craintes sérieuses , car nous crûmes à l’existence d’une phthisie prochaine. Nous ne dissimulâmes point nos craintes aux amis de la malade, qui aussitôt appelèrent un troisième médecin.

» Nous nous consultâmes, et notre avis fut que la maladie pouvait avoir sa source dans une irritation nerveuse. En conséquence, l’exercice en plein air, une dicte plus complète et une poudre tonique furent prescrits à la malade. L’impossibilité dans laquelle se trouva la jeune fille de supporter la plus légère fatigue, l’absence totale de l’appétit, l’empêchèrent de suivre notre ordonnance ; et les toniques ,

par suite du dégoût qu’ils inspiraient à la malade, ne furent d’aucun usage. Alors notre attention se porta sur une matière abondante cl fluide dont l’odeur était repoussante. Le traitement que nous avions ordonné en premier Heu et dont nous avions obtenu de si heureux résultats, nous traça aussitôt la ligne de conduite que nous avions à suivre; les médecines purgatives convenablement appliquées amenèrent des évacuations abondantes; la douleur s’abattit immédiatement, et après huit ou dix jours de traitement il n’y eut plus une seule trace de la maladie, et notre jeune malade recouvra son état normal. »

Cette maladie eût été promptement guérie , et l’on eût évité une rechute, si , dès le principe, l’évacuation eût été opérée d’une manière convenable ; car il n’est pas douteux que les médecines purgatives employées dons cette circonstance n'avaient point une action assez puissante, et qu’on n’en avait point fait usage assez long-temps. Nous voyons néanmoins que, bien que la malade eût éprouvé divers symptômes, tous ces symptômes furent écartés à l’aide des purgatifs. Cet exemple de guérison, qui nous est donné par un homme aussi distingué que le docteur Hamilton, confirme donc ce que nous avons dit : savoir que l’évacuation des humeurs est le seul moyen d’avoir de la santé et de chasser le mal quand il nous arrive.

Avant de terminer, citons un nouveau passage du livre du savant docteur :

« On a dû remarquer , dit-il, que les effets de la médecine purgative sont salutaires dans des maladies différentes en apparence. Les avantages qu’on retire des purgatifs ne sauraient être contestés ; mais nous n’entrerons point dans de plus longs détails sur ce sujet; il nous suffira d’avoir attiré l’attention

du public sur l’utilité des purgatifs cl l’usage qu’il en doit faire, pour que bientôt, en généralisant les faits, on puisse établir un système à la fois clair et intelligible, et qu’on en déduise des préceptes pratiques simples et précis. Lorsque ce système sera formé, les raisonnemens captieux, quelque ingénieux qu’ils puissent être, seront bannis des écoles de médecine, et l'art de guérir sera délivré pour toujours des médicamens qui exerçent de si affreux ravages sur notre espèce. »

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