‹ Nouvelles vérités médicales, ou, Connaissance des causes des maladiesChapitre 62 sur 73 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

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M. Noé, marchand chapelier, à Coulommiers, département de Seine-et-Marne, fut atteint, il y a douze ans, de plusieurs dartres rongeantes. L’une était située sur la partie inférieure de la cuisse et supérieure de la jambe, envahissant toute l’articulation du genou ; l’autre était située sur l’èpaule et enva-

hissait toute sa ceinture; la troisième, enfin, avait son siège sur la chute des reins. L’aspect de ces trois dartres était repoussant.

M. Noé se présenta dans cet état à ma consultation.

Un pus abondant et de mauvaise nature découlait de ces trois dartres , qui menaçaient de se rejoindre ensemble et de ne faire plus qu’une horrible plaie. Chez le malade, les digestions étaient difficiles , la langue était jaune et pâteuse, il y avait perte d’appétit; la nuit, le malade ne pouvait goûter aucun repos.

J’appris de M. Noé que depuis douze ans que les dartres s’étaient déclarées, il avait passé par tous les traitemens possibles ; que de tous les médecins qu’il avait consultés, et ils étaient nombreux , aucun n’avait pu le guérir; que, tout au contraire, le mal ne faisait qu’augmenter de jour en jour. «Je viens me mettre entre vos mains, ajouta-t-il; les succès que vous avez obtenus avec les pilules de Morison me donnent encore l’espoir que vous apporterez du soulagement à mes maux.» — Je rassurai M. Noé, et je le fis entrer de suite en traitement.

Chaque jour M. Noé fait usage de pilules de Morison en en augmentant la dose par degré, et chaque jour des progrès rapides et vraiment étonnans se font remarquer. La guérison de ses dartres est aujourd’hui presque complète.

M. Noé vient régulièrement tous les mois ou toutes les six semaines à Paris ; à chaque voyage, il se présente à ma consultation. Grand Dieu! quelle différence depuis deux mois environ , quel contraste frappant entre le mal d’hier et celui d’aujourd’hui. Les dartres du genou et de la chute des reins sont entièrement disparues ; chaque jour , celle de l’épaule se circonscrit. Quelques croûtes qui tomberont bientôt la couvrent encore. Il n’y a plus de suppuration repoussante ; l'appétit et le sommeil sont parfaitement revenus. M. Noé a repris ses occupations.

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