PAUVRES
Je n'ai pu me défendre de regarder cette mère qui, avec indifférence, écoutait maintenant sa voisine :
— « Moi aussi, autrefois, j'avais des scrupules et je n'aurais pas voulu mentir, mais maintenant, je vous assure. . . »
Suspension pleine de tristes choses qui m'ont fait plaindre les personnes affectées d'une semblable mentalité. C'est déplorablement vrai qu'il y a des foyers dont le bonheur est entre les mains de telles femmes. Et moi qui ne suis ordinairement pas tendre au sexe fort, j'ai dit tout bas : Pauvres maris ! J'ai pensé siu-tout aux petits enfants dont l'âme fragile et pure est soumise à de telles influences, à de telles manières de ne pas comprendre l'éducation.
Rentrée chez moi, je me répétais encore : Pauvres femmes ! pauvres maris ! pauvres petits enfants.
Les Présages
Chaque jour, ils sont multiples et fréquents. Certaines personnes en voient partout : dans l'horloge qui s'arrête, le miroir qui se brise, l'oiseau qui entre dans votre maison et la pluie qui tombe un jour de noces. Ce n'est pas tout, et nous en apprenons tant, tous les jours, que nous nous y laissons prendre quelquefois, stupidement.
Le soir, une araignée se balance-t-elle, au bout de son fil, au-dessus de votre lit, qu'au risque d'avoir le lendemain la figure piquée et ridiculement boursouflée, vous n'y toucherez pas, en songeant : « araignée du soir, espoir ». Une autre fois, vous ferez des efforts désespérés pour atteindre celle qui pend beaucoup plus bas que votre fenêtre : « araignée du matin, chagrin ». Chanter dans la rue annonce un désappointe-